Mémoires coupées

Mémoires coupées

Y a-t-il une mémoire du sang? Se peut-il que reste le souvenir, quelque part sous ma peau, de ce que mes ancêtres rouges ont enseigné à mes ancêtres blancs? Et cette Anna Shuah, la première, l’Abénakise, ancêtre de tous les Otis du Québec, de qui je descends aussi par ma mère, m’a-t-elle légué cet amour fou que je porte aux arbres? D’où me vient ce ferme sentiment d’appartenir à la Terre, d’être indissociable d’elle? À chaque retour du beau temps je retrouve le rythme de la cueillette comme un retour à la vérité du vivant. Le temps des têtes de violon est court. Je surveille les bourgeons d’épinette: ils seront prêts bientôt et feront durant l’hiver de bonnes tisanes contre le rhume.

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Un mot d’ordre pour tous les candidats à Saguenay : prendre ses distances de…

Un mot d’ordre pour tous les candidats à Saguenay : prendre ses distances de…

Comment prendre ses distances du régime en place et du maire sortant? Les candidats à la mairie et aussi à l’échevinage devraient, à mon avis, se prononcer sur tous les enjeux majeurs concernant l’avenir de la ville, autant son administration, sa gouvernance que ses projets rassembleurs en infrastructures, en transport, en environnement et en culture.

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Manuel de la parfaite victime

Manuel de la parfaite victime

N’est pas victime qui veut. Les actualités nous le rappellent souvent, les réseaux sociaux aussi. On se prend les commentaires et les chroniques comme autant de coups de pelle en pleine face. Et pas de la petite pelle cheap en plastique, de la grosse pelle sale en métal rouillé. Détrompez-vous si vous pensez trouver dans ce manuel un guide pratique des codes de conduites à adopter pour être une bonne victime. Disons-le nous : la victime parfaite chevauche des vallées à dos de licornes avec le Père Noël et la Fée des Dents. Elle n’existe pas.

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Que vient faire Jean-Pierre Blackburn, l’ex-ministre des Anciens Combattants, dans cette galère?

Que vient faire Jean-Pierre Blackburn, l’ex-ministre des Anciens Combattants, dans cette galère?

Jean-Pierre, je crois que tu as assez donné en politique. Tu ne fais pas partie de la classe de politiciens qui apporteront le changement souhaité à Saguenay. Si on lit à travers les lignes du maire, de ses conseillers majeurs et de tes propos déjà relayés par les médias populistes qui t’appuient pour des raisons opportunistes, tu permettrais – si la population te donne le feu vert – une transition toute en douceur du départ du maire. Ta réputation de ne pas brouiller l’eau – même si elle est chaude – perdure en politique municipale aussi. Tu n’es pas le genre à enquêter sur les 20 ans de régime du maire Tremblay pour y vérifier les dossiers chauds enterrés sous quelques tonnes de fake news. Ce n’est pas Jean-Pierre Blackburn qui va empêcher le maire catho et brasseur de fausses nouvelles de dormir sur ses deux oreilles.

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L’industrie brassicole québécoise et l’occupation du territoire – une hypothèse

L’industrie brassicole québécoise et l’occupation du territoire – une hypothèse

En cette journée mondiale de l’eau, ressource commune prisée à travers le monde entier, la pertinence de cette action prend tout son sens. La protection des ressources naturelles passe invariablement par l’occupation du territoire. L’implication de la population porte en elle-même l’espoir de sa protection et inspire à plus. Elle nous donne, à nous tous qui habitons ce territoire riche et généreux, la responsabilité de sa défense à tout prix. Pour nous, pour tous les peuples du Monde, pour nos enfants et en l’honneur des défricheurs de ce magnifique pays, nous avons une obligation morale et sociale de nous tenir debout.

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Nous sommes tou(te)s des Barmaids

Nous sommes tou(te)s des Barmaids

Il y a dans cette haine que l’on s’empresse de déverser sur les participantes de Barmaids un aspect profondément paternaliste. N’en a-t-on pas assez de juger les femmes pour ce qu’elles portent (ou ne portent pas, dans ce cas-ci), pour leurs habitudes de vies ou pour leur comportement plus ou moins conforme à l’étiquette féminine? Les filles de Barmaids sont à la fois victimes de pressions sociales qui les poussent à se maquiller ou à s’habiller d’une certaine façon, et shamées de le faire à la manière décomplexée des femmes de tête. Ces femmes sont conscientes de leur pouvoir de séduction et s’en servent, ce qui est effrayant pour ceux qui les regardent, et qui ne cesseront de les remettre à leur place en les insultant (tout en continuant hypocritement de regarder l’émission avec ferveur).

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Pour désintoxiquer le débat : déconsensualisons-le.

Pour désintoxiquer le débat : déconsensualisons-le.

C’est un privilège de pouvoir vivre le débat sans violence, dans le plaisir même de parler pour parler. Il faut prendre compte de ce privilège pour que, lors d’un débat public, si une personne nous applique une étiquette — peut-être même une étiquette infamante —, nous puissions reconnaître la violence de notre propos. Je suis blanche, je ne vis pas le racisme, si une personne racisée me dit que mes propos sont racistes, il faut que je sois capable de le reconnaître pour que le débat se poursuive. Trop souvent je vois des personnes blanches refuser d’admettre que leurs propos sont racistes, ça obstrue la conversation publique, ça violente des prises de parole.

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Les nouvelles hystériques

Les nouvelles hystériques

Mes émotions carbonisent chacun de mes organes, transpercent toute la surface de ma peau; mon corps est lourd d’un vide sans fond, avide de tout ce qui pourrait le combler, quelques secondes durant, au moins, parce que tout ce poids rend ma respiration incertaine. Je ne suis pas une « crisse de folle », je suis tellement plus, folle à la puissance mille, tellement excessive en tout qu’on devrait donner mon prénom aux plus destructrices des tempêtes et, surtout, surtout aux journées les plus ensoleillées.

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Dangereuse Stella

Dangereuse Stella

Le lobby pro-prostitution est très fort ici au Canada et je suis forcée d’admettre que des organismes sous couvert de “soutien” en font partie. On se sert de nous, les membres, pour militer contre les lois qui empêchent la prostitution. On nous pousse même pour aller plus loin; pour décriminaliser l’industrie sous prétexte que cela nous protégera! C’est FAUX. Ce sont les proxénètes eux-mêmes et les clients qui l’espèrent; cette décriminalisation. Ils ont même le culot de nous faire porter les pancartes pour y arriver. Oser dire qu’il faut décriminaliser pour protéger… c’est encore FAUX. Ce milieu restera toujours dangereux.

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