Encore Gagnon Frères…

Suite au remous causé en bonne partie par l’appel à la population de Mauvaise Herbe, et ce, en réaction au reportage de Radio-Canada à propos de l’éventuelle disparition de la murale de Sabin Deschênes, voilà que Gagnon Frères réagissait le 25 juillet dernier via sa page Facebook.

La mise au point de l’entreprise se résumait à une affirmation courtoise, mais d’une sobriété visiblement calculée :

«Bonjour à toutes et à tous,

Nous avons pris la peine de lire chacun des commentaires au sujet de la fresque sur l’édifice et nous y sommes sensibles.

Toutefois, Gagnon Frères n’est pas responsable des travaux de façade puisque l’immeuble en question a été vendu. Depuis 10 ans, le magasin Gagnon Frères n’est plus situé sur la rue Sacré-Coeur, mais bien sur l’avenue du Pont-Sud.

Les travaux de rénovations sont donc effectués par le nouvel acquéreur. Soyez assurés que nous allons informer ce dernier des discussions que suscitent les travaux en cours.»

Bref, un appel au calme.

Vous devinerez alors que de nombreux questionnements s’ensuivirent.

Tout d’abord, certains accusèrent Radio-Canada d’avoir investigué de façon maladroite et ensuite, je fus éclaboussé par la bande, pour m’être basé sur les informations répertoriées dans ce reportage. Un lecteur m’a même accusé d’avoir monté «une ville, à tort, contre une entreprise régionale». Voyons ça d’un bon œil, je n’aurais jamais osé prétendre à une si puissante influence. Disons que c’est flatteur en quelque sorte…

Or, certaines personnes ont cru bon d’investiguer à leur tour afin de démêler les cartes et en moins de quelques minutes, on apprenait auprès de Ville d’Alma que toute la documentation légale indiquait que l’édifice appartenait toujours à Gagnon Frères.

Ce qui fit naître de nouveaux questionnements.

Ce à quoi Gagnon Frères réagissait ce matin, toujours via sa page Facebook, en informant ses 306 abonnés que : «[…]le nouvel acquéreur est Monsieur Raynald Fradette. Suite aux questions posées par plusieurs, nous pouvons vous dire que la vente est récente et que les modifications aux différents registres ne sont pas encore effectuées

/

On va jouer à un petit jeu maintenant. On va appeler ça : c’est la faute à qui?

En partant de l’idée que j’adhère à la théorie de Gagnon Frères comme quoi «les modifications aux différents registres ne sont pas encore effectuées», peut-on blâmer Radio-Canada d’avoir failli à sa tâche de vérifier les faits avant de révéler au grand jour cette histoire?

Évidemment non. La journaliste Julie Larouche a effectué son enquête de façon professionnelle et éthique et a vérifié les faits à la source même, c’est-à-dire auprès de la Ville. C’est bien beau d’annoncer que l’édifice n’est plus la propriété de Gagnon Frères, mais tant que la documentation officielle ne peut rien confirmer à cet effet, un journaliste sérieux se devra de s’en garder aux faits.

De plus, Julie Larouche aurait tenté à de nombreuses reprises d’entrer avec contact avec Frédéric Gagnon. Le seul semblant de réponse qu’elle aura pu obtenir se sera limité à quelque chose comme  quoi Gagnon n’avait pas de commentaires à faire à cet effet et qu’il était présentement en vacances.

En d’autres mots, quelqu’un à quelque part dans l’entourage de Gagnon Frères a grandement sous-estimé le caractère émotif de l’histoire de la murale. On aurait pu croire qu’il ne s’agissait là que d’un fait divers destiné à sombrer dans l’oubli dès le lendemain de la parution de la nouvelle, mais non…

Cette réaction en chaîne est d’autant plus burlesque si l’on s’en tient aux faits annoncés via Facebook par Gagnon Frères. Si Frédéric Gagnon ou la personne mandatée afin de parler en son nom avait simplement pris une minute pour expliquer aux médias que l’édifice appartenait à un nouvel acquéreur, l’entreprise se serait évité une fantastique flopée de critiques de la part du public.

Reste qu’à la fin, on s’en fout un peu de c’est à qui la faute.

Ce qui me désole, c’est le refus de Gagnon Frères de s’adresser aux médias lorsque l’entreprise en a eu la chance et ensuite, l’attitude désinvolte qu’elle a adoptée en publiant sa première mise au point sur Facebook. En d’autres mots, cette publication inoffensive en apparence laissait sous-entendre que Radio-Canada n’avait pas bien fait sa job, que Ville d’Alma n’était pas au courant de ses dossiers, que Mauvaise Herbe avait dirigé tout le monde dans la mauvaise direction et que les gens qui avaient réagi avaient à peu près tout fait ça pour rien…

Un tel pied de nez à l’égard d’une journaliste passionnée, des employés de Ville d’Alma et au mouvement populaire qui s’en est ensuivi démontre un léger manque de respect. Ou sinon, une très mauvaise maîtrise de l’exercice communicationnelle de la part de l’entreprise.

Mais bon, ça m’aura permis d’apprendre que j’ai la capacité de « monter une ville » et même quand je serais supposément dans l’erreur…

Et puis, fouillez-moi comment Gagnon Frères a fait, mais l’entreprise a récolté 8 nouveaux abonnés sur leur page Facebook au cours des deux derniers jours.

C’est presque devenu viral cette histoire-la…

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

7 thoughts on “Encore Gagnon Frères…

  1. Alma, criss que tu m’excites avec tes mouvements de masse. J’ai hâte de te revoir. 🙂

    Le fait que Gagnon & Frères ne veulent pas parler à la caméra m’inquiète en quelque sorte. Ont-ils des informations sur le projet de rénovation de monsieur Fradette? Loin de là l’idée de soulever une conspiration, mais je crois que Gagnon & Frères auraient pu protéger l’intégrité de la murale via une simple clause dans le contrat de vente. Peut-être qu’ils ne voulaient pas nécessairement la garder… 😛

  2. Lina LeBlanc

    Encore de la merde politique!

  3. Jonath

    J’aime de plus en plus te lire !

  4. Marco

    Ce que je comprend, c’est qu’ils n’ont rien à voir dans le dossier de la murale, mais que finalement c’est quand même de leur faute parce qu’ils n’ont pas démenti le tout dans les médias?
    Quant au « léger manque de respect » à lequel tu fais référence, en aucun cas la publication sur la page Fb du 25 n’était passive-agressive ou n’incluait un « contrairement aux fausses informations qui circulent » ou autre commentaire de ce genre qui pourrait écorcher le professionnalisme des journalistes ou de la ville d’Alma.
    Il serait temps de lâcher prise, de s’excuser pour la mauvaise presse faite à un commerce qui ne le méritait pas et de commencer à rédiger une lettre à Raynald.
    Tu es bon la dedans les lettres.

    1. Joël Martel

      Décidément, Marco (ou Philippe selon les jours), nous n’avons pas la même perception de la « mauvaise presse ». 😉

      1. Marco

        C’est drôle de voir que tu penses n’avoir qu’une seule personne en désaccord avec toi.

        1. Joël Martel

          Si c’était le cas, ça ne serait pas drôle en fait. Je serais alors inconscient des divergences idéologiques que peuvent susciter l’exercice du texte d’opinion.

          Or, si mes propos ont pu influencé quiconque à boycotter Gagnon Frères, j’en suis doublement navré.

          Parce que premièrement, celui-ci ou celle-ci a mal interprété l’intention derrière mes textes.

          Et parce que deuxièmement, quand de telles choses arrivent, c’est qu’on a mal écrit quelque chose quelque part.

Laisser un commentaire