Dinosaures

J’étais là à fumer une cigarette avec Simon et pis, y a un gars qui s’est dirigé vers moi.

Le gars me connaissait à cause du web.

Jusqu’ici, rien de bien exotique dans la vie d’une webstar. Même pour une webstar de mon calibre. Et là, pour ceux et celles qui ignorent les critères du webtariat, dites-vous que je suis directement en bas de l’échelle. Mais bon, quand notre tribune principale est le triple W, mieux vaut être pendu au dernier barreau de l’échelle du webtariat que de ne tout simplement pas y être tsé…

Bref, j’ai pogné de quoi quand le gars en question m’a raconté qu’il habitait en Chine et qu’il lisait mes bébelles à l’autre bout du monde. Non mais ça frappe l’imaginaire.

Comme bon nombre d’entre vous, j’ai connu le monde avant le web. J’ai connu cette époque où on draguait au téléphone. J’ai connu ces hivers où jadis, la télé décidait pour nous. J’ai connu ce temps où lorsqu’on se disait adieu, ça signifiait quelque chose. J’ai connu ces années où les découvertes musicales prenaient parfois des mois à traverser le Parc avant d’arriver dans les régions. Et bla bla bla…

C’est quand même drôle car j’imagine que plus tard, lorsque je serai un vieil homme fumant la pipe, je raconterai aux enfants à quoi ressemblait le monde dans l’Ancien temps. Je serai la suite logique de ces sages qui, dans ma jeunesse, marquaient mon imaginaire en se remémorant la vie avant la télé.

Voyons la réalité en face, je suis un crisse de dinosaure. Ne manque plus qu’une clôture autour de moi et des kids qui s’envoient des textos tout en me garrochant des cacahuètes.

 

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Je niaise ben avec ça mais pour un dino, je compte quand même parmi ceux qui ont su s’adapter aux conséquences engendrées par la comète web. L’avantage d’être un jeune brontosaure au moment où tout pète quoi…

Maintenant, ce qui m’épate le plus, c’est de constater à quel point le milieu politique au Québec n’a juste rien compris du web. Il fut un temps où ça passait encore mais peut-on toujours constater une si terrible adaptation en 2012, et ce, sans même broncher?

Le web est devenu à la fois un outil et une arme impitoyable.

On l’a bien vu récemment avec le meme de Charest et la pub chienne du PLQ qui reprenait à son compte la démonstration de dextérité de Marois aves sa casserole.

D’ailleurs, on critique bien le PLQ pour ses prises de position peu populaires auprès des jeunes mais il reste que jusqu’ici, c’est le parti politique au Québec qui semble s’être le mieux adapté au web.

À la veille d’une campagne électorale où l’on peut prévoir que les réseaux sociaux joueront un rôle important, du moins pour une certaine classe d’électeurs, on est tenté d’avertir les différentes organisations politiques de s’enlever le bâton qu’ils ont dans le cul et de passer en deuxième vitesse en mettant à profit le web.

Tout ça, c’est bien beau mais encore… une webstar qui se respecte sait bien qu’engager un spécialiste en stratégies web ou en gestion des réseaux sociaux, c’est comme de payer pour une femme de ménage. Toi tu tripes, mais au fond, tout le monde s’en câlisse.

 

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Quand on me parle des conditions essentielles pour créer du contenu viral, je me retiens pour ne pas rire.

Les règles du web sont établies afin d’être contournées.

Et de toute façon, les plus grandes réussites du web sont des accidents.

Et à la vue de politiciens comme François Legault et ses tweets misogynes, ce gars-là n’a pas besoin de personne pour l’aider à créer du contenu viral.

Ouep. Parce qu’il n’y a rien de mieux pour causer un accident qu’un pauvre moron.

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2 thoughts on “Dinosaures

  1. Hervé Leclerc

    En écoutant l’émission « Amour,haine et propagande », ça m’a fait penser à ma théorie comme quoi on croyait que « BigBrother » serait l’État qui nous surveillerait. Finalement, avec nos téléphones intelligents, comprenant des WebCams, on le voit maintenant, c’est nous qui sommes « BigBrother » pour notre voisin. Là, le même principe s’applique pour l’amour, la haine et la propagande. Ce n’est plus l’état et ses professionnels qui s’en occupe mais bien, le peuple qui, à tous les jours s’aime, se hais et se propagande sur les réseaux sociaux. Souvent d’une façon plutôt médiocre. Le plus inquiétant, c’est que le monde semble encore plus y croire lorsque l’information vient du chien de son voisin. Les résultats auront les mêmes conséquences qu’avant. Sauf que cette fois-ci, on ne pourra plus blâmer les gouvernements qui de toute façon, sont incapable de suivre et de s’adapter aux « changements » mais bien sa propre main sur le clavier.

    1. Denis Bouchard

      Toi-aussi, Hervé, t’es une webstar!

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