De tout et de rien de fin d’année

La fin du monde n’est pas encore pour demain

Tite-Live (Historien latin, 59 avant Jésus-Christ)

 

Quebecor

Lue une offre d’emploi inusitée sur le babillard de mon dépanneur. L’hebdomadaire Le Réveil recherche des camelots. C’est urgent. On rémunère les intéressés en «argent comptant» peut-on y lire avec un nom – Dominique Quelque chose – et un numéro de téléphone. Quebecor ferait-il du blanchiment d’argent dans mon arrondissement ?

Le Réveil

Le pdg local de Quebecor sent le besoin de faire, dans la dernière livraison de ses hebdos gratis, une mise au point sur l’article concernant la Fédération des Québécois de souche bourrés de préjugés racistes. Il qualifie le papier «d’intéressant» malgré le fait que le témoignage anonyme du porte-parole de cette fédération manipulait des statistiques sur le sujet et se vidait le cœur sur le dos des travailleurs immigrants. Le pdg nous laisse même croire que ses hebdos, remplis de vieilles nouvelles et de pubs maison, offrent à ses lecteurs un autre «scoop». Et dire qu’une bonne partie de la population régionale ne lit que ces feuilles de choux pour s’informer.

Fatima et Steinberg

Il y a un vent de panique patrimoniale qui semble souffler du côté du conseil municipal de Saguenay. Après avoir démoli un nombre incalculable de vieux édifices et de quartiers populaires, la Ville sent le besoin de conserver ce qui reste. On apprenait cette semaine qu’elle examine un plan B dans la démolition de l’église Notre – Dame – de – Fatima, malgré le fait que les conseillers et le maire en tête ont donné le feu vert au contracteur pour la raser. La sortie samedi dans Le Quotidien du Ministre des affaires municipales, Sylvain Gaudreault, en faveur de sa conservation pour des raisons architecturales et historiques vient mettre un peu plus de pression sur la Ville. Mardi prochain, une réunion est prévue avec le conseiller Georges Bouchard, qui a cette patate chaude dans les mains, au local des retraités de l’Alcan, rue Saint – Léandre, pour connaître les intentions de la population. Il faut s’y rendre nombreux pour dénoncer l’aveuglement et les intérêts étroitement financiers dans cette démolition…pendant que le maire disparaît un temps en croisière, en Espagne, pour démarcher une autre multinationale bidon.

La panique patrimoniale souffle aussi du côté d’Arvida. La Ville vient d’acquérir, au coût de 800 000$, l’édifice qui abrite la bibliothèque exigüe du Carré Davis. Ce bâtiment a été construit en 1942 par la famille Steinberg de Montréal, l’un des premiers marchés d’alimentation au Québec. La Ville entend réaménagé les locaux de la bibliothèque et revamper l’édifice d’ici quelques années… On aurait dû faire la même chose avec celle de Jonquière, choisir un bâtiment patrimonial à rénover au lieu de tout défaire pour faire du neuf. Les élections s’en viennent, le conseil municipal semble davantage à l’écoute de la sensibilité de la population, on dirait. À tous les quatre ans, il se met en mode écoute.

La chanson du 175e de Mario Pelchat

Je me demandais pourquoi avoir choisi Mario Pelchat comme auteur et interprète de la chanson du 175e, que tous les Bleuets montréalais fredonnent depuis bientôt un mois alors que nous ici essayons «désespérément» de l’entendre. C’est vrai que le chanteur de charme fait l’unanimité chez la population silencieuse davantage qu’Alex Jones de WD-40 ou que Fred Fortin, malheureusement. J’ai retrouvé le texte de la chanson sur le site du 175e, que Mario a sans doute rédigé «bénévolement». Le vocabulaire religieux y domine avec force : gens de vertu, siècle béni, à la croix de nos terres, et les prières à faire. Et ce penchant pour la dive bouteille comme si cette chanson pouvait être décodée comme une confession à peine voilée, levons nos verres amis

Jusqu’ici la diaspora semble faire ses choux gras de notre 175e.

Le 175e de Quebecor

Comme commanditaire sénior, Quebecor contrôle toute la pub de nos chères Fêtes du 175e. Une animatrice/TVA du matin de Québec a promis de parler de nous sans arrêt et venir passer ses vacances dans «notre belle région», les spots publicitaires vont nous bombarder sur toutes les plateformes de l’Empire. Réjean Tremblay va utiliser le mot «saguenéen» et «bleuet» à toutes les deux phrases dans Le Journal de Montréal/Québec/SLSJ et sur le réseau des sports de TVA et j’en passe. La directrice des Fêtes a vite compris le message du maire qui n’aime que les médias populistes près de la population et de lui-même. C’est le retour d’ascenseur habituel.

Ah oui, au sujet de la programmation des Fêtes du 175e, la même directrice a promis en conférence de presse que durant l’année, les artistes vivant dans la région vont être mis à contribution… si le budget le permet. Les artistes de la diaspora d’abord.

Le Gros Champagne ou André Arthur ?

La radio de CKRS tente en vain de regagner son auditoire des années 60-70, exilé depuis dix ans à CKAJ. Elle a converti le Gros Champagne en animateur du midi ancré à La Baie. Si vous avez le malheur d’écouter ça, c’est un bad trip dans le temps. Il laisse le micro au conducteur de bus – ex – ministre fédéral déchu – André Arthur, qui littéralement vomit sur tout ce qui bouge avec des propos sexistes, racistes (la semaine dernière en parlant du Ministre des affaires culturelles Maka Kotto), anti – syndicalistes et de droite à soi. Champagne se limitant à lire ses pubs de restaurants et de caisses populaires. Le renouveau de CKRS passe désormais du côté d’André Arthur et du maire Tremblay qui se paye une demi heure de micro dominical en janvier 2013. La radio parlée atteindra des profondeurs insoupçonnées dans la région.

13% des Québécois auraient voté pour Stephen Harper

Selon un récent sondage, le Premier Ministre du Canada actuel est de moins en moins populaire au Québec. 13% des électeurs québécois voteraient pour lui si on tenait des élections. C’est trop, à mon avis. Faut convaincre ces 13 % – là de réfléchir un peu plus avant de poser un tel geste.

Michael Moore

Dans le Courrier international du 15 décembre 2012, un texte du cinéaste Michal Moore, « Arrêtons notre folie meurtrière » sur la prolifération des armes à feu chez notre voisin du sud. Les Etats-Unis sont responsables de 80% des morts par armes à feu dans les 23 pays les plus riches du monde… et revoir son film Bowling for Columbine (2002) pour essayer de comprendre ce qui se passe dans ce pays qui trop souvent tire avant de parler.

Effacer la brique

À Chicoutimi, coin Bégin et ruelle Lévis, on recouvre actuellement une maison en briques de deux étages comprenant plusieurs logements avec du revêtement de vinyle. On n’a pas enlevé la brique, on pose les planches directement sur elle. J’imagine que la Ville a permis de genre de modification. Qu’est-ce qu’on a contre la brique dans cette ville ? Pour des raisons d’économie on défigure une maison, un quartier, à la fin une ville.

Arthri Soft soulage tout ou presque

Au Faubourg Sagamie, une madame vend un produit miracle, Arthri Soft, qui soulage tout. L’arthrite, l’arthrose, la bronchite, les sinus, les migraines, les douleurs dentaires, les jambes lourdes et stimule l’énergie, permet de mieux dormir, etc. La madame me dit que son remède miracle contient une quinzaine huiles essentielles comme la menthe, l’eucalyptus, le girofle, etc. Elle est la seule distributrice d’Arthri Soft dans la région. Le grand patron reste à Trois-Rivières, le produit est fabriqué à Montréal. Je lui demande si Arthri Soft peut enrayer la montée de la droite… Elle me dit de l’essayer chez ceux qui en sont atteints. Je lui dis que je vais repasser plus tard.

À lire : Dictionnaire de la révolte étudiantes (Du carré rouge au printemps québécois), des Editions Tête première, 228 pp., 2012

Des artistes, étudiants, intellectuels, journalistes, professeurs expliquent le mouvement étudiant en 118 mots. Belle lecture des Fêtes pour évoquer l’année rouge. Des textes lumineux qu’on aurait envie de tous citer. Un extrait tout de même du mot enfants – rois défini par le prof – écrivain de Québec, Gilles Pellerin :

«… ils sont destinés à rester à jamais des enfants. Ils n’ont pas le droit de devenir des citoyens ni surtout celui d’afficher leurs idéaux – puisqu’ils ne peuvent de toute évidence en avoir ».

 

Pierre Demers, poète rouge d’Arvida

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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