Sels de bain et photos virales

« Sels de bain, ça fait référence à la drogue qui a eu un effet viral sur internet et le côté « girly » du mot. » Cette seule phrase de l’auteure, Stéfanie Requin Tremblay, exprime bien ce qu’on retrouve dans la centaine de pages du photoroman Sels de bain : viralité et intimité féminine.

Dans ce livre, quelque part entre roman illustré et photos avec légendes, Stéfanie s’inspire d’histoires de Facebook et de Hotmail (pas de Twitter, désolé pour les adeptes, c’est pas assez viral) pour témoigner d’histoires vraies et d’autres inventées. En fait, ce sont cinq histoires liées ensemble, dont une grande partie est basée sur du fait vécu alors que le reste tient de la fiction. Juste assez pour ajouter un peu de piquant au roman. Cinq histoires assez liées à mon avis pour ressembler à une même histoire divisées en chapitres. Cela s’explique entre autres par le fait que le déroulement de chacune d’entre elles suit un même modèle. « Des histoires qui parlent d’ennuis, qui finissent en queue de poisson, mais qui sont intéressantes quand même », confie Stéfanie en riant. D’autant plus que celles-ci ont toutes un propos semblable; Sels de bain trouve sa place dans l’intimité virtuelle des réseaux sociaux. « Internet, c’est ma matière première depuis Rincebook que j’ai écrit au moment où Facebook commençait à vraiment devenir populaire [édité en 2011]. Mais, mon livre ce n’est pas une critique d’Internet pour autant. Il y en a qui s’inspire d’autres artistes, moi c’est de ça dont je m’inspire », explique l’auteure.

Le virtuel n’est pas seulement présent dans le propos du photoroman, il l’est aussi dans le visuel. Sans avoir fait de décompte très scientifique, on peut estimer que l’auteure a contribué au ¾ des images de l’ouvrage, alors que le reste provient d’Internet. Les photos de Stéfanie sont reconnaissables à leur esthétique très années 80, en grande partie à cause de l’agencement des couleurs et de l’arrière-plan bleu-clair. Le reste fait plus « récent », elle a tiré ces images d’échanges en clavardage, de son fil d’actualités Facebook, de temps perdus à naviguer sur la toile, bref d’un peu partout. « Je suis souvent associée au kitch, mais dans Sels de bain, c’est plus l’esthétique du malaise, comme quand tu regardes un gars qui fait un trip de sels de bain sur YouTube, ou comme « Gangnam Style » », indique-t-elle. Cependant, ces images ne viennent souvent que complémenter l’histoire; elles sont l’illustration d’un détail de celle-ci. Ses textes sont effectivement assez détaillés même s’ils traitent de la banalité, du quotidien. « Dans les chroniques que j’écrivais pour Mauvaise Herbe en juillet, je m’inspirais de la réalité en décrivant tout dans son ensemble dans le plus petit détail et ça marchait. Les gens me disaient qu’ils aimaient ça, donc j’ai décidé d’aller vers ça dans mon livre », dit Stéfanie. Bref, c’est un livre qui se lit bien, un livre léger dans un univers où l’actualité est lourde, un livre qui fait sourire, un livre qui nous réconforte dans notre dépendance aux internets.

Lancement

Stéfanie Requin Tremblay lancera son livre au Sous-Bois le vendredi 1er mars prochain au Sous-Bois. Pour l’occasion, la formation électro montréalaise Le monde dans le feu sera en prestation. L’entrée est gratuite.

Le photoroman en question sera en vente au lancement sinon, il est principalement disponible sur Internet. (De toute façon, ceux qui n’ont pas Internet ne comprendront probablement pas une bonne partie du livre.)

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