Duchesneau, mon héros

Corruption, collusion, copinage, financement douteux de partis, élections « clé en mains », obligations de financer pour obtenir des contrats, empires clandestins… Les accusations et les noms pleuvent à la commission Charbonneau cette semaine, alors que Jacques Duchesneau entamait mardi matin sa quatrième journée de témoignage.

Parions que nous ne saurons pas tout. Gageons que le pire sera tu, et que les lubies illuminées devenues vérités au grand jour ne seront en fait que la pointe de l’iceberg de notre système pourri jusqu’à la moëlle. Reste que cet ancien chef de police fait preuve d’un courage de ses convictions qu’aucun haut fonctionnaire ne peut se vanter d’égaler par les temps qui courent.

Après une éternité de niaisage et sous la pression devenue insoutenable, après que le rapport Duchesneau ait coulé dans les médias par un acte de pure désobéissance civile, le gouvernement de notre nouvel agent Glad n’a pas eu le choix de finalement déclencher cette commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, présidée par la juge France Charbonneau. Tout un contrat! Reste que ça veut aussi dire que tout ce qui est révélé ne concerne que ce milieu professionnel et ceux gravitant autour. C’est une bien petite partie de notre société… et vu le temps que ça a pris, on peut être certains que nombre de preuves auront eu le temps de passer à la déchiqueteuse. Qui fera la lumière sur la corruption dans les médias, par exemple? L’industrie culturelle est-elle à l’abri? Permettez-moi d’en douter…

On a tenté de le salir, en portant contre lui des accusations au sujet du financement de sa campagne électorale à la mairie de Montréal, en 1998. Il sera finalement blanchi par le directeur des élections. Il demeure quand-même une personnalité publique, écrivant de nombreux articles, rapports et documents sur le travail policier, donnant des conférences sur des sujets tels que le leadership, le terrorisme international, l’éthique policière, le trafic de stupéfiants et le crime organisé (source: Wikipédia) Duchesneau, pour moi, démontre une grande volonté de changer les manières de faire à différents niveaux dans notre société. Et je me demande d’où ça lui vient. Est-ce un homme révolté? En a-t-il suffisamment vu dans sa carrière, est-il écoeuré? Attend-il seulement une étoile dorée de shérif pour conclure sa carrière? Car avant tout, c’est un bon communicateur, un orateur, un leader.

Ce serait trop facile de le traiter d’égo en mal de visibilité. On m’a personnellement accusé publiquement de cela alors que j’étais en campagne électorale, et je pense bien que de tous les commentaires innocents que j’ai entendus, c’est celui qui m’a le plus blessée. Parce que c’est bien beau, d’aller faire le paon sur la place publique, mais quand ta tête dépasse de la foule, c’est sur toi qu’on tire à la première occasion. Ça prend un temps fou et une énergie surhumaine pour être comme ça, constamment en représentation. Je pense que les gens qui entâment de telles actions le font parce qu’ils ont le sens du devoir plus grand que l’opportunisme ambiant. Parce que leur sentiment est qu’on mérite plus que de se faire faire fourrer autant comme société et comme individus. Parce qu’ils croient au bien commun et en la possibilité de changer les choses, pour vrai et pour de bon. Si je peux me permettre, je lui attribue de bonnes intentions, à ce monsieur. J’irais même jusqu’à la sincérité, et même jusqu’à l’intégrité. Il me donne espoir, même si je sais que tout n’est pas parfait.

Reste que je serais curieuse de savoir combien elle vaut, la tête de monsieur Duchesneau… et je me dis qu’avec ses qualifications et son expérience, il a très bien su évaluer ce prix. Évaluer le risque, clancher sa peur, et agir. Pour moi, cet homme est une sorte de héros moderne. On en veut plus, des comme lui, pour nous éclairer le chemin. Ok, il a financé la CAQ, personne n’est parfait! Au fond, ce que ça dit, c’est que lui aussi souhaite du changement. En plus, il un p’tit air coquin qui me fait de l’effet. Je suis naïve et séduite? Ouais, pis.

 

 

 

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4 thoughts on “Duchesneau, mon héros

  1. Agent Glade… vous dites. Plus blanc que blanc: S’il lui avait ajouté des ailes on aurait pu opter pour Cotonel.

    En ce qui me concerne Duchesneau il a certainement été influencer par Élliot Nest. En tout cas je partage.

  2. Marielle Couture

    C’est fou, il lui ressemble physiquement! (voir photo d’Eliot Ness sur wikipédia).

  3. Jonath

    🙂 Bien dit.

  4. J’espère que M. Duchesneau va s’ouvrir la trappe pendant la campagne électorale, mais pas de façon partisane, pour ramener le débat sur la corruption. On sait déjà de quoi Charest va essayer de parler pendant la campagne : étudiants et Plan Nord. Et son projet colonialiste d’exporter le cancer en inde pour faire la piasse et gsgner un comté. Ça fait cher de l’électeur, 58 millions…

    Il en veut au gouvernement Charest qui a essayé de se servir de lui pour faire une enquête bidon et lever ensuite les mains en disant «voyez on n’a rien fait», comme personne n’est responsable de l’écroulement du viaduc de la Concorde! En passant, les anciens péquistes comme P.-M. Johnson, Bouchard et Boisclair sont presque pires que les libéraux. Et la nature des «anciens» (?) conservateurs revient au galop.

    Je trouve cela sain, une sainte colère (!). Il y a un ménage à faire et ça va prendre un fouet.

    Vous êtes-vous demandé pourquoi l’avocate du PQ a tellement essayé de lui faire perdre sa crédibilité? C’est pourtant simple : Pauline a l’intention de faire campagne sous le slogan «Nous autres on est honnêtes» et les affirmations de Duchesneau pétaient sa stratégie. Or http://flic.kr/p/cjPium.

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