Lettre d’un indigné

Lettre d’un indigné

Depuis que la grève a commencé, j’ai lu, entendu et vu tellement de choses enrichissantes… pas à propos du CH, ni de OD ou des US, mais bien à propos des enjeux sociaux, politiques, économiques et environnementaux du Québec, dans le contexte actuel de mondialisation. Je suis ravi, puisque ces sujets m’intéressent depuis quelques années déjà!

Cependant, cela m’a permis de voir comment les mécanismes du régime économique actuel sont efficients et bien dissimulés dans notre vie quotidienne… Ces mécanismes génèrent la peur à travers les médias, la police, le gouvernement. Au niveau économique, ils favorisent la croissance des inégalités, l’endettement excessif et la privatisation des produits et services. Puis au niveau environnemental, les mécanismes du néolibéralisme mènent à la dilapidation de nos ressources naturelles et au saccage du territoire québécois.

Ils sont efficients et bien dissimulés, parce que malgré la destruction massive du néolibéralisme à tous les niveaux, ces mécanismes offrent un contrepoids qui nous permet d’avaler la pilule plus facilement… En fait, c’est plus comme du dopage, du gavage de pilules, puisque la majorité de la population semble toujours en demander plus et devient très mal à l’aise lorsqu’on lui propose un traitement alternatif… En effet, c’est plus facile d’accepter l’inacceptable lorsque des milliards sont dépensés pour nous divertir, pour rendre les choses plus belles, pour rendre les choses plus faciles, pour remplir nos vies d’objets et d’activités agréables… Mais au final, peu importe le maquillage appliqué, le portrait dressé reste toujours aussi laid: notre mode de vie, les agissements de notre gouvernement et la plupart des activités commerciales et industrielles ont un impact négatif immense sur nos vies et celles des générations futures…

Pour moi, ceux qui reconnaissent ces enjeux et l’importance de ceux-ci, ne pourrons pas manquer de motivation ou d’engagement, puisque dès lors, ils vont percevoir l’urgence d’agir, que nos qualités et nos conditions de vie en dépendent et que si ce n’est pas nous, personne ne mènera ce combat à notre place… surtout pas nos élus actuels!

Nous devons constamment nous renouveler, progresser, apprendre à nous connaître, discuter, imaginer et conceptualiser un monde meilleur…

En plus de notre démarche actuelle, nous devrions concrétiser cette alternative!

Impliquons-nous davantage dans les organismes communautaires, les ONG, les OSBL ou les ASBL, le bénévolat, le mentorat, etc.

Mettons de l’avant les jardins communautaires, le Troc, les marchés gratuits, le code source libre, les monnaies alternatives, les initiatives locales, équitables et écologiques, etc.

Au niveau personnel: s’autocritiquer, avoir une consommation plus responsable, s’éduquer et s’informer davantage, sensibiliser ses proches, méditer et lire, prendre soin de soi-même, etc.

Finalement, dans les manifs, ne pas avoir peur d’aller rencontrer du nouveau monde pour discuter des vraies affaires, partager ces idées de projets et faire du réseautage!

Si les 300 000 personnes qui étaient là le 22 avril participaient quotidiennement à la création d’un monde meilleur, en faisant attention à son mode de vie, en s’impliquant dans un organisme ou en utilisant des ressources alternatives déjà existantes, imaginez-vous les possibilités!

 

Philippe Indigné Lagüe 
Saint-Jean-Sur-Richelieu 

Commentaires

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One thought on “Lettre d’un indigné

  1. André Tremblay

    Bonjour Philippe.
    Bravo pour cette lettre. Est-ce que tu vas à Concordia ce soir?

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