Lettre d’un architecte

Lettre d’un architecte

Aux yeux de Jean Charest, depuis quelques mois, une tolérance à l’intimidation et à la violence a été développée au Québec. Il soutient qu’il est de son devoir de réagir à cette dérive.

Il ose même dire que « …la banalisation de la violence doit cesser… » À qui adresse-t-il cette affirmation? Aux policiers qui pratiquent le profilage politique, des arrestations et fouilles illégales au grand prix de formule 1? Ou bien aux gens souriants qui marchent pacifiquement dans la rue.

Comment peut-on dire et croire de telles absurdités? Si des gens de tous âges et de toutes confessions sortent encore dans la rue après plus de 50 jours de conflit, s’attend-il à ce que cela s’arrête en disant… »c’est vrai, on chiale pour rien, vous avez raison de nous voler notre bien commun…désolé d’avoir cru que la justice existait encore.. » J’ai vu des manifestants de 7 à 77 ans, des manifestants qui remettent les poubelles en place et qui éteignent les feux dans les poubelles avec leurs gourdes pendant leur passage, des gens informés qui ne sont pas dupes… Je me suis fait dire « go get a job »…par des gens roulant en porche alors que je gagne bien ma vie… J’ai vu des policiers méprisants; il y a toujours des pommes pourries dans un groupe, mais j’ai vue aussi des policiers mal à l’aise de devoir réprimer des gens justes et pacifiques… À ceux-là, je dis: « venez marcher avec nous, vous vous faites voler vous aussi! »

Ils continuent à nous jeter de la poudre aux yeux après l’île d’Anticosti. Quelles autres actions déloyales sont encore prévues à son agenda? Le ministère des Transports, comme par hasard, accélère présentement les octrois de contrats publics avant que la commission Charbonneau ne mette au grand jour les pratiques déloyales de dilapidation de notre argent dans les mains et les poches de la mafia… C’est à coup de millions et de milliards qu’on se fait voler et ensuite, ils osent nous dire qu’on manque d’argent, qu’il faut se serrer la ceinture, que les étudiants doivent payer leur juste part! Ça s’appelle de la désinformation et trop de médias y prennent part.

C’est une juste part que de sortir à peine du système d’éducation en ayant déjà 25 000$ de dettes. Ça, c’était moi… je ne me plains pas, j’ai fait des choix, mais c’était pas facile de faire autrement. Les prochains pourraient sortir de l’université avec combien? 30 000, 40 000, 50 000$ de dettes. C’est le prix d’une voiture de luxe neuve. C’est en tout cas une excellente façon de nous mettre au pas… Si t’as des dettes, t’es un bon citoyen, t’es dépendant du système bancaire… t’es à la merci de cette dictature économique… Ils te tiennent par les couilles et ils adorent ce sentiment de pouvoir… Combien de vols sont encore cachés par la crise actuelle que je n’appelle plus crise étudiante?

C’est une mobilisation citoyenne contre le mépris dont nous sommes victime… Le mépris de la majorité qui se démerde comme elle peut pour se partager les miettes qui restent. Le mépris de la culture, de l’art et de la créativité qui sont facteur d’éveil de conscience, donc l’ennemie de ce gouvernement. Ne vous laissez pas berner par leur propagande de la peur. C’est un devoir pour nous de continuer à refuser la situation actuelle, de refuser d’endosser la gestion despotique du 1% de notre pays, de ne pas accepter que continue le développement d’un état de favoritisme des amis du régime et d’exclusion de la majorité.

Une deuxième révolution tranquille est nécessaire aujourd’hui au Québec. N’oublions pas pourquoi nous nous sommes battus dans les années 70… Que ceux qui ont profité de ce répit se souviennent et comprennent que tout ce que nous voulons, c’est avoir la chance d’aimer notre pays et de se sentir solidaire de notre système. Aujourd’hui nous le subissons, demain nous l’aimerons puisque nous aurons fait un bon ménage. Nous en aurons redéfini les règles…

On ne réinventera pas la roue, on sait qu’il en existe des rondes et on en a plein le cul de se forcer comme des boeufs pour pousser une « charrue » avec des roues en triangle…

 

-Jean-Benoît Tremblay, architecte.

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One thought on “Lettre d’un architecte

  1. infotrad

    Je croyais que votre titre faisait référence aux « étudiants » qui intimidaioent et menaçaient ceux qui voulaient poursuivre leurs études.

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