LE FESTIF! DANS LA COUR DES GRANDS

Avec le Festif, la ville de Baie-St-Paul et la région de Charlevoix peuvent se vanter de posséder un des plus sympathiques festivals de la province et ce n’est qu’un début, car l’évènement en était seulement à sa quatrième édition cette année.

Le Festif porte bien son nom.  De vendredi à dimanche dernier, les rues et établissements du centre-ville de Baie-St-Paul ont été pris d’assaut par une horde de joyeux festivaliers venus faire la fête avec les musiciens, acrobates, jongleurs et autres amuseurs publics à qui on avait confié la tâche de faire de cette édition une réussite.

Forte d’une programmation diversifiée et rassembleuse, la jeune et dynamique organisation du Festif a su relever et même dépasser les objectifs qu’elle s’était fixés en attirant 13 000 personnes de la région et de l’extérieur à ce rendez-vous qui annonce déjà que sa cinquième édition sera prometteuse.

Bref retour sur les spectacles présentés.

Jour 1 :

Vendredi soir, on ouvrait le bal avec Isabelle Simard et Éric Larochelle : deux artistes locaux qui ont brisé la glace de belle façon devant les leurs avec leurs compositions folk et leur univers qu’ils qualifient eux-mêmes de « régional ».

C’était ensuite au tour de Sunny Duval de réchauffer la place pour Daniel Bélanger.  Bien entouré et avec Mara Tremblay à ses côtés, l’ex-Breastfeeders a donné une prestation énergique devant une foule grandissante, mais quelque peu inattentive.  Au son de son rockabilly très ancré dans les belles années du rock n’roll, Sunny Duval nous a donné un bon aperçu de son répertoire et du nouvel album qu’il prévoit sortir d’ici la fin aout.

Vint ensuite celui que tout le monde attendait : Daniel Bélanger.  Il venait présenter le tout premier spectacle de la tournée qu’il entreprend pour accompagner la sortie de Chic de ville, son dernier album.  C’est donc aux côtés des Howlin’hound dogs, le trio rockabilly avec lequel il épouse cette  nouvelle direction musicale, que Bélanger défendait ses nouvelles chansons tout en faisant plaisir à ses fans de longue date en revisitant ses  plus vieux succès avec simplicité et honnêteté.  Cette nouvelle configuration artistique et musicale, axée sur des arrangements plus simples, permet de mettre l’accent sur les paroles et la poésie de l’auteur-compositeur-interprète qui semblait très heureux et ému de l’accueil que lui avait réservé le public.  Pour ceux qui aiment voir un Daniel Bélanger éclaté qui jamme et qui nous fait planer, ce sera pour une prochaine fois, mais la tournée Chic de ville risque tout de même de connaitre un grand succès.

Les festivaliers qui désiraient poursuivre la fête pouvaient se déplacer dans les bars avoisinants la scène principale pour voir l’unique Bloodshot Bill (Bistro du monde) et la dynamique formation Roma Carnivale (Mouton noir) et les quelques chanceux qui avaient pu mettre la main sur un des 300 billets disponibles pour le show de Keith Kouna au sous-sol de l’église étaient conviés à un rendez-vous énergique pour lequel la formation locale les Viandes Froides assurait la première partie.  Kouna et son band sont donc montés sur scène un peu avant 1h du matin pour faire danser une foule déjà réchauffée qui a répondu à l’appel de façon aussi énergique que la prestation qui leur était offerte.  Kouna semble sur une lancée et le Festif en a profité.

Daniel Bélanger

 Daniel Bélanger | © Francis Gagnon

Jour 2 :

La deuxième soirée a pris son envol avec les gagnants du concours organisé par le Festif qui permettait à deux formations émergentes de se produire pendant le festival.  Cette année, il s’agissait du duo féminin Garoche ta sacoche, et son folk théâtral,  et de la formation Les Gars à Botch.

Lorsque Lisa Leblanc est montée sur scène avec ses deux musiciens, la foule était déjà imposante et la jeune Acadienne a su, avec son banjo, son humour et son énergie, créer un contact complice avec les spectateurs tout en balançant ses chansons avec un aplomb et une approche alliant un folk intimiste et une dose de rock propices à un show extérieur.  Elle a confirmé son talent et le fait que Ma vie c’est d’la marde peut déjà être placée sur la liste des hymnes rassembleurs de la musique d’ici à en juger par les chœurs entendus lorsqu’elle l’a entonnée avant de poursuivre avec une reprise surprenante de Aces of Spades de la formation speed metal Motorhead.

Le spectacle Les Colocs pour la vie était très attendu et la foule n’a pas été déçue, car il s’agit d’un projet rassembleur et pour lequel rien n’a été ménagé afin qu’on embarque.  Mené de main de maitre par le guitariste Mike Sawatsky et ses comparses de longue date : André Vanderbiest à la basse, Michel Dufour et Justin Allard à la batterie, Élage Diouf aux percussions et à la voix, le prolifique Guy Bélanger à l’harmonica ainsi que le duo de cuivres auquel les Colocs nous avaient habitués, on pouvait presque croire qu’on assistait au dernier show que Dédé avait donné au FEQ en 1999.  Afin de chanter les mots de Dédé, les Colocs avaient invité Yann Perreau, Damien Robitaille, Éric Goulet et les deux anciens Colocs, Mara Tremblay et Marc Déry, à participer à la réunion.  Et ça en fut toute une!  Du début à la fin, avec énergie et émotions (particulièrement Mara dans Juste une p’tite nuite et Déry dans Le répondeur), nous avons pu renouer avec l’univers unique des Colocs et leur répertoire toujours aussi populaire.  Chaque membre apportant sa touche et son talent, ce spectacle haut en couleur nous aura permis de se rappeler de 3 choses :  Dédé écrivait bien, les Colocs savaient et savent toujours jouer de la musique et leurs chansons résistent presque toutes au passage du temps.  Oui, sans Dédé, c’est pas la même affaire, mais le show mérite d’exister.

Pour ce 2ième soir, l’après Festif principal avait été confié à la formation menée par un autre Fortin du Lac, Fred celui-là, et sa formation Gros Méné qui se produisait au sous-sol de l’église.  Après la formation locale Saranerape, le trio Gros Méné, avec Olivier Langevin Fred et Pierre Fortin, a fait résonner la vieille église avec son rock pesant en enfilant les chansons de son excellent Angus Dei.  Les gens qui étaient présents ont probablement entendu leurs tympans faire du bruit jusqu’au lendemain matin…

Les colocs pour la vie

Les Colocs pour la vie | © Francis Gagnon

Jour 3 : 

Pour la première fois, le Festif comptait une troisième journée qui a été rendue possible grâce à la venue de la populaire formation australienne Cat Empire qui a choisi Baie-St-Paul comme une des 2 escales qu’elle faisait en sol canadien cette année.

En après-midi, plusieurs personnes ont pu assister à la prestation extérieure de Philippe B dans la  place publique de l’Hôtel la Ferme et comme ce fut le cas toute la fin de semaine, les rues de Baie-St-Paul étaient prises d’assaut par des musiciens et par des amuseurs publics venus divertir les gens qui avaient envie de profiter du soleil et des terrasses du centre-ville.

En soirée, l’équipe du Festif avait confié la première partie à l’excellente formation Papagroove qui semblait représenter l’introduction logique au spectacle de Cat Empire.

La foule était composée de curieux, venus découvrir le super groupe australien, et de convertis, provenant d’un peu partout au Québec et d’ailleurs, qui ne voulaient pas manquer un des rares passages de Cat Empire au Québec. Le pari pris par le Festif a été gagné : la foule a répondu à l’appel et n’a pas été déçue, car Cat Empire a livré une prestation professionnelle et bien sentie qui leur aura probablement valu de conquérir plusieurs nouveaux disciples.  Avec une musique aux accents ska, aux structures parfois jazz et progressives et à avec quelques sonorités latines, le groupe a réussi à faire danser la foule qui a pu apprécier le talent et les voix fortes et justes de cette formation atypique qui ne compte aucune guitare.

Après un rappel apprécié, l’animatrice a présenté l’équipe du Festif qui a été accueillie par des applaudissements bien mérités et les plus braves sont allés finir la soirée (et la nuit) au spectacle de Canailles qui, malgré un son parfois imprécis, n’a pas eu de misère à faire continuer la fête jusqu’aux petites heures du matin avec les chansons de l’album Manger du bois et quelques nouvelles compositions.

Bref, le Festif, avec sa programmation au gout du jour, avec son site enchanteur, avec son comité organisateur jeune et professionnel, avec ses bénévoles souriants, avec son originalité, avec son souci du développement local (on pouvait manger et boire des produits « maison » pendant tout le festival) et avec le rayonnement qu’il offre à la région de Charlevoix, mérite de devenir un festival incontournable d’envergure à partir duquel les autres pourront s’inspirer.

The Cat Empire

The Cat Empire | © Francis Gagnon

Merci à Francis Gagnon d’avoir partagé ses photos avec nous.

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :

Laisser un commentaire