Comprendre Martineau (1)

Comprendre Martineau (1)

La Sainte Famille est un réseau de chroniqueurs ayant pour métier de saturer l’espace médiatique québécois avec une idéologie de droite. L’idéologie n’est pas d’abord dans leur pensée de droite, elle est dans leur pensée elle-même. Elle est dans leur manière.

À travers le financement de la caisse de dépôt et des subventions massives, La Sainte Famille utilise des fonds publics afin de prôner le rétrécissement de l’État. Cette contradiction est insupportable.

La Sainte Famille s’est retirée d’un conseil de presse de toute manière impuissant. Par conséquent, elle n’est soumise à aucune autre régulation publique de son activité que celle qui régit la parole de n’importe quel citoyen. Cela a ouvert la porte à une dégénérescence inquiétante de la qualité de l’information et de l’opinion journalistiques.

Cette page est l’initiative d’un groupe de citoyens excédés par la décadence des médias québécois. Il se dédie à une tâche simple : rétorquer. Rétablir les faits.

C’est l’impunité qui a rendu La Sainte Famille si arrogante.

Il faut y mettre un terme.

Richard Martineau est le roi incontesté d’un type de spectacle qu’il n’a pas inventé, l’information-spectacle, mais qu’il est en train de mener vers de nouveaux sommets. La ligne s’efface entre le spectacle et l’information, ce qui autorise l’éclosion d’un nouveau type de chroniqueur qui ne s’estime (et qui n’est dans les faits) soumis à aucune règle de rigueur journalistique et à aucune éthique professionnelle. Ce nouveau type de production n’a rien à voir avec l’art éditorial qui prévalait jusqu’ici, lequel reposait sur un concept de « crédibilité » qui ne semble plus avoir cours.

Martineau prend position sur les débats les plus complexes et les plus délicats de notre société, et il le fait sur le mode du tweet-coup-de-sang et du blogue-montée-de-lait. Le problème est qu’il le fait à partir d’une position médiatique privilégiée, une fonction sociale qui devrait normalement entraîner des responsabilités et une forme ou une autre de reddition de comptes. Mais dans notre contexte, le fait est qu’un chroniqueur sportif est tenu à une plus grande rigueur que lui : il doit connaitre les règles du sport, les joueurs et les statistiques. Tandis que Martineau, du haut de son secondaire cinq, se prononce allégrement sur des problèmes compliqués de géopolitique, de justice distributive, de démographie et de finances publiques. On l’aura même vu tenter une réflexion métaphysique sur le boson de Higgs. Il se croit autorisé à aborder tous les sujets. Et il le fait avec une bêtise, une mauvaise foi et une agressivité presque incompréhensibles.

C’est pourquoi nous sommes d’avis que Martineau est un phénomène ridicule qu’il faut prendre au sérieux. Martineau fait son spectacle sur le terrain de l’opinion et de l’information journalistiques. Il y a ici une confusion des genres qui cause un tort inconcevable à notre espace de débat public. Si nous voulons assainir cet espace, le décontaminer, il faut se livrer à un exercice étrange et désespérant: il faut attaquer les gens comme Martineau au niveau de leurs prétentions. Car le spectacle de Martineau n’est pas honnête: il ne prétend pas seulement divertir, il prétend aussi émettre des jugements de faits et nous informer. Il faut donc montrer clairement, méthodiquement, que son travail est du pur spectacle et qu’il n’a aucune relation avec ce qu’on appelait jusqu’ici le journalisme. Martineau n’a ni la formation, ni la compétence, ni le sens des responsabilités nécessaires pour tenir un discours rationnel sur notre réalité sociale. La place naturelle de Martineau, c’est le talk-show à onze heures du soir. L’information et l’opinion journalistiques ne devraient pas être le lieu de la catharsis et du psychodrame; ils devraient être le lieu de l’objectivité, de la rigueur et de la réflexion.

Ce texte est le premier d’une série qui vise à analyser la méthode de Martineau, afin d’en démonter les mécanismes et d’en révéler l’irrationalité profonde. Au spectacle, on ne peut opposer que le spectacle. Mais à l’information-spectacle, on peut encore opposer l’information.

1) Richard Martineau n’argumente pas

Les chroniques de Martineau sont irrationnelles parce que ce dernier n’argumente pas: il affirme. Il postule, il ridiculise, il beugle et il attaque. Qu’est-ce qu’argumenter ? C’est appuyer nos thèses sur de bonnes raisons. C’est faire découler logiquement nos conclusions de certains faits ou de certaines nécessités conceptuelles. C’est ce qu’on appelle d’une manière générale la « rationalité ». Mais il n’y a pas vraiment de conclusions chez Martineau. Il n’y a en quelque sorte que des prémisses.

Illustrons ce point important.

Par les temps qui courent, Martineau est singulièrement préoccupé par le fait que le gouvernement péquiste serait en train de détruire les conditions nécessaires à la croissance économique par son « mépris envers les riches ». En particulier, les nouveaux paliers d’imposition rétroactive proposés par le PQ pourraient avoir comme effet, si implantés, de pousser notre « élite » économique à l’émigration. Cette rengaine est d’ores et déjà devenue un classique de La Presse et du Journal de Montréal.

Mais on ne peut pas se contenter d’affirmer une chose pareille comme si c’était incontestable; il faut donner de bonnes raisons de penser que ce serait là un effet nécessaire des nouveaux paliers d’imposition. Que pourraient être ces « bonnes raisons »? D’une manière générale, elles devraient être de deux ordres: le recours à des théories économiques qui font consensus; et le recours à des comparaisons éclairantes, c’est-à-dire avec des pays dotés d’une économie comparable à la nôtre et ayant fait une expérience du même ordre. Pour appuyer une affirmation de cette espèce, il faut un appui empirique et des motifs théoriques convaincants.

Un chroniqueur rationnel aurait procédé à peu près de la manière suivante:

1) Thèse : À notre avis, le style de gouvernance du PQ risque de nuire à notre économie. En particulier, les nouveaux paliers d’imposition pourraient avoir comme effet d’entraîner un exode de notre élite, ce qui nuirait à l’ensemble de notre économie.

2) Premier argument : la théorie économique, par exemple les travaux de Untel et Fils (référence clairement indiquée), démontre qu’au-delà d’un certain taux d’imposition chez les travailleurs à hauts revenus et chez certaines catégories d’entrepreneurs, des effets pervers s’ensuivent qui sont de tel ordre et qui se produisent pour telle raison.

3) Deuxième argument : cette théorie a été confirmée par le cas de la Hollandie, dont l’économie est comparable à la nôtre pour telles raisons, qui en telle année a implanté de nouveaux palier d’imposition pour les plus hauts revenus; l’effet a été un exode de tel % de ses citoyens à hauts revenus de telle et telle catégorie, ce qui a engendré un manque à gagner de tant de $ pour l’État et entraîné un ralentissement économique généralisé qui s’est traduit par le perte de tant de points de % pour son PIB (référence fiable clairement indiquée).

4) Conclusion : cela doit nous inciter à une grande prudence. À notre avis, le ministre Marceau devrait revoir ses positions et considérer plutôt telle ou telle option.

Ceci n’est qu’un exemple; nous voulons simplement dire ici qu’une chronique rationnelle aurait comporté une thèse clairement délimitée et des arguments probants.

Martineau aborde la question des nouveaux paliers d’imposition dans ses deux chroniques des 25 et 28 septembre du Journal de Montréal : Pénaliser l’effort et « Je quitte le Québec ». Que trouve-t-on dans ces chroniques? C’est difficile à dire. Quelque chose de diffus et de vaporeux. Il n’y a pas de thèse à proprement parler. Les titres des chroniques semblent faire office de thèse. Tout se passe au niveau du sous-entendu. Tout repose sur un postulat sous-jacent considéré comme une vérité évidente, c’est-à-dire que le PQ est « anti-économie » et qu’il entraînera de graves problèmes tel que l’exode de notre « élite ».

Qu’est-ce qui, dans ces textes, joue alors le rôle d’argument ? Ici, Martineau innove. Il propose quelque chose d’inusité, qu’il faudra bien baptiser, rien moins qu’une nouvelle sorte de sophisme : « l’appel aux courriels de mes lecteurs ». C’est une sous-espèce de l’appel à l’autorité qui a ceci de particulier que l’autorité en question n’en est pas une.

En ce sens, sa chronique Pénaliser l’effort est tout à fait remarquable. Cette chronique est entièrement constituée d’extraits choisis de sa boîte de courriels! Sa chronique « Je quitte le Québec », pour sa part, est occupée à moitié par un autre courriel. Si on reconstruit le schéma argumentatif de ces deux chroniques, on obtient la chose suivante:

1) Thèse : Le PQ va faire fuir notre élite économique.

2) Argument : des gens m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient fâchés et qu’ils pensaient s’en aller, voyez plutôt.

Soit un 0% en philosophie 101, c’est-à-dire un niveau de niaiserie à mille lieues des exigences élémentaires du discours rationnel. En quoi les courriels de ces gens seraient-ils pertinents? Qui sont ces gens? En quoi comptent-ils pour quelque chose? Qu’est-ce qui nous prouve qu’ils sont sérieux et qu’ils ne sont pas simplement en train de péter un plomb? Et s’ils sont sérieux, comment savoir qu’ils constituent un échantillonnage représentatif de la classe des gens visés par la mesure du PQ? Il n’y aucun moyen, évidemment. Et c’est pourquoi une « argumentation » de la sorte est irrecevable.

En réalité, l’idée que les nouveaux paliers d’imposition auraient nécessairement pour effet de « saigner les riches » et de les pousser à la fuite est sans fondement. On surestime l’effet que la nouvelle imposition aurait sur leur revenu, on surestime leur soi-disant « mobilité » et on sous-estime les avantages importants reliés au fait de vivre, d’investir et de travailler au Québec. On oublie que les gens ne restent pas ici par simple bonté d’âme. Simon Tremblay-Pépin et Francis Fortier, de l’IRIS, ont calculé que si l’on distingue les taux marginal et effectif d’imposition, la mesure du PQ aurait comme effet d’augmenter le taux effectif d’imposition de ceux qui font 150 000$ par année de 0.53%, ceux qui font 190 000 $ de 1,26% et ceux qui font 300 000$ de 2,77%.(1) D’un point de vue strictement utilitariste, il n’est pas clair du tout qu’il serait avantageux pour ces « riches » d’abandonner leur réseau de contacts, leur « réputation » et leur clientèle s’ils en ont, d’essuyer les frais d’un déménagement, d’une installation à neuf dans un ville où les prix de l’immobilier ont de fortes chances d’être supérieurs à ceux du Québec, où il n’existe peut-être pas de services publics étendus comme ici et dont, comme leurs enfants, ils profitent, etc. Il faudrait en tout cas le démontrer. Intuitivement, ça ne coule pas de source.

On tait aussi le fait que si le taux d’imposition des particuliers est très élevé au Québec, il n’en est pas ainsi pour les entreprises. Parmi les gens visés par la mesure du PQ, il y en a beaucoup qui profitent ici de conditions d’investissement tout à fait exceptionnelles. Il ne va pas de soi qu’une hausse légère de leurs impôts particuliers (dans la mesure où ils en paient) contrebalancerait les avantages reliés au fait de faire des affaires au Québec. La firme KPMG, qu’on ne peut pas soupçonner d’être un agent du socialisme, estime que le « climat d’affaires » à Montréal est plus favorable que celui de n’importe quelle autre métropole nord-américaine. Montréal se classe première sur son palmarès. Ses avantages comparatifs seraient les suivants: 1) un faible taux d’imposition sur le revenu des entreprises; 2) de généreuses subventions publiques; 3) la proximité du marché américain; 4) le bon état du réseau de transports et de communications; 4) le faible coût de la vie; 5) la présence d’une main-d’oeuvre qualifiée et bilingue; et 6) la sécurité sociale.(2)

Le principe de base de la théorie économique libérale est le postulat de la « rationalité » des agents: les phénomènes économiques ne peuvent être compris qu’en supposant que chaque individu agit en fonction de la maximisation de ses intérêts personnels. Comparés aux avantages très réels qu’il y a pour les « riches » à rester au Québec, il ne semblerait pas, sauf cas particuliers, que les nouveaux paliers d’imposition constitueraient un incitatif suffisant à l’émigration pour une personne « rationnelle » (au sens économique du terme). Ni la théorie économique libérale ni les faits à notre disposition n’appuient les propos de Martineau.

Ceci dit dans la perspective où les gens disposent d’informations de qualité, leur permettant de prendre des décisions effectivement « rationnelles ». Mais il y a des gens qui ont vraiment peur des épouvantails. Et ici nous arrivons au coeur de l’affaire. L’irrationalité de Martineau n’est pas seulement clownesque. Elle est dangereuse.

À suivre…

1. Débat sur les impôts, L’aut’journal, 28 septembre 2012. Difficile ici de se retenir de faire un petit calcul rapide et de préciser que cela équivaudrait pour la première catégorie de revenus à 2 minables dollars par jour…

2.  http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/360332/le-quebec-champion

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

47 thoughts on “Comprendre Martineau (1)

  1. Isabelle

    Excellent! Prochaine étape, vulgariser tout ça et diffuser sur ses tribunes?

    1. La méthode QMI/JdM/JdQ etc… Tant que ça salit, que ça éclabousse, que ça gueule et que ça en parle, ça fait vendre! Au diable la rigueur journalistique. Et en passant, Martineau n’est PAS un journaliste : c’est un clown à grand’ yeule avec un gros porte-voix, i.e. TVA/Quebecor/QMI

    2. juste un sec v ..lol..je pourrais facilement prendre ça place pis là on aurais de vrai sujet…

  2. Pad Black

    Dans les dents, et j’espère de tout cœur que ce que vous avez en réserve sera à la hauteur de ce premier brûlot. Le holà s’impose.

  3. Claude Poulin

    D’accord avec tout ça. Mais c’est un peu chiant d’en avoir si long à dire pour un si piètre commentateur politique. Je pose la question : qui lira des textes si bien étayés ? Des pros-Martineau ? Évidemment, non. Il n’en demeure pas moins que c’est toujours plaisant de lire des textes qui nous rejoignent. Merci de l’avoir fait. Cependant, une suggestion pour la prochaine : plus court et plus punché !

    1. Pas plus court : il s’agit d’élaborer d’abord les outils intellectuels; s’armer, et après résister avec persistance. En d’autre mots, inonder le discours de ce discours intelligent et développé. La vulgarisation suivra.

    2. Je pose la question : qui lira des textes si bien étayés ? Des pros-Martineau ? Évidemment, non.

      Mon cher Claude, tu dis absolument n’importe quoi. Tant que tu continueras à lire seulement des textes des gens qui pensent comme toi en te flattant la bédaine et en te croyant chanceux de faire partie de ce que tu crois être une élite, tu ne remettras jamais tes opinions en question et tu n’évolueras jamais.

      C’est le plus gros problème des soit disant bien pensant de la gauche.

      1. Sofia Antonella Croustade aux Pommes

        Et vous Monsieur Bibitronik, seriez-vous capable de regarder par dessus la clôture de gauche un instant – et sans trop de mépris – afin qui sait, d’éclairer plus avant toutes vos certitudes si inébranlables. La gauche, et son pouvoir de remise en question – que l’on nomme à droite de la « chicane » – n’est pas baignée de lumière divine, non. Pas plus que me l’est l’idéologie de droite, qui pourtant est persuadée de détenir la recette miracle hors de tout doute et en toutes circonstances. Comme quand Richard Martineau s’exprime… Richard Martineau, l’homme qui croit que vacuité et vanité sont paronymes de vérité… Alors que ce serait plutôt vénalité. On peut comprendre remarquez, il travaille à TVYA !

        1. je regarde quotidienement par dessus la cloture qui séparent mes idées de celles des autres, c’est justement ca le propos que j’adressais a mr. claude. je trouve sa question tres méprisante et elle concerne justement les gens qui ne pensent pas comme lui

      2. Claude Poulin

        Visiblement je me suis trompé, des pro-Martineau peuvent lire ce genre de texte. Par contre, en terme de discours méprisant, alors là tu me bats à plate couture.

  4. Lynda Cameron

    Je déteste Martineau je ne regarde plus tva le jour à cause de lui ….

  5. sp1n3r

    juste MERCI quand jai vue le tweet qu’il avait envoyé, jai lu son texte(quelques lignes très espacés) et j’ai simplement eu envie de lui dire;
    -First arrive en 2012; le FLQ c’est vieux en criss (mauvais exemple de sa part)!
    -Secondo Ton texte semble juste nous montrer a quel point TU es frustré de la vie et en reviens pas que les étudiants ai réussi la ou peut-etre tu as échoué ?!

    pis finalement javais a peut près 35 a 45 lignes de texte lorsque j’ai décidé de fermé la page web pour cause que je me suis rendu compte a quel point moi-même ; je tombais dans l’absurde en lui répondant.
    Shit qui est fort pour nous amené là ou l’on ne veux pas, Voyez, je recommence ici 😉

    « -Martineau , tout comme Mme courchesne, Mme Beauchamp, Mr Tomassi , Mme Bev oda, Mr Charest …et bientot Mr Gérald Tremblay , prennez donc des vacances, ca a l’air que ca leur réussi, on ne les revois plus du tout 😉 😉

    sorti de scene , « -par ici mr Martineau! clap clap clap clap

  6. […] Comprendre Martineau (1) Littérature […]

  7. « Tandis que Martineau, du haut de son secondaire cinq, se prononce allégrement sur des problèmes compliqués de géopolitique, de justice distributive, de démographie et de finances publiques. »

    Vous tenez ça d’où qu’il a seulement un secondaire 5?

    1. Luc Vaillancourt

      Il a abandonné ses études au cégep André Laurendeau avant d’avoir obtenu son DEC.

      1. Merci de nourrir ma curiosité… 😉

  8. Paul

    Intitulez votre prochain billet « DES PÉDOPHILES GAUCHISTES RADICAUX HABITENT PRÈS DE CHEZ-VOUS! » Il y aura de meilleures chances que son public le lise…

  9. B.Martel

    C’est partagé , jdem et le groupe tva c’est terminé pour moi jusqu’au jour ou il aura un changement sur la propagante de ce réseau.

  10. Brigitte

    Moi non plus je ne l’aime pas Martineau, je le trouve prétentieux, arrogant, condescendant et le pire…Il se croit !

    1. Vincent

      Ouin, c’est un peu le propre de l’arrogance, de la prétention et de la condescendance de démontrer un excès de confiance en soi…

  11. […] de discours: argumentation < jgodro Get flash to fully experience Pearltrees Comprendre Martineau (1) <b>La Sainte Famille est un réseau de chroniqueurs ayant pour métier de saturer l’espace […]

  12. El gros

    Faites l’exercice de remplacer le nom de richard martineau par celui de Dan Bigras ou Xavier Dolan et vous aller voir, ça se tient tout autant!!

    1. Vincent

      Non, mais bon, j’imagine que ton opinion a valeur de foi, pour débiter pareille ânerie. Ça sert donc à rien de te prouver que tu as tort.

    2. Mathieu Lemée

      Beau sophisme.

  13. on s'en tape.

    Brigitte, qu’as-tu contre les prétentieux, condescendants et arrogants? problèmes personnels à résoudre au plus criss à l’aide d’un psy à raison de 20 heures semaines, probablement.

  14. Etienne Filion

    Pour les fans de rationalité dans la discussion, je suggère de lire Thinking, fast and slow de Daniel Khaneman où il décrit dans le détail tous les obstacles cognitifs à la pensée / discussion rationnelle. Dit autrement, il fait la démonstration que la rationalité n’est pas le mode « par défaut » du cerveau humain.

  15. Mario Labelle

    On pourrait ajouter une longue liste de noms. En fait ç’est le propre de Facebook et Twitter tout notre schême de pensée est maintenant biaisé, un commentaire de plus de 10 lignes est ignoré et jugé trop intellectuel même les nouvelles à la télé d’état ne sont plus que des grands titres sans analyse et enquête profonde.

  16. infotrad

    Ce que vous oubliez, c’est que le PQ, devant la levée de boucliers contre les nouveaux paliers d’impôt,va se raviser et faire marche arrière, c’est-à-dire descendre plus bas dans l’échelle de revenus pour appliquer son régime. Résultat la classe moyenne va csquer et ce, après que Marois a promis de ne plus faire payer la classe moyenne. Donc, de nouveaux paliers seront créés pour les revenus plus modestes que ceux qui étaient visés initialement. À partir de quel seuil ces nouvelles hausses d’impôt s’appliqueront, je ne sais pas, mais ce ne sera sûrement pas à partir de 130 000 $. C’est à suivre. En passant, je dis bravo à Richard Martineau, il faut des râleurs dans notre société. C’est grâce à des « nuls » comme lui que le Québec est en train d’éradiquer la corruption gallopante qui sévit.

    1. Mathieu Lemée

      Mais comme ce n’est sûrement pas grâce à Martineau que l’intelligence du lecteur va s’améliorer, il y a de bonnes chances pour que cette corruption galopante se repointe le bout de son museau assez vite, car ce type de lecteur sera trop naïf pour ne pas le voir venir. Les corrupteurs s’ajustent, pas les incultes.

  17. M_Pier93

    Et moins de fautes d’orthographe aussi.

  18. infotrad

    Je publie ici l’intégralité du dernier blogue de Richard Martineau. Il est percutant et va droit au but
    « (…) :si tout ce qu’il fallait, pour arrêter ce manège, était de surveiller cette faune de près, pourquoi on ne l’a pas fait avant ?

    Pourquoi cela a-t-il pris tant de temps pour mettre un peu de pression sur cette bande d’arnaqueurs ?

    Ne me dites pas que personne en haut lieu ne savait ce qui se passait, je ne vous crois pas.

    Après tout, on parle ici d’un système hyper huilé, qui implique des tas de gens et qui, selon les dires de plusieurs entrepreneurs, dure depuis des années…

    Et tout ça aurait pu se dérouler sous nos yeux et notre barbe sans que personne ne sache rien ?

    Racontez ça à d’autres…

    Quant à monsieur Charest qui ne cessait de répéter que la tenue d’une commission d’enquête publique ferait dérailler les enquêtes menées par les policiers : la commission Charbonneau siège depuis plusieurs jours, et à ce que je sache, aucune enquête policière n’a encore pris le champs…

    Et quand c’est le temps de traiter d’affaires en cours, on impose un huis-clos…

    Bref, tout baigne, il n’y a aucun problème. Le système prouve qu’il peut à la fois mener une enquête publique et des enquêtes privées.

    Pourquoi l’ex premier ministre s’est-il opposé à la tenue d’une commission d’enquête, alors ? »

  19. Mélanie

    J’ai vu en entrevue M. Martineau avouer qu’il est schizophrène. Devrait-on laisser des personnes atteintes de maladie mentale diriger l’opinion publique?

  20. Mélanie

    Excusez, pas schyzophrène, bipolaire, aux franc tireure émission 361.

  21. Marc-André

    Il est d’usage commun de joindre une part de subjectivité, d’interprétation d’une chose ou d’une autre à l’emploi du verbe « penser ». Je pense, je présume, mon avis est, sont tous autant de synonymes dans l’utilisation que l’on en fait dans la vie de tous les jours.

    Précisément, comme vous l’écrivez avec tant de justesse, plutôt que de révéler le résultat d’une rationalisation de la chose observée, « penser » chez Martineau se confond jusqu’à s’y fusionner avec « opiner ». C’est bien de cela dont relève les torchons Martinéen : de l’opiniatreté à l’égo démesuré crié jusqu’à saturation de l’espace médiatique, et bien ancrée dans un anti-intellectualisme de droite.

    Encore bien triste que certains « opiniatreux » se reconnaissent dans le désert intellectuel du Martineau en qualifiant ces médiocrités de journalistiques.

  22. Je me demande comment ce cher Martineau est devenu journaliste. Bon on dit qu’il a abandonné ses études avant la fin de son CÉGEP. Je me demande à quelle école journalistique il s’ est formé? S’il n’a été formé dans aucune école reconnue, il serait peut-être bon qu’il retourne sur les bancs de l’école… il n’est jamais trop tard pour apprendre! Merci à l’auteur de cet article: « la Sainte Famille », un cours journalistique 101 pour M. Martineau rendu public.

  23. Alain Thomas

    Mais d’ou tenez vous l’info?

  24. Alain Thomas

    Oops je crois qu’il y a de petits problèmes techniques sur votre site. Je voulais savoir, vous dites que Martineau a laissé ses études au cegep André Normandeau, mais ou est la références que nous puissions vérifier svp. Merci.

  25. Alain Thomas

    Martineau, comme les autres de son genre ne sont que des outils qui cachent bien plus important. Je vous conseille le livre de Richard Le Hir «Desmarais. La dépossession tranquille» qui vous donnera une idée que les Martineau du Québec et du Canada ne sont qu’une petite partie d’un tout.

  26. Jean

    Richard Martineau est un chroniqueur; effectivement, à titre de chroniqueur (pas à titre d’éditorialiste), il commet beaucoup de coups de gueule, souvent d’une manière radicale et vraiment pas assez nuancée. Cependant, il a aussi signé plusieurs chroniques solides (pas nécessairement sur le plan politique) avec une argumentation simple, et même lumineusement simple, reflétant par moments un gros bon sens trop souvent oublié. Généraliser son comportement à partir de chroniques qui nous déplaisent risque de faire tomber dans les mêmes abus que ceux qui lui sont reprochés lors de ces chroniques qui manquent d’éclairage et de nuances.

    1. Paraclet

      Jean, votre réaction est compréhensible. Mais lisez les deux autres textes de cette série consacrée à Martineau. Vous verrez que le propos contenu ici ne relève pas d’une généralisation abusive. Il s’appuie sur une tendance profonde de la production de Martineau. Une tendance à la sophistique que n’excuse pas l’étrange prétexte qu’il est « seulement » un « chroniqueur ».

  27. Gilles Champagne

    À lire les commentaires ici, il y a sûrement plusieurs egos qui peinent à franchir les portes. Probablement que ça vous avait échappé que M. Martineau fait dans l’opinion et qu’il n’a pas un espace infini pour faire des démonstrations empiriques. M. Martineau remplit un besoin parce qu’il est le reflet d’une grande portion de la population qui existe et qui a le droit de penser malgré tout le mépris que vous lui réservez. J’ai souvent été à même de constater que le « gros bon sens » est plus adéquat que les grandes théories qui ont le défaut de ne pas trouver d’assise solide quand elles sont confrontées à la vie quotidienne.

    1. Paraclet

      Trois choses, monsieur Champagne : 1) le texte montre justement ce que Martineau aurait pu faire, dans l’espace et le genre qui sont les siens, pour « démontrer empiriquement » son propos; 2) le mépris dont vous parlez, qui est effectivement déplorable, Martineau en est un champion incontesté: qui sème le vent récolte la tempête; 3) le « gros bon sens » ne nous relie pas de manière privilégiée à la vérité objective. Les faits sont souvent contre-intuitifs. Pour le gros bon sens, disait un de mes professeurs, la baleine est un poisson. Ça vit dans l’eau, ça a des nageoires? Alors c’est un poisson. Un gros poisson. Le bon sens est le dépôt de nos expériences personnelles et il s’avère souvent utile dans notre vie quotidienne. Mais on ne peut pas l’appliquer bêtement aux problématiques abstraites et complexes de fiscalité, de démographie ou de macroéconomie qui exigent des mois, des années de recherche avant qu’on commence à en saisir les variables, les paramètres et les enjeux.

      1. Gilles Champagne

        M. Martineau et les autres chroniqueurs en son genre ne font pas preuve de mépris dans leurs textes. Ils expriment des opinions et se montrent en désaccord avec certains courants de pensée mais ils ne remettent pas en question le droit des gens à penser ce qu’ils pensent. Ce que je trouve choquant dans vos propos et dans les propos d’une certaine élite qui a tendance à adopter une pensée unique, c’est votre manie de sous-entendre que si on pense ce qu’on pense c’est qu’il y a quelque chose qu’on a pas compris et qu’il faut nous éduquer. Vous avez aussi la fâcheuse habitude d’affirmer que certains proposent des solutions simples à des problèmes complexes. Et bien il y a souvent des solutions simples à des problèmes complexes; de toute façon ce qui est souvent complexe ce n’est pas le problème mais l’analyse qu’on en fait. Après tout beaucoup de gens ont intérêt à ce que les problèmes soient complexes, ça donne du boulot et ça nourrit des egos. Finalement, je préfère lire un texte d’opinion de quelqu’un qui affiche son nom qu’une dissertation de quelqu’un qui utilise un pseudonyme. Et surtout, est-ce que paraclet ne désigne pas le concept d’intercession même en faveur de l’ennemi? Au plaisir.

        1. Paraclet

          Inutile d’insister, évitons de partir un dialogue de sourds; au plaisir, M. Champagne.

  28. ADesgag

    Quelques mois après l’écriture de cette trilogie sur Martineau, j’en fais la découverte et je suis plutôt satisfait. Plusieurs billets ont été écrits sur Martineau, dont des très bons, mais j’apprécie beaucoup la rigueur de ces Comprendre Martineau qui démontre une certaine compréhension de ce qu’est un journal.

    Trop souvent ces derniers temps, le discours critique plutôt à gauche à été simplifiés. Par exemple, pour beaucoup, La Presse est devenu à leurs yeux une sorte de complot du patronat fédéraliste où même le vieux Foglia serait un pantin du père Desmarais. Les tenants de cette « nouvelle » droite québécoise et canadiennes en générale reprennent la thèse de leurs homologues états-uniens voulant que les gauchistes ont depuis longtemps pris le contrôle des salles de presses.

    Bref, beaucoup trop détracteurs de Martineau agissent par complaisance idéologique. Ce cher Richard penche à droite, donc il est un mercenaire à la solde du patronat et patati patata…la façon dont il défend ses positions est secondaire, c’est ses positions qui sont le problème. Autrement dit, le problème pour eux est que Martineau dit n’importe quoi « à droite » et non qu’il dit n’importe quoi tout court.

    J’ai commencé à lire activement Martineau en 2004. J’était encore ado et je commençais à m’intéresser aux chroniqueurs. Le fait que je le connaissais par la télé et que ses textes au Voir étaient facilement trouvable en lignes m’ont attiré vers lui. Son premier blogue est apparu à cette même époque. J’ai donc pu voir l’espèce de glissement idéologique qui s’est accéléré avec son changement de Journal en 2006. Je n’en pouvais plus de ses chroniques et billets systématiquement orientés sur l’islam, puis sur les « accommodements raisonnables », notion qu’il a contribué à déformer dans le discours publique.

    J’ai fini par comprendre que le problème avec lui était que son style était resté celui du chroniqueur de cinéma qu’il était à ses débuts. (Il évoque d’ailleurs le fait qu’il a étudié le cinéma dans cette chronique. http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2007/08/20070830-072300.html) Une chronique de Martineau ne traite pas tant d’un sujet que du film qu’il s’est lui-même fait du sujet. Son mépris des faits, je l’ai réellement compris quand je l’ai lu affirmer ceci « L’onde de choc de Mai 68 s’est fait ressentir partout. Au Québec, il a donné naissance à la Révolution tranquille, au mouvement souverainiste et aux cégeps. », affirmation chronologiquement farfelue, mais représentative de l’oeuvre du personnage.

    Bref, j’ai compris que le style Martineau était dénué de faits précis et bien présentés et d’examen sur le « terrain ». On retrouve davantage des spéculations au fondement faible défendues à grand coups de métaphores imagées. Des fois, pour appuyer son popos, il évoque un argument soutenu par l’auteur d’un essaie qu’il a lu. La relecture de vieilles chroniques du Voir, alors qu’il était plus à gauche, m’a confirmée qu’il a toujours eu ce style peur rigoureux.

    Je songe d’ailleurs à prochainement faire la lecture de son livre de 1990 « La chasse à l’éléphant : sur la piste des babyboomers ».

Laisser un commentaire