Politiciens du dimanche

Salut Jean,

tu me pardonneras de t’écrire aussi tard aujourd’hui.

Vois-tu, c’est dimanche et je m’étais formellement engagé à amener mon garçon à Chicoutimi pour qu’il puisse assister au spectacle d’Atchoum le Clown. Il était tellement content. Et puis, pour être franc avec toi, c’est quand même agréable un spectacle d’Atchoum le Clown. Tsé, je n’irai pas jusqu’à te dire que je fais partie des parents crinqués qui dansent pis qui connaissent mieux les tounes que leurs kids mais anyway, je suis tout le temps comme ça dans les shows.

Même que, je ne me rappelle plus avec qui je jasais de ça mais je suis probablement un des pires publics au monde. Dans les shows d’humour, je ne ris pratiquement jamais même si je trouve ça super drôle. Dans les shows de musique, je suis un vrai poteau et ce n’est pas rare que je garde mon manteau sur le dos. D’ailleurs, Luis, le frontman de Misteur Valaire (si tu ne les connais pas, demande immédiatement à un de tes attachés de le télécharger gratuitement et légalement en plus!) m’a déjà qualifié de plate pendant un concert à cause de ça.

Bref, je te raconte tout ça et en fait, je tourne pas mal autour du pot.

L’affaire, c’est que j’aimerais bien ça souligner un bon ou un mauvais coup de ta part au cours des dernières heures mais je n’ai juste pas eu le temps de regarder les nouvelles, lire le journal ou faire le tour des sites webs de nouvelles. Pour te dire à quel point je suis déconnecté aujourd’hui, ma seule activité extra-familiale du jour a été d’aller vérifier le ranch virtuel d’un étranger en jouant à un jeu de iPhone intitulé Monster’s Life. Ça aussi c’est gratuit mais par contre, faut débourser beaucoup de vraie argent  afin de progresser en toute liberté. Telle est l’époque du Free-To-Play.

Par le fait même, je jouais à ça et ça m’a fait penser à toi. Je me suis dit pendant un bref instant: « Ben tiens donc, on dirait un peu le concept de gratuité scolaire de Jean! »

Tsé, dans un Free-To-Play, on dit que le jeu est gratuit mais dans les faits, c’est un peu comme si on te donnait un jeu de cartes mais qu’on ne te filait qu’un valet de carreau et une dame de trèfle genre. Là, on te laisse jouer avec le paquet de cartes mais juste quand ça commence à devenir intéressant, tu te rends compte que si tu veux progresser et tirer ton épingle du jeu, on t’offre d’acheter les valets qui te manquent, les reines, les rois pis les as. Genre pour 10 piastres, tu as les dix cartes qui te manquent. Tu n’es pas obligé de les acheter mais théoriquement, tu ne scoreras jamais s’il te manque des cartes.

Bref, je développerais plus là-dessus mais on est dimanche et comme l’a sûrement déjà dit quelqu’un: « Le dimanche, on s’en sacre de la politique ».

Je te réécris demain Jean.

Et fais gaffe sur la route. Ici, il pleut à boire debout.

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