Le bonheur n’est pas toujours dans la longueur

«Le bonheur n’est pas toujours dans la longueur.» – Luc Picard, lors de son discours d’ouverture du Festival.

La compétition #1 de la 17e édition de REGARD sur le court métrage est déjà passée. C’est non loin d’une fille qui appréciait abusivement les films à voix haute à grands coups de « bravo », de « ben non » et de « t’as-tu vu, y’a fait ça!? » que j’ai pu apprécier les six courts présentés à la salle François-Brassard, en plus du portait Sébastien Pilote vu par Alain Corneau, qu’on avait pu voir à la soirée régionale, hier.

Mon coup de cœur de la soirée : Bonheur à tous de Loïc Guyot. Le scénario de celui-ci est adapté de rien de moins qu’un texte du chroniqueur vedette de La Presse, Pierre Foglia. Le chroniqueur est d’ailleurs un des personnages du film et il est interprété par celui qui est, cette année, le porte-parole du Festival, Luc Picard. On voit, dans Bonheur à tous, deux histoires semblables parallèles. L’une, c’est la narration de Pierre Foglia qui accompagne l’un de ses amis atteints de son cancer alors que l’autre, c’est la femme d’un homme malade qui lui lit la chronique de Foglia qui parle de la maladie de son ami. Le texte rédigé par la plume aguerrie du chroniqueur est excellent et le récit, touchant. Le jeu des acteurs y est pour beaucoup aussi. En effet, l’interprétation du texte par Luc Picard et Pascale Montpetit, la femme de l’homme malade, est sobre et efficace.

Le court métrage d’Evan Morgan, A Pretty Funny Story, a aussi retenu l’attention de plusieurs. Un couple aperçoit son voisin en train de danser étrangement à travers sa fenêtre. Celui-ci les voit l’observer et en découlera un dénouement étonnant. Un mélange de suspense et d’humour bizarre, mais réussi, a fait rire le public et l’a surpris à la fin, un peu à la manière d’une nouvelle. Le suisse Hazel de Tamer Ruggli avait bien ouvert la séance pour placer un esprit cocasse, néanmoins moins décalé que celui d’Evan Morgan. C’est l’histoire d’une mère névrosée depuis qu’elle a quitté son mari qui ne veut pas que son fils Hazel, d’où le titre du film, soit homosexuel. Elle panique donc quand elle le voit danser et manger un popsicle, qu’il semble drôlement apprécié. Pour ajouter à sa folie, la mère consulte une psychologue/voyante dérangée qui fantasme sur le garçon de 12 ans et demi, toujours vêtu d’un polo Lacoste boutonné jusqu’au cou. Au-delà du polo, Tamer Ruggli a travaillé l’esthétisme pour rendre un film inspiré des années 60 : le décor et les costumes colorés ainsi que la trame, « Pata Pata » de Miriam Makeba, ont entre autres été mis à contribution.

On a par ailleurs eu droit à un avant-gout du Panorama arabe avec Buzkashi boys de Sam French. Le film canado-afghan était présenté hier et il le sera encore ce soir, 15 mars, à l’UQÀC à 19h30 aux côtés de cinq autres courts métrages arabes.

 

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