Colloque: Printemps érable, un an après

Une cinquantaine de professeurs, d’étudiants, de citoyens réunis pour un retour sur le « printemps érable », un an après. C’est arrivé vendredi dernier à l’UQÀC lors d’un colloque organisé par le Groupe de recherche et intervention régionale.

Une quinzaine d’intervenants ont défilé tour à tour pour parler d’un aspect de ce qu’il pense du conflit de l’an dernier. Tous en faveur des revendications étudiantes, certains ont parlé des stratégies de campagne utilisées par les étudiants, d’autres de la sociologie du mouvement ou encore de la couverture médiatique faite par les médias de masse. Le professeur à l’Université du Québec à Rimouski, Yann Fournis, a d’ailleurs fait référence à la couverture alternative qu’ont faite le Voir et Mauvaise Herbe (il faut bien se féliciter parfois). Cela est probablement dû à la contribution de notre collaborateur, Luc Vaillancourt, qui faisait partie des invités au colloque à titre de professeur de l’UQÀC. Il a lui aussi critiqué la couverture médiatique du mouvement, et plus spécifiquement les éditoriaux. Selon lui, les médias de Gesca et Québecor, notamment, ont servi d’instruments de propagande pour le gouvernement en ne confrontant pas ses chiffres à ceux d’autres études.

La professeure Anna Kruzynski de l’Université Concordia, quant à elle, a probablement été la conférencière la plus formatrice de tous. Elle expliquait comment une campagne réussie devait être montée en parallèle avec la campagne contre la hausse de l’an dernier. Anna Kruzynski a entre autres soulevé l’erreur stratégique des associations qui séparent la lutte contre la hausse de 82% et la lutte contre l’indexation en deux campagnes. Pour elle, c’est une seule campagne avec un léger changement de cible. Elle croit aussi que la FECQ et la FEUQ ont erré en se contentant de participer au Sommet sans manifester alors qu’à l’inverse l’ASSÉ a erré parce qu’elle s’est contentée de manifester, en plus de changer d’objectif en tablant maintenant sur la gratuité plutôt que de rester sur le gel.

Les professeurs André C. Drainville (Université Laval); Michel Seymour, Christian Nadeau, Pascale Dufour (Université de Montréal); Jacques Caillouette (Université de Sherbrooke); ainsi que l’ex-leadeur étudiant Gabriel Nadeau-Dubois ont eux aussi partagé leur vision du printemps dernier. En plus de ces allocutions, une table ronde avec Martine Desjardins de la FEUQ, Éliane Laberge de la FECQ et Blandine Parchemal de l’ASSÉ a clos la journée. Les deux présidentes des Fédérations ont été questionnées sur les gains qu’elles disent avoir faits au Sommet que l’ASSÉ a boycotté.

Cette journée était des plus pertinente et enrichissante, mais il y avait peut-être trop d’intervenants pour le nombre de temps disponible. Ceux-ci n’avaient pas le temps de présenter l’ensemble de leur réflexion et la rétroaction des participants était plus faible pour cette raison. C’est tout de même le genre d’initiatives qui devrait être plus fréquent parce qu’elles permettent de réfléchir collectivement sur un enjeu.

 

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5 thoughts on “Colloque: Printemps érable, un an après

  1. Caroline Beaulieu

    Je n’ai malheureusement pas été présente au colloque (bon sang que je regrette!), mais je voulais simplement souligner une légère inexactitude : l’ASSÉ n’a pas changé d’objectif au niveau des frais de scolarité. Le printemps dernier, elle prônait déjà la gratuité scolaire. C’est la FECQ et la FEUQ qui demandaient le gel. C’était d’ailleurs un des points intéressants de la dernière grève : des associations aux objectifs divergentes qui s’unissaient sur un point commun.

    1. Mathieu B

      Si je me souviens bien, ce que Mme Krusinsky expliquait, c’est que l’ASSÉ s’était d’abord engagée dans la grève pour le gel (bien que sa position sur les frais de scolarité ait toujours été la gratuité) et c’est ce qu’elle aurait dû continuer de faire stratégiquement lors du sommet. Elle a changé de tactique en cour de route, ce qui est déconseillé (selon Mme K.), lorsqu’on parle de « campagne stratégique »…

  2. Infotrad

    Au final, les ringuards de l’UQUAM n’auront que coûté temps, argent et désagréments aux contribuables

  3. Comment est-il possible de « réfléchir collectivement sur un enjeu » quand vous pensez tous pareil ? Un troupeau de carrés rouges réunis pour se masturber intellectuellement…

  4. PATremblay

    Hein, comment? parlez plus fort?

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