Radiographie de la radio privée – Le re-retour du gros Champagne

Son chiffre d’affaires n’existait qu’à l’état de notion…

Jean Echenoz, L’équipée malaise, Les éditions de minuit, 1986

 

Quoi de plus complet que le silence ?

Honoré de Balzac

 

 

Alors si je comprends bien, le gros Champagne, animateur de radio poubelle avant la lettre, modèle avoué de bien des jeunes animateurs poubelle, poussé hors les ondes chicoutimiennes il y a un siècle pour abus de poursuites et exilé à La Baie (CKGS-Kool-FM), sur une émission matinale confidentielle, reprend du service sur les vibrations plus accessibles de la «nouvelle» radio privée rebaptisée CKRS-FM (ancien 98.3 FM). C’est à ne plus y rien comprendre. Pourtant tout se tient dans ce petit monde de la radio parlée. Vraiment tout se tient. Une poubelle en appelle une autre et vice versa.

Qu’est-ce que je comprends ? L’essentiel et ses détails qu’on n’entend pas nécessairement à l’oreille nue. L’essentiel.

Comme le fait qu’une radio privée de Chicoutimi et une autre de La Baie mangent leurs bas depuis des lunes. L’animatrice adéquiste/caquiste du matin de la Ville du maire son ami, pour ne pas la nommer, tient le fort chicoutimien avec de plus en plus de difficultés depuis que le morning man «vedette» s’est fait montré la porte le 7 novembre 2008 à 9 heures 05 par des émissaires de Corus en mission commandée.

Elle a bien essayé de sauver les meubles et sa job – négociée quelques jours avant le départ forcé de la grosse vedette – prévoyant même un plan scolaire B. Mais Radio X (et ses nouveaux paramètres) est apparu dans le décor et a fait l’effet que l’on sait sur le paysage des ondes radiophoniques saguenéennes. On l’a même ridiculisée en ondes du temps de Monette, le valeureux, pour lui ajouter de la pression, doutant de son sex-appeal… radiophonique. C’est la manière de fonctionner du poste X comme le faisait souvent le gros.

Les auditeurs aiment leur radio mâle plus décontractée que l’autre, peu subtile envers les compétiteurs, les BS, les artistes, les péquistes, les écolos et les montréalais. Celle qui s’adresse à la jeune droite régionale, qui réduit le monde en équations binaires. Les carrés rouges d’un côté, ces étudiants qui profitent de la vie sans régler la facture et les payeurs de taxes de l’autre, qui rêvent de ne recevoir que des chèques du gouvernement sans payer d’impôts et de garderies. Ces jeunes facebookés frustrés, mordus d’Occupation double et de calendriers de pitounes, votent Legault parce qu’il est millionnaire et veut faire le ménage dans tout ça. Ils trouvent même Stephen Harper brillant d’engloutir des milliards en dépenses militaires, en célébrations royalistes et en pénitenciers chromés. Ils se trouvent à l’aise dans les propos insignifiants, sportifs et décousus des animateurs de Radio X.

Bref, un nouveau groupe d’affaires s’est formé. Attraction mené par Sylvain Chamberland, ancien directeur de l’agence QMI et de TVA, très proche toujours du groupe Quebecor qui rêve en secret de se munir par la bande d’une chaine de radios locales québécoises. Il vient de se porter acquéreur de Kool-FM après avoir acheté le 98.3 FM en juin. Il semble qu’on tente ici de faire des approches pour mettre en branle ce circuit radiophonique, le seul domaine «culturel» où l’empire de PKP ne rayonne pas encore tout en essayant évidemment de freiner les ambitions de la Radio X, qui vient de se permettre d’ouvrir un local à Montréal. Culotté pour une radio anti-montréalaise. (Quoique les liens de Quebecor avec Radio X semblent tissés serrés sur le plan idéologique si l’on considère que les manchettes du Journal de Montréal et de LCN-TVA alimentent quotidiennement les charges des animateurs de la radio poubelle. Et que la majorité des chroniqueurs maison de Radio X ont leur colonne de défoulement au Journal de Montréal et de Québec. Éric Duhaime et Richard Martineau en tête, bien sûr. À la fin, Quebecor pourrait même acheter Radio X, qui sais.)

Après avoir établi son contrôle sur la presse écrite populaire et régionale, la télévision sous toutes ses plateformes, la câblodistribution de Vidéotron, les succursales Archambault de CD et DVD et autres librairies et maisons d’édition de toutes catégories, Quebecor s’attaque maintenant, via quelques pions bien placés (ex. ce monsieur Sylvain Chamberland d’Attraction attiré curieusement par des postes de radios régionales qui accumulent les faillites et les dettes) au circuit de la radio parlée, sentant sans doute qu’il y a possibilité de profits de ce côté-là si on joue le jeu de cette Radio X, qui semble avoir un certain pouvoir d’attraction sur la masse d’auditeurs qui nivelle tout par le bas. Les gens qui traversent les ponts chaque matin pour aller créer la richesse de la nation, nordique ou autre.

C’est alors que le gros Champagne reprend du service le midi sur les deux postes d’Attraction pour mêler les cartes et brasser si c’est possible le contenu des poubelles radiophoniques locales. Lui, il a de l’expérience dans le nivellement par le bas et la sélection des déchets.

Que va-t-il faire à son émission «d’affaires publiques » diffusée le midi depuis le poste de La Baie ? On le devine aisément, interviewer ses amis de toujours, les petits hommes d’affaires locaux qui financent en partie sa revue sur papier glacé, ses copains de jadis qui ne l’ont pas encore laissé tomber et le maire de Saguenay évidemment qui ne l’a jamais, lors de sa destitution, blâmé pour ses propos et ses charges personnelles contre les politiciens et les intellectuels. Il devrait continuer de s’en prendre à ses ennemis syndicalistes et autres péquistes homosexuels au pouvoir, qui l’ont dénoncé ouvertement et ont causé son renvoi définitif il y a quatre ans.

Il rentre en compétition avec l’animatrice du matin du même poste, la chroniqueuse de droite du Quotidien qui passe sa vie à jaser sport et gens riches et célèbres avec son grand ami (et sa fille potineuse) qui l’invite à sa maison de Floride, le beau Réjean Tremblay de Falardeau, tiens chroniqueur à l’empire Quebecor. Tout se tient dans ce petit monde de la radio parlée.

Le gros Champagne entre surtout en compétition avec les animateurs tordus de Radio X. Il était encore leur modèle et leur référence récemment. Son anti-syndicalisme, son machisme, son aversion pour les assistés sociaux, les étudiants, les profs, les grévistes, les artistes, les féministes, les fonctionnaires, les universitaires, les bibliothécaires, les radio-canadiens, les Montréalais et j’en passe, leur plaisaient. Comment ça va finir tout ça ? On va se pousser quelques pointes. On va tout faire pour tirer les pubs des Saguenéens juniors et de la Ville du maire Tremblay de son bord. On va mettre une autre couche de sports de plus dans les propos de tout le monde. Matin, midi et soir. À CKRS nouveau, on a fait appel à un ancien chroniqueur local de sports, Michel Thiffault, un autre vieux de la vieille radio locale, ex-morning man au poste «communautaire» CKAJ-FM de Jonquière et gardien de cages aux sports, pour relancer l’émission de fin d’après-midi et animer les sujets du jour comme si un chroniqueur de sports pouvait s’emparer de tout sans problème. Comme le morning man de Radio X vendu aux Sags et aux Caquistes. On joue encore dans les platebandes connues de tous les autres. On ressort les dinosaures. Le sport avant toute chose, les mâles au volant de leur camion qui subissent la radio au lieu de s’endormir aiment bien cela. On va encore niveler nos ondes radiophoniques privées vers le bas. Avec du vieux stock si vous me permettez l’expression. La relève radiophonique n’a qu’à attendre son tour. On sait qu’elle est patiente et combien docile.

Je me souviens d’un journaliste de Radio X toujours en poste le midi qui avouait aimer tellement son travail qu’il pourrait l’exercer sans être payé si son patron insistait… Et il semblait sérieux. Vous voyez le genre. La syndicalisation de Radio X n’est pas pour demain. Le lavage de cerveau fait son effet à la radio privée. C’est au plus fort la poche dans ce domaine. Tous se prennent pour des vedettes en devenir comme des agents libres. Ils négocient eux-mêmes leurs conditions de travail et leurs bonus. C’est caquiste à souhait cette vision des choses et du travail. Vous vous souvenez des profs évalués au mérite et au cas par cas. L’entreprise privée et individuelle d’abord. Le gros Champagne en sait quelque chose. Il a toujours œuvré d’abord pour ses affaires à lui, son festival, sa réputation, ses intérêts. Son passé syndical est très loin derrière lui du temps que la CSN l’appuyait.

Laissons-les se déchirer entre eux pour obtenir la palme du poste de radio parlée au plus petit commun dénominateur. C’est l’ère de la radio qui dit n’importe quoi pour occuper du temps d’antenne ad nauseam. Peu importe le contenu. La bêtise risque d’atteindre des profondeurs abyssales. La majorité silencieuse adore. Balzac avait raison, quoi de plus complet que le silence ?

Pierre Demers, poète rouge d’Arvida

Commentaires

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10 thoughts on “Radiographie de la radio privée – Le re-retour du gros Champagne

  1. grunty

    cute de voir que quelqu’un ayant le but de sacrer contre les radio poubelles écrit tellement d’insalubrités sur un seul article… ce n’est pas la poubelle ici, c’est directement la fausse à purin!

    élever la radio-poubelle au niveau de stelle lorsqu’on est déjà bien au delà, je ne crois pas que ça vaille plus la peine de s’y attarder… mais vous y mettez tellement d’énergie que je vous comprend de vous y contempler!

  2. André

    M. Demers, ce n’est pas parce que les animateurs émettent des opinions contraire aux vôtres qu’elles doivent être qualifiées de radio-poubelles. Avec un titre aussi injurieux que celui de votre article et le langage ordurier que vous utilisez pour décrire M. Champagne, Mme Ségal et les animateurs de Radio X, vous n’avez pas de leçon à donner à personne en terme de « poubelle ».

  3. stephane

    Gros mauvais toi prend ta retraite occuppe toi pis va souper avec crevier

  4. Tremblay Réal

    Faut-il le rappeler, Monsieur Demers ne se fait connaître que par ses insignifiances. Si au moins il était original dans ses propos…

    Oups, j’oubliais…il est aussi un plagieur invétéré…

  5. Ghislain

    M. Demers, votre langage utilisé envers ladite radio détritus et vos oeillères sur le traitement de l’information sont flagrants. Vous êtes risible et puéril. Qu’est-ce qui devrait intéresser davantage la masse? Le dernier congrès de la CSN ou la plateforme sociale de Québec Solidaire? Le dernier recueil de pensée enflammée de Michel Chartrand ou de Mao Tse Toung? Un peu de sérieux svp, forgez-vous votre propre radio d’opinion si vous êtes vertueux!

  6. Lire autant de vomissure… Est-ce cela que vous appeler de la « libre expression » ? Vous utiliser de bien jolis mots mais tous mis ensemble, ils n’en font qu’un texte de hargne et de dégoût qui n’élève en rien le débat auquel vous pensez être à la hauteur.

  7. Boycottez les annonceurs des radio poubelles. Publiez-en la liste et boycottez-les.

  8. alex

    gros raisin té juste jaloux d’eux autre et de leur réussite !!! prend donc ta retraite pis va te coucher, sa va te faire du bien !!!!!!

  9. Jean-Bernard Lavoie-

    pourquoi écouter cette m… ce ne sont que des supports a pub qui sont la pour faire des sous et nous désinformer bien sur il faut dénoncer ces abrutis

  10. Myriam Ségal

    Quel salmigondis! L’envolée lyrique contre la poubelle échappe cependant quelques vidanges en chemin.
    1) Mon contrat a été négocié après le départ de Louis, dont je ne savais rien.
    2) Le plan scolaire est un plan A et non B, cher collègue!
    3) Amusant de voir que ceux qui pensent autrement que vous sont systématiquement « vendus ». Appliquez-vous le respect que vous professez ?
    4) Si vous écoutiez un peu plus la radio au lieu de la dénigrer, vous sauriez que je ne parle plus à Réjean Tremblay qu’une fois par semaine, et qu’il est une connaissance plus qu’un ami!
    5) D’ailleurs le maire Jean Tremblay serait fort insulté de savoir que vous le considérez comme mon ami, moi la mécréante!
    Veuillez me tenir loin de vos délires hargneux, cousus de suppositions fallacieuses…assez semblables à ce que vous reprochez à la « radio-poubelle ».
    Je vous laisse le dépotoir.

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