Qui pisse le plus loin?

On a donc droit à une chicane de politiciens au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pour les lecteurs et les lectrices de l’extérieur de la région, résumons tout ça simplement : selon le candidat libéral Serge Simard, le candidat péquiste sortant Stéphane Bédard se serait faussement approprié le mérite de la construction de la route à quatre voies divisées dans le parc des Laurentides.

C’est pas mal faire une histoire courte avec une véritable saga, mais bon…

Tout ça me fait énormément rire parce que dans les faits, ni l’un ni l’autre n’a vraiment joué un rôle majeur dans tout ça. Maintenant, avant que des partisans ne me lancent des roches, laissez-moi m’expliquer.

Peu importe l’implication des deux politiciens, ceux-ci ont tout simplement servi la soupe. La job de cuisine, celle de concocter une recette, de couper les légumes et de surveiller si elle n’épaississait pas trop, ce sont des citoyens qui l’ont fait. Je le répète, peu importe quel politicien s’est chargé de mener le dossier jusqu’aux bonnes instances, celui-ci a pris la soupe sur le réchaud pour ensuite livrer la marchandise à la bonne personne.

À cet effet, j’ai souvenir d’une soirée passée en compagnie de la célèbre Marina Larouche. De fil en aiguille, nous en sommes venus à discuter de ce qui l’avait entraîné dans cette énorme saga et celle-ci m’avait avoué candidement que tout ça résultait d’une simple visite auprès de son enfant qui demeurait à Québec. « J’étais revenu au Saguenay en soirée alors qu’il faisait noir et le trajet m’avait terrifié. Je ne comprenais pas que l’on ne puisse pas sortir de la région sans se sentir en sécurité. Alors le lendemain, je suis allé voir mon député et celui-ci m’a conseillé de faire une requête officielle pour que des mesures soient prises. Ce matin-là, je ne savais pas que je m’embarquais dans une histoire qui durerait une vingtaine d’années.»

C’est là une anecdote très révélatrice de ce besoin de renouveau politique chez une partie significative de l’électorat.

Il fut un temps où la population pouvait bénéficier sur des hommes politiques qui avaient des visions et rassemblaient ainsi les gens autour de ces idées nouvelles. Et puis, est venue une époque où les discours économiques ont primé sur tous les projets de société. Les idées ne provenant plus des hommes politiques, les citoyens ont alors repris le flambeau.

D’ailleurs, lorsque Jean Charest vous conditionne en répétant ad nauseam que la rue a parlé et que c’est maintenant au tour de la population de voter, il vous rit en pleine figure. D’aller manifester son mécontentement ou d’exprimer ses désirs en tant que collectivité n’est jamais vain. D’une façon ou d’une autre, ces requêtes influent sur les stratégies politiques. Et à la lumière de l’actuelle campagne où bon nombre de candidats ne savent plus sur qui tirer et surtout pourquoi, on ne peut douter de l’impact des mobilisations citoyennes.

Alors pendant que les partis traditionnels se chicanent à propos de qui pisse le plus loin, d’autres partis se tuent à amener des idées nouvelles, parfois absurdes, tantôt révolutionnaires, et les médias traditionnels affirment ne pas avoir le temps d’antenne ou l’espace nécessaire pour leur donner une couverture.

Et vous savez quoi? Malgré tout ça, le monde va changer quand même.

On ne peut lutter contre le cours normal des choses.

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