La fiancée américaine

La fiancée américaine

Un siècle d’yeux sarcelle, de Madeleine, de taches de naissance en forme de clé de fa. En Amérique, en Europe, dans toutes les villes, les villages, les patelins, l’histoire d’une famille étrange, singulière. Madeleine l’Américaine, avec qui tout commence, Madeleine-la-mére, l’aînée, l’aïeule, celle qui meurt une fois, pour se reposer, puis une deuxième fois, pour de bon. Madeleine la plus jeune, puis Madeleine l’Allemande, Magda. Toutes reliées, ensemble malgré la distance, malgré les secrets, les tabous, les non-dits, les non-sens, les histoires. Un siècle d’hommes forts, d’hommes fiers, aussi. Un siècle d’amours impossibles, déçus, déchus, perdus en mer ou morts de vieillesse.

Rivière-du-Loup, 18e siècle, les premières Madeleine. Les premières histoires, racontées de bouche à oreille, puis d’une oreille à l’autre, éparses. De père en fille, de maison en couvent, en église, en village. Qui font rêver les uns, pleurer les autres, qui portent l’espoir, forgent les souvenirs, se multiplient au fil des années. Des récits rassembleurs, voyageurs, qui ne craignent ni le temps ni l’espace. Qui migrent vers l’Allemagne nazie, en plein cœur de la Seconde Guerre Mondiale, qui y laissent leurs traces indélébiles avant de fuir à Rome, de se transformer en lettres, en cahiers. Mille histoires qui s’entrelacent, qui s’entremêlent, qui se tricotent une aventure, une épopée, une légende grandiose. Une couverture de laine réconfortante, qui fait du bien au cœur, aux yeux, à l’âme.

À lire avec attention, pour ne perdre aucun mot, aucune phrase, pour en saisir tout le sens, la beauté, la subtilité, pour en savourer les nuances. À lire par temps froids, pour se réchauffer, pour oublier la neige, l’hiver, le vent. Pour s’évader quelque part entre Königsberg et Rivière-du-Loup, entre la misère du quotidien et la fantaisie, entre l’ordinaire et le merveilleux. À lire pour la richesse des mots, pour la douceur de la prose, emmitouflé, pour s’émouvoir, s’émerveiller.

 

Un peu plus de cinq-cent pages, aux Éditions Marchand de Feuille, par Éric Dupont,

La fiancée américaine,

Un délice.

Commentaires

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3 thoughts on “La fiancée américaine

  1. Madeleine

    Merci pour cette belle critique, qui évoque l’ame et l’atmosphére de ce fabuleux roman sans en vendre la mèche.

  2. Justin

    Très belle critique! Tu fais honneur à cette magnifique épopée qu’est La fiancée américaine.

  3. Bonjour, jolie critique ! Je viens de lire ce livre, superbe ! Vive les conteurs québecois !

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