Erratum – Sang d’encre

Hier, je publiais une chronique concernant la mosquée vandalisée en fin de semaine dernière à Saguenay.
Dans mon introduction, j’y parlais d’une auberge sur la rue Price où se tenaient des activités de proxénétisme.
Plusieurs aubergistes, se sentant concernés – aurais-je des problèmes de prostitution dont je ne suis pas au courant? – ou encore – vous nuisez à la réputation de mon établissement – se sont manifestés. Je tiens à m’excuser publiquement pour m’être trompée de rue. Vraiment, c’est pas fort. Et en plus, ça met en lumière mon plus grand échec en tant que résidente saguenéenne, je vous l’avoue avec le rouge aux joues et la honte au coeur, je mélange encore – près de 15 ans après mon arrivée ici – les rues Jacques-Cartier et Price (pour les néophytes, ce sont deux rues parallèles, en plein coeur du centre-ville de Chicoutimi). Je sais, c’est poche. Je confonds ces deux rues depuis toujours, en souhaitant qu’aujourd’hui me serve de leçon.

Mes excuses les plus sincères, donc, aux aubergistes de la rue Price.

Cependant, après avoir fait de plus amples recherches – et avec l’aide d’une ancienne collègue journaliste – je confirme qu’une auberge sur la rue Jacques-Cartier a déjà été nommée dans les médias pour avoir tenu des activités de proxénétisme. Mes recherches permettent même d’en ajouter au sujet de ce sombre petit quadrilatère urbain. L’ancien propriétaire de cette auberge (que j’évite soigneusement de nommer, tout de même, mais que vous pourrez situer facilement vous-même) a défrayé la manchette à de nombreuses reprises entre 2003 et 2007 pour des histoires de violence conjugale, de conduite avec les facultés affaiblies, bref, un monsieur pas clean clean. Encore en faisant mes recherches, j’ai trouvé que cette même auberge a été le théâtre d’agressions sexuelles à quelques reprises. Aussi, sur le même coin de rue, plusieurs personnes ont été condamnées pour avoir tenu une maison de débauche. J’ai aussi trouvé un autre article, mentionnant que des membres du Wolf Pack, au moment de passer en cour, étaient accusés d’opérer à Jonquière et Chicoutimi. La plupart de ces faits se sont déroulés entre 2003 et 2010 et sont tirés d’archives des médias régionaux. Quant aux gangs de rues, motards et autres organisations criminelles qui sévissent également en région, les archives régionales regorgent de textes bien croustis. Faites vos recherches sur Google, vous tomberez peut-être des nues.

En ce qui concerne l’autogare, il ne faut pas oublier que j’ai été – dans une autre vie – barmaid à quelques pas de là. J’ai aussi habité sur la rue Racine tout au long de mes études universitaires. C’est dire si j’en ai entendu des témoignages sur le côté brun du centre-ville, et la petite fille de douze ans dont je parle dans ma chronique a existé pour vrai. C’est elle qui m’a ouvert les yeux. D’ailleurs, elle me racontait que ses parents – respectivement juge et médecin – n’avaient pas le temps de s’occuper d’elle. Elle me racontait comment elle avait le sous-sol de sa maison en entier pour elle toute seule. Combien elle possédait une grosse télé, des jeux vidéo, tout ce qu’elle pouvait désirer. Quand je lui ai demandé pourquoi elle se prostituait, elle m’avait répondu: « peut-être qu’un jour, ils vont se rendre compte que j’existe. »

Les « forces en action » décrites dans ma chronique d’hier s’inscrivent dans un écosystème complexe, de rapports de force et de pouvoir, de luttes et d’inégalités. Chicoutimi possède bel et bien son côté sombre, comme toutes les autres villes du Québec, ou du monde…

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