15 ans aujourd’hui

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L’adolescence: ses crises, ses indécisions, ses écartèlements. Pour Guylaine Rivard, qui fête le 15ième de son Théâtre CRI, l’adolescence c’est surtout un grand nombre de possibles. Comme de s’associer au Collectif Les Poulpes pour la création d’un spectacle bien nommé, Avoir 15 ans, qui sera à l’affiche du 3 au 19 avril.

L’association allait de soi, les deux entités ayant établi de nombreuses connexions depuis quelques années. Les Poulpes avaient dans leur collimateur l’adolescence, à la fois comme public et comme sujet, comme point de départ d’une nouvelle création. Elles souhaitaient également explorer les possibilités d’une approche documentaire. Ces deux prémisses, venues aux oreilles de Guylaine Rivard, eurent tôt fait de les mettre sur la voie d’une coproduction. Andrée-Anne Giguère, membre du Collectif et assistante à la direction du CRI, explique la marche naturelle des choses: « On avait envie de travailler ensemble, le CRI avait quinze ans, et nous voulions travailler avec les ados. Tout s’est enchaîné logiquement à partir de là. 15 ans, c’est un point charnière. Les choix s’imposent davantage. »

La création s’est amorcée autour d’un consensus: l’intérêt pour le sujet a précédé le choix d’un public cible. Ainsi, Avoir 15 ans est un spectacle qui parle de l’adolescence, donc forcément aux adolescents. Mais il faut s’attendre à un spectacle grand public, en continuité avec le travail des deux entités, dans lequel, donc, les adultes sont considérés comme interlocuteurs.

Toutefois, les ados ont été considérés dans l’horaire de représentations: des matinées en semaine (le mercredi), ouvertes aux groupes scolaires comme au grand public, et des levées de rideau à 19h en soirée, pour permettre aux plus jeunes de venir et peut-être d’échanger. Ce que souhaite évidemment l’équipe.

À travers différents dispositifs d’échange, allant de l’observation à la discussion en passant par la correspondance écrite, l’équipe a recueilli des confidences qui allaient servir de matériau à la création. Un thème majeur a été facilement identifié tant il était énoncé clairement et fréquemment par les jeunes: la pression. Ce thème englobe beaucoup de facettes, la vie sociale, le futur professionnel, les attentes familiales, autant d’éléments structurants pour les artistes. Anick Martel, l’auteure des Poulpes, a construit le texte autour de cette thématique, utilisant parfois des confidences presqu’intouchées, ou encore la forme générale des propos des jeunes.

Avoir 15 ans a été conçu avec une simplicité volontaire, motivée notamment par l’éventualité de déplacer le spectacle hors des lieux de diffusion traditionnels. Quelques éléments scéniques, comme des rangées de casiers, suffisent à évoquer bien sûr l’école mais aussi d’autres lieux. Cette ouverture souhaitée à l’interprétation se retrouve également dans le traitement libre du thème. Pour Élaine Juteau, il ne s’agissait pas de « s’attarder à différencier l’adolescence des gars ou des filles par exemple. Ce qui était important, c’était « avoir quinze ans », ce que c’est que cet âge-là. » Il faut dire que, sans surprise, les garçons ne se sont pas ouverts autant qu’aurait pu le souhaiter l’équipe entièrement féminine. Un phénomène qu’elles ont en quelque sorte voulu atténuer en intégrant une énergie androgyne à leur jeu, en y variant les niveaux, du caricatural au performatif.

Le CRI et Les Poulpes explorant l’adolescence, ça promet d’être beaucoup plus drôle qu’une séance chez le médiateur familial. Peut-être même pas mal plus efficace aussi!

Blogue sur la création ICI.
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