L’ubiquité de Martineau

En date du 2 juillet 2012, j’ai le feeling que tous les Québécois ont écrit à propos de Richard Martineau. À un point tel que même des analphabètes ont appris à écrire juste pour lancer à Richard un « lache po Richard celon moi tu é note voi tu di tous haut se ke le vrè mond panse. »

Au risque de me répéter, et surtout de répéter ce que tout le monde a déjà répété (Inception style), je suis un peu jaloux de l’assurance de Martineau. Vous savez cette absence de doute et cette certitude de savoir comment lire dans l’esprit de la population?

Parce que lorsqu’on lit Richard, par exemple son dernier bijou de papier, on a droit à une espèce de rayon X de son fonctionnement cognitif. Le gars nous raconte humblement qu’après avoir fait le tour du Québec dans l’autobus de TVA, il a subitement saisi l’essence du peuple québécois. Rien de moins.

C’est fou parce qu’en partant de cette idée, je serais donc en mesure de vous dresser un portrait précis des gens de Rouyn-Noranda. Parce qu’imaginez-vous que j’y suis déjà allé pendant trois jours. Oui oui, j’ai fait comme le petit peuple et je me suis rendu chez Morasse pour goûter à « la meilleure poutine » du Québec. De ce fait, si j’avais le même esprit d’analyse que Richard, je pourrais vous parler en long et en large des préoccupations des gens de Rouyn-Noranda. Mais non.

N’est pas Martineau qui le veut bien. C’est pas évident d’être apte à saisir l’essence d’une nation. Et surtout, d’avoir une perception aussi exacte que Richard.

Parce que Richard a absolument raison. Les gens des régions n’en ont rien à foutre de la grève étudiante. J’en sais quelque chose. Depuis janvier, à peu près tout le monde m’en a parlé. Les étudiants, les mécaniciens, les oncles, les tantes, le beau-père, le père, la mère, les collègues au travail, le gars ben chaud qui faisait du chain-smoking en dehors du bar, mon neveu de douze ans, l’animateur de Radio X… Tsé, c’est vrai que le monde des régions s’en crisse de la grève étudiante. Par exemple, icitte au Lac, on parle juste de pick-ups, de bateaux, de chars, de ski-doos, de sea-doos pis de tout ce qui a des moteurs.

Tsé, quand je vous dis que Martineau est un dieu, je fais surtout référence à la perception qu’il a de la perception des gens à son égard. J’ignore à quel point on l’apprécie en banlieue, mais je peux vous dire qu’en région, il a vraiment une bonne cote. Du moins, au Lac. Heille, quand tu dis que tout le monde l’aime. Tellement, que le party de fête à ma blonde a presque viré en situation de crise parce que j’ai affirmé qu’on ne devait pas accorder trop d’importance à Richard parce qu’il ne s’agissait que d’un power-troll. Le monde l’aime tellement que chaque semaine, j’entends au moins 4 ou 5 personnes en parler avec les veines qui leur sortent du cou. Quand tu parles de grosse amour qui jute de tous les côtés.

Enfin, on voit que Richard a tout compris du Québec quand il affirme que l’autre Québec, celui des régions, en a rien à foutre de la souveraineté. Surtout là. Présentement.

En tout cas, c’est vrai en crime qu’il y a juste les Montréalais qui n’aiment pas Martineau. Par contre, c’est quand même bizarre qu’il soit obligé de s’écrire lui-même des hommages…

Commentaires

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12 thoughts on “L’ubiquité de Martineau

  1. Pierre Michaud

    Ce qui fait de lui le personnage le plus imbus de lui même !Il devrait consulter à mon simple avis ,il en aurait grandement besoin !

  2. Jonathan

    Richard Martineau est un grand incompris. En fait, il est même un fervent disciple d’André Breton. Pour comprendre sa démarche, il est intéressant de lire ceci :

    « Selon la définition donnée en 1924 par André Breton, le Surréalisme est un « automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée». Il s’agit donc d’une véritable «dictée de la pensée», composée «en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique et morale ».

    Source : http://www.espacefrancais.com/surrealisme.html

    1. Joël Martel

      Hahahaha! Bien dit!

  3. Hey. Martineau lui il a compris. Les étudiants c’est juste des égocentriques avec des iPhones pi toute. La belle vie. Ils devraient tous aller se prendre.

    😉

    1. Joël Martel

      Allez vous PRENDRE! lol

  4. Comme dans se prendre en main? Oui je peux attester que bien des étudiants le font au lieu de se concentrer sur leur propre sort, faire un petit cours peinard sans trop s’endetter et rapidement intégrer le marché du travail.Avoir des connaissances générales, essayer de comprendre le monde dans lequel on vit,voire même contribuer à notre communauté c’est dépassé ça voyons! Heureusement j’entend encore résonner les casseroles.

  5. Marie-Eve Cossette

     » Par contre, c’est quand même bizarre qu’il soit obligé de s’écrire lui-même des hommages… »

    Ce sous-entendu de chute finale; pour dire que personne « des Régions » ne serait grammaticalement capable de lui en rédiger un, right ?

    Autant j’l’ai sacré lui « gros criss de connard » ce matin, effectivement…
    Autant je ne trouve pas que le mépris envers mes compatriotes en retour du mépris à Martineau va arranger quoi que ce soit à ce foutu dialogue de sourds.

    Avec tout le reste, je suis d’accord.

    Mais cette phrase-là, la dernière, était de trop.
    Règle number one en éducation populaire, journalisme, etc. : la patience.

    Tu la perds: va boire une bière, joue une game de Crib, n’importe quoi.

    Mais pas de l’attitude comme ça. C’est aussi con que ce Martineau a écrit.

    OUI: c’est vrai. Mais c’est tellement Contreproductif (en sale de sale).

    Si vous êtes pas content, vous pouvez m’écrire et me dire comment j’peux vous nuire.

    Marie-Eve,
    Matagami, Nord du 49e Parallèle. (Mon goulag 3 heures au nord de Morassepoutine.)

    1. « » Par contre, c’est quand même bizarre qu’il soit obligé de s’écrire lui-même des hommages… »

      Ce sous-entendu de chute finale; pour dire que personne « des Régions » ne serait grammaticalement capable de lui en rédiger un, right ? »

      Ça se peut que je me trompe, mais je pense que la conclusion de JM signifie simplement que si RM était si hot et adoré qu’il le laisse entendre lui-même, il y aurait toujours bien du monde pour lui rendre hommage. Y en a pas. On est donc en droit de se demander s’il est aussi populaire en « région » qu’il le prétend…

  6. Entk, si ça peut vous rassurer, moi je viens de Chicoutimi pis j’hagis Martineau depuis ben avant la grève étudiante, ben avant qu’il soit scab au JdM. Pour moi, il était un genre de Louis Champagne haute gamme, mais je dois admettre que depuis ses vomissures sur les étudiants, il a baissé dans mon estime : c’est du Louis champagne tout craché.

  7. Bruce Gervais

    J’habite Rouyn-Noranda. Martineau, on l’a pas vu chez Morasse. Mais chez Morasse le JdeM est gratisse et se déguste à qui mieux mieux en compagnie de grosses poutines.

    Votre Mauvaise Herbe est génial!

  8. « Parce qu’imaginez-vous que j’y suis déjà allé pendant trois jours. Oui oui, j’ai fait comme le petit peuple et je me suis rendu chez Morasse pour goûter à « la meilleure poutine » du Québec. De ce fait, si j’avais le même esprit d’analyse que Richard, je pourrais vous parler en long et en large des préoccupations des gens de Rouyn-Noranda. « 

    Malheureux! La véritable référence culinaire, à Rouyn-Noranda, c’était « Patate d’Amour », mais il paraît que la patate a ramolli! Ça fait bien plus « ti-peuple » que Chez Morasse! Plus sérieusement, je recommanderais plutôt les pains de Léandre Bergeron, un PhD en littérature française converti à la vie sur la ferme!

    Moi qui dois fuir le cholestérol, votre définition (inspirée des martinades) ne me reconnaîtrait pas le droit de me décrire comme Rouynnorandologue et ce, même si j’habite le territoire depuis plus de 35 ans. C’est une honte! Fin de la parenthèse touristique…

    = = =

    Parlons-en, des Martinades. Le gourou écrit: « à l’extérieur de Montréal et les gens que je croise dans les cafés, les centres commerciaux et les salles de spectacles se foutent autant des carrés rouges que de leur première chemise. »

    Des comme ça, il y en a aussi à Mourial mais bien sûr ils ne descendent pas dans la rue et sont moins visibles que les casserolistes. Et des manifs, bin… j’en ai croisé une, il y a quelques semaines, au centre-ville de Rouyn; c’était peut-être la 30e journée consécutive que les manifestants paradaient et ce soir là ils étaient plus de 200, selon les médias locaux. Moi, je dirais 250, minimum.

    Rouyn compte 41000 habitants; à l’échelle montréalaise, ça aurait fait un rassemblement d’au moins 25000 personnes. Pour un soir de semaine, c’est pas si mal pour une communauté du creux des creux, plantée à 630 km des « phénomènes essentiellement montréalais » que décrit Martineau.

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