Touriste à domicile #2

Je suis sereinement assis à ma table de cuisine et je recense, verre de vin à la main, les milles et un souvenir de voyage qui font de moi l’homme que je suis devenu. Mon périple en auto-stop à travers le Sahara, les couleurs et l’ambiance familiale de mon village d’accueil au Guatemala ou encore cette torride nuit d’amour par un soir de pleine lune sur les remparts de Carcassonne (je ne suis pas certain si c’était la pleine lune, mais bon…ça sonne mieux comme ça). Ces souvenirs qui me sont chers resteront gravés à jamais dans ma mémoire. Mais il est maintenant venu le temps pour moi de reconquérir le monde. J’empoigne donc ma caméra, enfile mes gougounes brunes et mon chandail « I love Métabet », et c’est parti pour Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

C’est par une belle journée ensoleillée que nous empruntons le rang 2 à Hébertville, en direction de Lac-à-la-Croix. Pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec cette partie du Lac-Saint-Jean, une balade s’impose à travers ces chemins foisonnants de végétation et parsemés de rustiques fermettes et de charmantes maisons de campagne. Tandis que mon copilote essaie tant bien que mal de replier la carte routière, je m’interroge sur ce mode de vie rural et la question qui domine mes pensées concerne surtout l’efficacité et l’organisation du déneigement en hiver. Vous trouverez cela sans doute futile et sans intérêt, mais malheureusement, mon cerveau fonctionne parfois à la manière d’un homme à qui l’on montre une peinture et qui s’intéresse avant tout au cadre au qui la supporte.

Première destination de la journée : L’arboretum de la presqu’île Croft. Et comme disait un chasseur qui sait chasser et qui ne chasse jamais sans son chien, « ceci n’est point un nom très commode ». C’est donc avec grand plaisir que nous découvrons ce site qui, malgré la proximité le séparant d’Alma, nous est totalement inconnu. Un paisible lopin de terre situé aux abords du Lac-à-la-Croix et aménagé de nombreux sentiers et de diverses plantations nous y attend. On y retrouve aussi bon nombre d’espèces d’oiseaux et plusieurs tableaux explicatifs sur la faune et la flore. Un endroit parfait pour y amener la femme de vos rêves ou tout simplement pour profiter de la nature. Mention spéciale ici aux tondeux de pelouse pour avoir gentiment accepté d’interrompre leur labeur nous permettant ainsi d’enregistrer le chant des oiseaux. Avant de poursuivre, je tiens aussi à remettre la palme d’or du commentaire le moins pertinent qu’il nous a été donné d’entendre au sujet de l’endroit. Le prix est donc remis au résident anonyme et rabat-joie en bottes de tuyau qui nous décrivit le site comme « une place juste bonne à faire pisser les chiens ». Tout en étant aussi loin de la vérité que peut l’être une chronique d’Éric Duhaime, je ne crois pas que le citoyen peut se permettre de dénigrer les attraits touristiques d’une région à la santé économique si précaire.

Nous poursuivons notre visite de Lac-à-la-Croix qui, je dois l’admettre, après seulement quelques heures, s’inscrit déjà dans nos coups de cœur. Nous faisons halte au centre d’interprétation de l’agriculture et de la ruralité avec son fameux labyrinthe de maïs, ses plantations expérimentales et sa ferme abritant quelques spécimens insolites tels que des paons. Fait à noter ici, lors de notre visite, un des deux paons avait pris le large et cavalait librement dans le village. Après de longues recherches sur Internet ayant pour but de vous informer sur les comportements à adopter en cas d’attaque de paon, je dus me résigner et accepter avec regret que cet animal ne semble point être une menace pour l’homme. Je désire quand même suggérer qu’en cas de rencontre, il est impératif de rester calme, de s’éloigner tranquillement à reculons et surtout de ne jamais, et je dis bien ne jamais perdre son calme et se mettre à courir. Bref… encore une belle visite riche en information où nous fûmes chaleureusement accueillis (ce qui semble être la norme dans la région).

Vous aurez sans doute remarqué que je n’ai point élaboré au sujet du secteur Métabetchouan et je m’en excuse. C’est pourtant là qu’il nous a été donné la chance d’observer l’un des plus beaux panoramas du Lac-Saint-Jean, au sommet de la tour d’observation du camp musical. Nous avons aussi pu profiter d’une « draft » format géant offerte par les propriétaires de la plage du Rigolet. Cette offrande difficile à refuser malgré le 11h30 a.m qu’affichaient nos montres eu pour conséquence de réduire considérablement notre ardeur au travail, mais eu l’effet bénéfique d’y ajouter une certaine touche de créativité. Encore merci à nos hôtes et au village de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix !

En conclusion, j’aimerais mentionner qu’en ouvrant mon ordinateur il y a de cela quelques jours, je vis avec grand plaisir ma première chronique publiée sur le site de Mauvaise Herbe. Je tiens à féliciter les artisans de cette belle réussite qui on su viser juste avec cette plateforme regroupant opinions, témoignages, critiques et rigoleries de toutes sortes.

C`est donc avec ma plume et ma tête garnies de mauvaises herbes que j’espère vous soutirer quelques sourires tout au long de mes aventures.

Commentaires

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One thought on “Touriste à domicile #2

  1. Marie-Andrée

    Ah…. le rang 2 entre Hébertville et Lac-à-la-croix…. beau paysage en effet, surtout quand la voiture reste sur la route et ne s’aventure pas à toute vitesse dans des fossés foisonnants 😛

    Merci Dan pour ces billets touristiques rafraîchissants 🙂 Toujours un plaisir de te lire!

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