Mais alors, quel genre d’anarchiste est-ce que t’es?

Ça y est. Mauvaise Herbe présente désormais du contenu dans chacune de ses sections. On parle de toutes sortes de choses, on s’étend sur le terrain avec candeur, on essaie d’apporter la nouveauté. On s’approprie tranquillement cette nouvelle tribune. On la partage avec d’autres. D’autres s’ouvrent à vous, vous ouvrez vos esprits à de nouveaux auteurs, les idées circulent…

C’est qu’on s’était donnés deux mots d’ordre : liberté et bonheur. Simple. Efficace. On s’y découvre une immense liberté, de dire, de penser, de questionner, de connaître. On a des collaborateurs solides, fidèles, intéressés et intéressants. C’est précieux, et je trouve qu’ensemble, on forme un pas-pire bouquet . Il est certain que c’est l’été, que la plupart d’entre vous avez bien d’autres choses à faire que de lire sur Internet. Malgré tout, vous êtes nombreux à nous suivre et ça m’étonne à chaque jour, quand je consulte les statistiques. Je suis une freak de stats. J’adore ça.

J’en conviens, on démarre doucement. Peut-être c’est ça l’été, peut-être c’est ça la liberté. Mais j’ai la conviction que lorsque le vent deviendra plus frais, nos cerveaux reposés plus à vif et curieux, la rentrée proposera son lot de critiques littéraires et d’expositions à voir. Le théâtre redeviendra plus sérieux, et la musique neuve émergera toute seule de ce foisonnement culturel. Pour l’instant, on pourrait dire que la belle saison nous aura permis de mettre en route et d’enraciner dans nos habitudes la libre pensée. Puisqu’on sait désormais que des élections s’en viennent, nous savons que nos oreilles seront gavées par le discours de campagne. Que les journaux regorgeront de sondages bidon et que l’opinion publique vacillera, s’abrutira, dans l’œil et la plume du discours ambiant. Quand j’y pense, ça m’écoeure. Nous serons à même de voir les fonds impunément investis dans la propagande à cinq cennes du gouvernement et de tous les partis qui tenteront de séduire l’électorat. Nous verrons l’agent Glad nous vanter des réalisations imaginaires aux retombées fictives. Nous le verrons tout faire, pour qu’on oublie la corruption et le copinage dans lesquels semble baigner toute la populasse politique. Nous l’entendrons répéter ses arguments falacieux, tendancieux, ses sophismes et raisonnements vides de sens. Vides de sens pour une partie de la population qui au fond, même s’il s’agit d’une des plus grandes crises sociales de l’histoire, n’aura servi que de chair à canon, de matière électorale. Vides de sens pour les familles, qui constatent avec tristesse l’immense incompétence de son ministre délégué à la jeunesse. Vides d’espoir, pour une société qui proposait une réflexion en profondeur sur l’éducation, fondement idéologique et débat vital pour l’avenir de notre société. Ce seront, comme d’habitude, des élections vides. Des marionnettes, qui parlent pour des machines à cash, qui font tout, absolument tout, pour nous faire gober un faux progrès social. On se fait fourrer par tous les trous. Oh oui, fais-moi mal Johnny ! Moi j’aime la politique qui fait boom.

C’est qu’on s’était donnés deux mots d’ordre : liberté et bonheur. Simple. Efficace. On s’y adonne à petite échelle, cultivant nos quelques pouces carrés de liberté, créant de toutes pièces tous ces petits moments de bonheur. Mais j’espère ce jour où nous franchirons tous cette mince ligne, celle qui nous sépare d’un état de réelle liberté. Il faut une certaine dose de courage. Sortir de sa zone de confort. Lire. Ne jamais cesser d’apprendre. S’informer, ailleurs que dans les médias-usines. Cette liberté, elle est à prendre, elle est à voler. Puisque nous sommes éphémères, à quoi bon se faire chier ?

Plus je lis sur l’anarchisme, plus je trouve ça beau. Me voici en train de franchir cette mince ligne rouge. Et ça fait du bien.

J’ai la ferme intention de démystifier un peu ce mode de pensée, puisqu’il parle de prise en charge personnelle, de liberté vraie et d’ordre social. Il est normal que l’anarchisme fasse peur au pouvoir en place, rien n’est plus dangereux pour des gens avides de pouvoir qu’un peuple libre et autonome, instruit et éduqué, formellement convaincu de sa propre légitimité à être, et être libre. Mot surutilisé pour galvaniser la gauche, mot galvaudé pour terroriser. Je prendrai donc le temps, dans mes prochaines chroniques, de décortiquer un peu l’histoire de l’anarchie et sa ligne de pensée, question de remettre un peu d’aplomb dans nos coeurs. Nous avons le devoir de prendre en charge notre avenir, celui de nos enfants, de notre collectivité. Chacun de nous a le droit d’exister, de contribuer et d’être heureux, et libre.

 

À suivre…

 

« Mieux vaut un instant de vie véritable que des années vécues dans un silence de mort. » 
(Michel Bakounine)

Commentaires

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3 thoughts on “Mais alors, quel genre d’anarchiste est-ce que t’es?

  1. Félix

    Je ne peux que te recommander ceci: http://www.luxediteur.com/content/cartographie-de-l%E2%80%99anarchisme-r%C3%A9volutionnaire

    Suis en train de le lire en ce moment (parmi d’autres lectures, sinon c’est lourd) et je trouve ça fort intéressant de me rendre compte que c’est pas mal vers ça qu’on se dirige, inévitablement, nous qui ne «fittons» pas dans le moule, nous qui remettons en question, qui nous indignons, etc. À un moment donné, il ne suffit plus d’être en colère, il faut agir, il faut bâtir quelque chose, je ne sais pas quoi encore mais il y a dans l’idéal anarchiste quelque chose de beau. À suivre.

  2. Louis-Félix

    J’ai très hâte de te lire!

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