Un moment d’égarement et d’impatience

«Action de s’égarer, de perdre son chemin» dit le dictionnaire Littré au mot égarement. Et au mot patience, « vertu qui fait supporter avec modération et sans murmure ce qui tarde».

Ce soir-là, j’ai perdu mon chemin, je me suis égaré, plus ou moins volontairement. Dans un lieu qui pourtant me semblait familier. Je m’en excuse. J’ai aussi perdu patience.

Ce n’était pas une bonne idée de placer ainsi un appel aussi déplacé. Mais ce n’est pas un appel à la bombe que j’ai fait alors. C’est, je crois de plus en plus en y réfléchissant après le mauvais coup, un appel à la population, un appel à l’indignation.

Je ne suis pas un poseur de bombes. J’écris des poèmes et des textes pamphlétaires de circonstances atténuantes. Je fais des films documentaires atypiques. Je m’interroge avant tout sur la grande noirceur environnante. Je suis un empêcheur de penser en rond.

J’ai perdu patience.

Je voulais qu’il arrive quelque chose pour dénoncer la réjouissance forcée, n’importe quoi. Je me suis compromis.

Il me restait sans doute un surplus d’indignation de cette saga que je n’ai pu refouler. Elle a pris le dessus sur le reste, cette indignation. J’ai eu un moment d’égarement, un moment d’impatience. Je trouve qu’ici, dans cette ville qui se veut pourtant particulièrement transparente, il est de plus en plus difficile de ne pas s’égarer comme je l’ai fait ce soir-là.

L’impatience est aussi difficile à contenir parfois. Mon souci sans doute trop appuyé du bien commun et mes convictions m’ont poussé à l’excès. Il y a plein de donneurs d’opinions, de politiciens autour de nous qui, à chaque fois qu’ils ouvrent la bouche, font, à leur manière, des appels à la bombe.

Ma sensibilité a le défaut de les remarquer. J’ai le tympan fragile malgré mon âge. J’essaierai à l’avenir de mieux contrôler mes moments d’égarement et d’impatience.

Pierre Demers

Poète et cinéaste rouge d’Arvida

Le 19 février 2013

 

Commentaires

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8 thoughts on “Un moment d’égarement et d’impatience

  1. Martin P

    Quelle belle façon de se déculpabiliser, les politiciens pose des bombes à leur manière… Bravo, belle façon de se dérober du geste commis. Tu mérite d’aller réfléchir au trou.

    1. Eric

      Ouff!!! Pas facile de prendre ses responsabilités… surtout quand c’est un geste prémédité!! Le rôle de victime passe toujours bien!

  2. Si tu ne t’étais pas fait prendre,ta contrition malhonnête de ton geste déséquilibré n’aurait jamais eu lieu. Tu mentionnes  » il est de plus en plus difficile de ne pas s’égarer comme je l’ai fait ce soir-là. « ……va te faire soigner le névrosé. Je déménagerais à ta place, c’est gênant!

  3. Sammy

    Tant qu’on traitera comme crime de simple coup d’éclat visant à nous faire ouvrir les yeux, la corruption en système organisé aura longue vie. Solidarité

  4. Sylvain Caron

    Rien d’étonnant venant d’un faux intellectuel, reconnu coupable de plagiat. Tu te penses tellement au-dessus de tout, ça va te faire du bien de redescendre un peu. Dommage que tu continues par contre à nous emmerder avec tes textes moralisateurs unidirectionnels. Je pensais que tu nous laisserais tranquilles plus longtemps que ça. SVP, arrête de signer poète rouge d’Arvida, ça enlève de la noblesse à cet art qu’est la poésie (vu que tu copies, de toute façon) et ça écoeure les gens d’Arvida de savoir que tu habites là

    1. Jacques Lavoie

      Quelles sont ces accusations de plagiat? Quelles sont les oeuvres qu’il aurait plagiées? Références s.v.p.

  5. Sylvain

    Pourais-tu être aussi clément?

  6. Jacques Lavoie

    Malgré cet agissement inconsidéré et très dommageable, il me semble que M. Demers mériterait estime et respect pour son implication dans le domaine artistique et son action engagée, durant de nombreuses années, à débusquer et à dénoncer les manigances et abus de l’administration Tremblay. Il s’est tellement investi corps et âme dans ce combat pour la démocratie à Saguenay, que la frustration et le dépit ont fini par affecter sa patience et son jugement au point de s’emporter dans un tel geste désespéré, bête et malheureux d’appel à la bombe. Ça ne lui ressemble pas. Il me semble évident qu’il devait être très affecté au moment de poser ce geste qui n’a servi à rien d’autre qu’à se mettre lui-même hors-circuit durant cette période critique d’élections municipales. Tout en déplorant le geste et ses résultats, témoignons à cet homme sincère et engagé nos remerciements pour son travail de critique vigilant et souhaitons-lui un prompt rétablissement.

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