Les États-Unis et la démocratie

Aux dernières nouvelles, celui qui est devenu le pire ennemi des États-Unis en quelques jours, Dzhokhar Tsarnaev, répondrait à des questions par écrit. Quand il reprendra complètement connaissance, il pourrait être surpris.

On entend de plus en plus souvent que le suspect derrière les attentats de Boston pourrait perdre l’ensemble de ses droits de citoyen étatsunien le temps de quelques interrogatoires du FBI. La loi martiale pour un seul homme alors. Les enquêteurs ont évoqué « l’exception de sécurité publique » pour justifier ce choix. Il n’aurait pas droit au silence ni à un avocat. Comment interdire le silence à quelqu’un sans le torturer? Poser la question c’est y répondre…

Cette nouvelle est triste. Tout humain devrait avoir les mêmes droits. On ne sait pas encore hors de tout doute raisonnable si cet homme a commis les attentats. En fait, on ne sait rien pour le moment, et on s’apprête peut-être à modifier les droits d’un individu parce que ça fait bien l’affaire de « l’AMÉRIQUE ». Des sénateurs républicains comme John McCain se sont d’ailleurs positionnés en faveur de cette exception de sécurité publique, comme ils se sont dits favorables à ce que Tsarnaev, qui a la nationalité étatsunienne, soit maintenant considéré comme un « ennemi combattant ». Ces mesures sont des gifles au visage de l’individu en question, mais aussi au visage de la démocratie.

Lorsqu’on vit dans une démocratie dite libérale, on s’attend à ce que nos libertés et nos droits soient respectés, peu importe ce qu’on fait. Jean-Jacques Rousseau disait : « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ». Mais quand l’État change le contrat social quand ça fait son affaire, à quoi doit-on s’attendre? Parce que, après tout, jusqu’à preuve du contraire Tsarnaev n’est pas un terroriste. On sait qu’il est probablement derrière les attentats, mais on ne sait pas si ces attentats étaient terroristes. Selon Le Robert, le terrorisme c’est « l’ensemble des actes de violence, des attentats, des prises d’otages civils qu’une organisation politique commet pour impressionner un pays (le sien ou un autre). » Il doit donc y avoir un motif politique derrière les explosions, ce qui est loin d’être certain. Pourquoi les autorités étatsuniennes ne lui accordent-elles pas un procès fait dans les règles de l’art? C’est son droit, et son devoir sera de respecter le résultat du procès.

Je ne me fais pas là défenseur de Tsarnaev, je me fais plutôt défenseur de la démocratie. Valeur que nos voisins du Sud croient bon de « défendre » lorsqu’ils s’en vont en mission au Moyen-Orient, mais quand vient le temps de s’en préoccuper sur leur propre territoire c’est une autre chose. Est-ce que c’est parce que c’est un « étranger » naturalisé, mais que son nom reste Tsarnaev? Est-ce que c’est pour faire un « show » politique, une démonstration de force? Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est qu’une atteinte à la démocratie, ça se fait toujours au détriment de nos sociétés.

Commentaires

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2 thoughts on “Les États-Unis et la démocratie

  1. infotrad

    Tant pis pour lui : il n’avait qu’à pas faire sauter des bombes.

  2. Infotrad

    Pas vraiment. Cette démarche permet peut-être d’éviter la banalisation de la violence meutrière aveugle et de régler rapidement le « cas » des semeurs de bombes.

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