La Musique et le futur

Jeudi dernier, deux rendez-vous importants se tenaient simultanément sur le mont Jacob. Le double lancement du Festival des musiques de création et de la Revue Zone Occupée a réuni au delà d’une centaine de personnes autour de ces deux atouts majeurs de la vie culturelle de la région.

Que l’on fréquente le FMC depuis longtemps ou qu’on en soit à sa première expérience, ce qui frappe le visiteur est la grande convivialité de l’événement. Fondé et minutieusement mené à l’âge adulte par Pierre Dumont et par sa complice Odette, le festival a su garder un esprit grégaire et humain, bellement préservé par le directeur Sébastien Maltais. Cette ambiance particulièrement amicale qui caractérise le FMC n’est pas donnée à tous les événements. Au Festival, elle n’est jamais artificielle. Elle provient d’un milieu musical tricoté serré et des racines jonquièroises de la musique actuelle, qui remontent au début des années 1970, par l’entremise notamment des André Duchesne, Jean-Pierre Bouchard et Dumont.

« Êtes-vous russe vous? »

Cette question, qu’on entend rarement au Saguenay, m’était adressée par Duchesne, toujours impliqué dans l’événement. Je l’ai croisé dans l’après-midi précédent le spectacle d’ouverture donné par la formation ZGA, venue de Saint-Pétersbourg présenter son hommage à cent années de futurisme russe. La question de Duchesne, par son incongruité sur notre territoire, est loin d’être anodine. Elle met en effet en évidence l’apport exceptionnel du Festival qui parvient, année après année, à donner un panorama international autant que local sur la musique de création.

Il faut rappeler à quel point cette offre aux larges horizons est précieuse. Car si le FMC n’est pas le seul événement culturel d’envergure internationale étant né et ayant atteint la maturité dans cette région, le triste exemple du Festival international des arts de la marionnette démontre quant à lui que rien n’est jamais acquis dans ce milieu à risque lorsque la communauté n’est pas mobilisée à démontrer son attachement. Ce que les saguenéens et les jeannois désirent, c’est de faire partie de la planète, d’être eux aussi exposés à ce qui se fait ailleurs, que ce soit à Montréal ou Saint-Pétersbourg… question de déjouer les circuits-fermés et l’écrasante uniformité.

Une visite aussi lointaine, en première américaine, a stimulé l’accueil du public rassemblé pour la performance, et cet accueil a en retour offert aux musiciens russes un cadre magnifique pour déployer leurs pièces séquentielles, loin d’être dépourvues de musicalité et de rythme. En fait la performance de ZGA s’est avérée beaucoup plus accessible qu’on aurait pu l’imaginer en les voyant s’attabler devant leurs instruments conçus à partir de breloques. L’héritage de la musique industrielle, bien tangible dans les différentes pièces, s’alliait à merveille avec l’évocation de l’âme futuriste.

La Salle Pierrette-Gaudreault, disposée exceptionnellement de façon centrale, une configuration qu’il serait intéressant d’expérimenter pour le théâtre, a permis de créer une bulle dans laquelle spectateurs autant que musiciens ont pu se considérer privilégiés. Une bien belle rencontre.

Et il est reste plusieurs! Le FMC poursuit sa programmation jusqu’à samedi. Ouvrez l’oeil… et l’oreille!

http://www.musiquesdecreation.org/

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