Hôtel Caribou – Hôtel Caribou

Hôtel Caribou – Hôtel Caribou

Imaginez-vous en train de rouler dans un rang sombre et isolé d’un village qui l’est tout autant et de tomber en panne en pleine nuit.  Et pendant que vous marchez dans l’espoir de croiser âme qui vive, vous apercevez, dissimulé derrière quelques conifères, un établissement hôtelier qui détonne par son air distingué au milieu de nulle part. Vous entrez par la grande porte. Bienvenue à l’Hôtel Caribou.

Il faut savoir qu’ici, tout est affaire de fusion. D’abord, géographiquement, Hôtel Caribou est assis entre le Saguenay et le Lac-St-Jean. Puis, musicalement, ce projet instrumental, inspiré de séances d’improvisation, est le fruit d’une fusion où se superposent des sonorités techno à des structures parfois rock (l’excellente Tempête des poteaux) ou parfois typiquement propres aux trames sonores expérimentales. D’ailleurs, la musique qui ressort de Hôtel Caribou aurait très bien pu accompagner un film, ou vice-versa.

Construit autour de trois musiciens accomplis de la scène 02 – François Harvey (réalisateur et instigateur), Pascal Beaulieu et Mark Parker – qui ont chacun divers projets et qui se passent presque de présentation, Hôtel Caribou permettra aux oreilles les plus fines et fidèles de reconnaître la couleur que chacun des membres a apportée à la bâtisse. Si la guitare inspirée et sinueuse de Mark Parker prend beaucoup de place, les synthétiseurs, mellotron, lapsteel et autres éléments sonores (François Harvey et Pascal Beaulieu) apportent aussi une bonne dose de profondeur aux couches de rythmes et de séquences posées par Beaulieu.

Cet album pourrait donc aussi bien plaire à ceux qui aiment accompagner leur vie d’une belle trame sonore qu’à ceux qui se plaisent à porter une oreille attentive à ce que les instruments disent, car ici, on peut dire qu’ils jasent (voire pafois même « jazzent »).

Si Hôtel Caribou était un réel établissement, on assisterait au mélange d’une rusticité sèche inspirée par les sous-bois saguenéens et celle du marbre distingué qui envahit les endroits urbains où il se fume encore de gros cigares.

Et puisqu’il s’avère toujours périlleux mais intéressant de tenter l’exercice des rapprochements, disons que ce premier album d’Hôtel Caribou (4 pièces 1/2), peut sonner comme si François Harvey, Pascal Beaulieu et Mark Parker avaient été invités à « jammer » ensemble dans le but d’accompagner les images d’un film québéco-islandais au sein d’un festival organisé par Portishead, Daniel Thouin (claviers de Fred Fortin) et Marc Ribot.  Non seulement ça fusionne, mais ça fonctionne!

En plus, fait à noter : les profits amassés avec cet album vont à la Coopérative de Solidarité « IQ Atelier ».  Vous pouvez d’ailleurs vous le procurer via leurs membres.  À surveiller sur scène prochainement.

 

 

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