Une soirée régionale et familiale

18 heures, mercredi le 13 mars. Le hall du Théâtre Banque Nationale est bondé pour le cocktail préouverture du Festival REGARD sur le court métrage à Saguenay qui met la table à la troisième soirée régionale du Festival. Luc Picard est décontracté au milieu de la salle en sirotant une bière et en jasant avec tout un chacun. C’est le rendez-vous des cinéastes et des gens du milieu culturel régional, une célébration qui ressemble à une fête familiale.

Après deux ou trois bouchées, une coupe de vin et quelques discussions, la soirée de courts métrages régionaux combinés à une série de sept portraits de réalisateurs régionaux, tournés par sept autres réalisateurs régionaux, des « vu par », débute. La plupart des portraits étaient assez humoristiques. Alain Corneau avait averti la foule que son court allait être assez corsé et ça s’est avéré : il a fait connaitre la passion de Sébastien Pilote pour le café et pour le métier de barista dans les deux minutes qui lui étaient accordées pour réaliser son portrait. Éric Roussel, quant à lui, a bien fait rire la foule avec son portrait de Philippe-David Gagné, en « diminuant » ses qualités de réalisateurs. La réaction du public a été la même pour l’autre court métrage du réalisateur, Cracker Jack. Yohan Gasse a pour sa part eu l’idée de s’entretenir avec Michaël Lalancette pour faire son portrait. Il s’en est pris aux animateurs de radios poubelles en ridiculisant leur incompréhension en ce qui a trait au milieu culturel « subventionné ». Claudia Chabot vue par Samuel Pinel-Roy, quoique moins drôle, m’a beaucoup plus aussi. Elle expliquait pourquoi elle avait décidé de vivre de son art au Saguenay-Lac-Saint-Jean, le tout devant des images du Saguenay, plus spécifiquement d’Arvida pour la plupart (ça a dû faire plaisir à Carl Dufour, qui représentait la Ville à la représentation).

Mis à part les « vu par », on a pu voir d’autres courts métrages de réalisateurs saguenéens. Le public réuni au Théâtre Banque Nationale a eu droit à la première mondiale de In Guns We Trust, un documentaire de Nicolas Lévesque. Pour ce tournage, il s’est déplacé à Kennesaw en Géorgie afin de questionner les adeptes du fusil puisque, dans cette ville, il est obligatoire d’avoir une arme par foyer. On plonge dans un autre monde pendant 15 minutes. C’est vraiment à voir. Sinon, Newton lux de Philippe-David Gagné a particulièrement retenu mon attention. C’est l’histoire de deux adolescents qui veulent vivre leurs derniers moments ensemble alors que l’humanité doit être décimée : le soleil est censé s’éteindre dans quelques heures.

Autrement, si vous aimez être dégoutés ou si vous aimez vivre un malaise, tout en riant, les courts métrage d’Alexandre Rufin et Gabriel Fortin auraient été parfaits pour vous. Ô divin bovin d’Alexandre Rufin montrait l’accouchement d’une vache qui, dans les faits, était la sortie du veau de sa mère à l’aide d’une corde et d’une poulie. C’était d’un réalisme frappant, et dégoutant. Bien réalisé, mais quasi troublant, même en noir et blanc. Gabriel Fortin, lui, avec son Bodybuilding, a tourné un culturiste devant des personnes âgées, visiblement intéressées par le corps du jeune homme aux muscles tendus. C’était drôle, mais étant donné la longueur de l’unique plan du court métrage, on devenait mal à l’aise à la longue.

Bref, une première soirée réussie pour l’équipe de REGARD. La première compétition du Festival a lieu ce soir, jeudi le 14 mars, à 19h30 à la salle François-Brassard du Cégep de Jonquière.

 

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