Intérêts à la carte

Intérêts à la carte

Ce matin, La Presse titrait : “40 fois plus de risques par train que par pipeline”. Pourtant, en retour, je pourrais également affirmer qu’il y a 100% moins de chance de catastrophes sans pipeline, ni train, ni paquebot.

Ce que je tiens à vous dire, c’est qu’au cours des prochaines semaines, des tonnes de médias et d’acteurs différents tenteront de vous faire gobber des tonnes de trucs, en fonction de leurs intérêts (financiers, corpo, environnementaux ou autres). Il sera important pour vous, citoyens, d’être bien au courant de toutes ces influences pour faire un choix éclairé.

Il sera important pour vous de savoir que la compagnie qui détient La Presse (Power Corp) est l’actionnaire principal d’une très grande pétrolière Française nommée “Total”, qui aurait intérêt à ce que les Québécois acceptent la mise en place d’un pipeline au Québec.
Il sera important pour vous de savoir que, peu importe l’indépendance éditoriale de Radio-Canada face au gouvernement, le parti conservateur de Harper pousse son agendas pro-pétrole/pipeline de l’ouest Canadien sur les ondes du média public (à travers divers chroniquers “invités”). Le PLQ, la CAQ et le PQ ont également beaucoup de liens avec l’industrie pétrolière et risquent de proposer des solutions allant en ce sens.

Il sera important pour vous de savoir que certains groupes environnementaux et partis politiques (Greenpeace, Équiterre, Québec Solidaire) militent en faveur de mettre fin à notre dépendance aux combustibles fossiles, et donc contre utilisation d’un pipeline, voire même des trains qui transportent du pétrole, au Québec.

Dans tous les cas, vous devrez faire un choix éclairé, connaissant toute la carte des intérêts de chacun des intervenants de ce débat, et vous devrez, SURTOUT, apprendre à faire des décisons en cessant de penser que pour “gérer les risques” il faut “évaluer les coûts financiers”, car… c’est faux.

Si l’histoire de Lac-Mégantic doit nous servir de leçon à quelque niveau que ce soit, c’est que toute entreprise impliquant des possibilités de catastrophes doit être évaluée en fonction des “coûts humains et environnementaux”, beaucoup plus qu’en fonction des coûts financiers. J’espère que ce sera en fonction de cette dernière approche que vous prendrez tous vos décisions.

Personnellement, je dirais que toute entreprise d’affaires entraînant potentiellement des pertes de vies humaines innocentes devrait être interdite.

Luc Lefebvre
Montréal

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