Aimer comme on fait les révolutions

Aimer comme on fait les révolutions

Le care, ou la disposition à prendre soin et la sollicitude, est généralement réservé aux femmes et relégué à des pratiques largement dévalorisées. Une éthique du care, comme façon d’être et de se présenter à l’autre, n’a rien de la logique et de la rationalité, du calcul et de la compétition, de la performance et de la conquête qui sont mis de l’avant comme mode de vie du succès. Le dévouement, c’est s’exposer, s’exposer au péril, à l’autre tel qu’il est, c’est plonger sans harnais, c’est un geste totalement désinvesti du sentiment de soi, de ses intérêts personnels, c’est un geste d’accueil entier. Le dévouement, c’est l’amour dans sa forme la plus révolutionnaire.

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Soigner sa dépression, c’est bourge !

Soigner sa dépression, c’est bourge !

Là où les préjugés et la panoplie de distractions apaisantes se rejoignent, c’est qu’on fait de la dépression à la fois quelque chose d’exploitable, à la fois un mal individuel dont la responsabilité doit être portée uniquement par celui ou celle qui en souffre. Or, la dépression et les troubles anxieux sont des problèmes de société. Ce sont des réponses normales aux traumatismes, aux abus, aux événements anxiogènes, aux deuils, à la négligence, à la culpabilité, aux patrons tyranniques, à la violence, aux relations utilitaristes, aux relations de pouvoir, aux relations jetables, à la pression de performance, à la faim, à la guerre, à l’exploitation, au mode de vie individualiste, à l’isolation sociale, à la compétition, à la hiérarchie, aux conditions de travail de marde, à la destruction de l’environnement, à l’éclatement du sens, aux carrières qu’on déteste, au sentiment d’impuissance, à l’aliénation, à l’insécurité, name it.

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« Comme des marcassins »

« Comme des marcassins »

Avant-hier de la manière la plus bête qui soit je me suis fait avoir « comme un marcassin* » dirait Astérix. Aujourd’hui, choquée je suis. Contre moi ET mon besoin que la souffrance que je porte s’apaise ET aux conneries que ce besoin semble me pousser à faire. Ce besoin qui devient pressant au point de voiler ma lucidité. Je dois être honnête avec vous. Plus d’une fois j’ai connu cette situation. Par exemple, dans le passé je n’ai pas voulu voir que mon amoureux (de l’époque) était un mythomane, qu’il arnaquait more »

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Rendez-vous Québec Cinéma – Du blanc à faire mal aux yeux

Rendez-vous Québec Cinéma – Du blanc à faire mal aux yeux

Combien de millions dans la production cinématographique et télévisuelle sont ainsi siphonnés des mains des créateurs et artistes professionnels issus de la diversité au profit de la majorité blanche, qui ne vont pas appuyer l’essor socio-économique de cette portion démographique croissante, et contribuer à sa dignité et son bien-être social ?

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Le nom de la bibliothèque d’Arvida rénovée: surtout pas celui de Jean Tremblay – 10 raisons contre

Le nom de la bibliothèque d’Arvida rénovée: surtout pas celui de Jean Tremblay – 10 raisons contre

La rumeur voudrait que le nom de Jean Tremblay circule au sujet de la bibliothèque rénovée d’Arvida. D’aucuns, sans doute ses fidèles acharnés, le peu de membres restant du Parti des citoyens et son chef lui-même entretiendraient cette dite rumeur. Je crois que l’idée d’appeler cette bibliothèque du nom de l’ancien maire serait une décision complètement déplacée pour ne pas dire indécente. Voici pourquoi.

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Se regarder en pleine face: la douleur de l’introspection

Se regarder en pleine face: la douleur de l’introspection

On confond allègrement politique et partisanerie avec une vision binaire qui nuit à l’intelligence collective. Pourtant, toutes les décisions du conseil municipal de Saguenay sont politiques parce qu’elles touchent directement les citoyens dans leur qualité de vie. Chaque choix de dépense et d’investissement se fait au détriment d’un autre. Encore faut-il avoir les informations, le temps et le lieu pour en discuter. L’aliénation citoyenne est une plaie pour la démocratie et elle est élevée à Saguenay.

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L’universel est un homme blanc cishétéro

L’universel est un homme blanc cishétéro

Ce texte est une réponse à celui-là, lui-même une réponse à cette critique de ce texte. Le lectorat me pardonnera cette phrase pleine de redondances, le temps de passer un accord avec Netflix pour une série d’épisodes au sujet de deux intellectuels séparés par leur différend sur l’intersectionnalité, l’universel et la liberté. Cher ami, Je me permets la forme épistolaire, puisque ta réponse appelle un ton un peu plus intimiste. Et nommons-le, puisque cette franche camaraderie, cette complicité indéniable, qui est en partie garante du respect évoqué au début de ton more »

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« Il nous faut un nom connu », disent-ils

« Il nous faut un nom connu », disent-ils

Je trouve que ça manque d’artistes, de créateurs, de poètes, de musiciens, d’écrivains-éditeurs comme Gérald Godin qui restait poète même après avoir été élu à l’Assemblée nationale et un très efficace ministre de l’Immigration. Pourquoi faut-il un médecin à tout prix comme ministre de la Santé? Pourquoi pas un malade?

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Il n’y a pas de lutte universelle

Il n’y a pas de lutte universelle

Il faudrait le questionner, cet homme blanc cishétéro qui ne détient pas tous les privilèges, sans doute, qui sait se faire un allié, parfois; il faudrait le questionner — ou qu’il se questionne — sur : pourquoi il ne peut envisager le discours des marges que comme une façon de l’effacer, lui qui efface depuis si longtemps toute voix qui n’est pas la sienne ?

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Discrimination systémique dans l’attribution des aides à la production cinématographique

Discrimination systémique dans l’attribution des aides à la production cinématographique

Vous avez bien lu. Sur les 144 films de long métrage fiction en langue française financés en sept ans à coup de millions en provenance des contribuables, absolument aucun dollar, zéro, n’a été attribué à une personne dont la langue maternelle est autre que le français.

Les projets n’ont pas manqué, pourtant. Je connais quatre producteurs et productrices d’origine étrangère qui déposent régulièrement des demandes, et moi-même ai vu mes cinq soumissions être refusées. Avec une régularité qui a de quoi faire sourciller, tous les producteurs ou presque dont les projets ont été financés habitent la région de Montréal et sont de race blanche.

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