Le McLibel de Jean Tremblay

Depuis quelques minutes, une vidéo mettant en vedette Jean Tremblay est en train de se répandre à la vitesse grand V sur les internets.

Voilà donc qu’après une ouverture aseptisée à l’os pouvant rivaliser avec celle de Deux filles le matin, Jean Tremblay pète littéralement une coche à propos d’une histoire de graffiti. Non seulement, attire-t-il l’attention sur le méfait, mais de plus, il entretient habilement un suspense quant au contenu de celui-ci. Ce qui fait naître immédiatement une curiosité malsaine chez l’auditeur: « Mais qu’est-ce qui a bien pu être véhiculé dans ledit graffiti? ».

Déjà en partant, c’est très malhabile comme exercice.

Une vraie erreur de débutant en somme. Car quiconque s’intéresse au domaine des communications a eu vent, un jour ou l’autre, de la fascinante aventure du McLibel.

Pour faire une histoire courte, au milieu des années 80, des activistes avaient commencé à distribuer un pamphlet qui dénonçait le caractère douteux des opérations de McDonald’s. Ici, je ne perdrai pas mon temps à débattre du vrai ou du faux dans ce que la parution véhiculait mais il faut bien garder à l’esprit que celle-ci n’avait pas la force de frappe nécessaire pour mettre en danger, d’une façon ou d’une autre, l’empire de Ronald. Toutefois, au début des années 90′, McDonald’s eut la bonne idée de déposer une plainte à l’attention des auteurs du pamphlet. Il en résulta alors un long procès qui se termina en 2005. On donna donc une durée de vie et une exposition absolument surréaliste à une brochure jadis destinée à un lectorat très confidentiel.

On chie régulièrement sur McDo mais il ne faudrait pas ignorer le caractère très pédagogique de la multinationale…

Revenons donc à Jean Tremblay et sa vidéo enflammée et regardons le tout d’un point de vue McLibellien.

Ce qui n’était qu’un graffiti qui aurait pu disparaître dans la mémoire collective au lendemain même du méfait, vient déjà de prendre une ampleur spectaculaire. Et ce n’est qu’un début.

Si l’avertissement de Jean Tremblay est bel et bien vrai, et que les forces policières sont sur une bonne piste, on peut prédire que la portée du graffiti s’étendra encore sur plusieurs mois. Tout d’abord, le temps de l’enquête, puis l’arrestation du suspect, la mise en accusation, un éventuel procès et puis enfin, la sentence. Ça fait beaucoup de visibilité pour un graffiti non…

Et puis c’est sans compter que des élections municipales approchent et que dans un timing comme ça, c’est préférable d’éviter de faire trop de vagues avant d’embarquer dans le bateau.

Mais bon, Mcdo a bien survécu au McLibel et j’imagine que Jean Tremblay gagnera ses élections sans trop de difficulté…

Commentaires

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9 thoughts on “Le McLibel de Jean Tremblay

  1. anne O'nyme

    on espere vraiment qu’il ne sera pas réélu

  2. J’ai bien hâte de voir le contenu du graffiti.

  3. Nancie Giroux

    Quel tata!

  4. Jacques McBrearty

    c’est quoi le graffiti en question?

  5. Christian Bélanger

    Bon eh bien Joel, jai posté le lien sur les facebooks de NRJ 94,5, Rouge 96,9, CKAJ 92,5, Planète 104,5, 98,3 FM, KOOL 105,5 … et jai posté aussi le texte de la chronqiue sur la page Youtube du vidéo en question … ah oui, le lien a été posté aussi sur le facebook de « Saguenay je t’aime » ….

  6. «Lina leblanc

    Jean Tremblay ? Chu pas capabe de le blairer !

  7. Lina leBlanc

    C’est un faux québécois! Comment déjà? Jean Tremblay… beurk

  8. Est-ce que tous les gens dont le nom se trouve dans un graffiti obtiennent la collaboration de la police? 😉

Répondre à Édouard LavallièreE Annuler la réponse.