Pourquoi le maire de Saguenay refuse-t-il de débattre ? 10 raisons parmi tant d’autres

 De loin, je pris le cortège des camions de pompiers pour la caravane d’un cirque. Quant au chapiteau, là-bas, c’était ma maison en flammes.

Le blogue d’Éric Chevillard, 2047

 

  1. Je me demandais tout bonnement pourquoi ce maire imbu de lui-même à en crever refusait tout débat en campagne électorale, pendant que je regardais à la télé Radio-Canadienne des candidats à la mairie de Montréal répondre avec empressement à toutes les questions venant des journalistes et des citoyens de tous les arrondissements ? Je me demandais pourquoi lui, refusait de jouer le jeu de la démocratie au moins une fois à tous les quatre ans, du moins de faire semblant ? Lui qui pourtant tenait le moment des élections pour sacré. Et je me disais que la première raison pour laquelle il refusait de jouer le jeu du débat c’était tout simplement parce qu’il le redoutait.

  2. Ce maire a des choses à cacher, à dissimuler. Il clame haut et fort qu’on ne le prendra jamais en flagrant délit de délit. Autant dans sa vie publique que dans celle de l’autre, la privée. Qu’il est blanc comme neige dans tout ce qu’il accomplit. Pourquoi le crier si fort ? Pourquoi s’énerver s’il n’y a rien sous ses couvertures ? Son énervement le trahit.

  3. D’aucuns avancent sans avoir tout à fait tort, que le maire ne veut pas débattre en campagne électorale parce qu’on lui conseille de ne pas le faire. Qui ça ? Ceux qui le conseillent de se calmer quand il exagère. Ses conseillers, ses avocats, ceux qui l’entourent et qui tentent vainement de le garder à sa place.

  4. Il n’est pas dupe le bon maire. Il sait que son pouvoir s’effrite, que ses arguments ne tiennent pas toujours la route. Que ses sondages de popularité sont de plus en plus difficiles à tricoter. Que ses citoyens d’abord en ont soupé de ses tours de passe-passe en croisière. Il sent, le bon maire, l’usure du pouvoir. Il ne toffera pas ainsi indéfiniment. Les foyers de vieux et de vieilles finiront bien par vouloir lui poser une ou deux questions avant de voter encore pour lui et ses conseillers toujours fidèles. Son électorat privilégié recruté dans le bassin dormant de la majorité silencieuse s’inquiète de plus en plus du pouvoir à long terme, de son discours tordu sur le compte de taxes le plus bas en ville, de son slogan éculé «le citoyen d’abord»… Ces gens-là finissent aussi par saisir quelques brides de la commission Charbonneau. Il sait le bon maire que le vent tourne comme certains de ses conseillers l’ont senti en quittant le bateau municipal cette année.

  5. L’adversaire qui l’affronte, cette fois, a des arguments de poids pour l’ébranler, lui et son régime. Lui et ses amis du régime. Entre autres, les entrepreneurs qui font pousser un peu partout en périphérie des quartiers spontanés qui grèvent à long terme la ville et minent la qualité de vie axée toujours encore sur l’utilisation abusive de l’automobile et l’étalement urbain des taxes de bienvenue si faciles à récolter.

  6. S’il ne répond pas aux questions, s’il ne veut pas débattre, la raison est simple. Il croit avoir toujours raison, pour le meilleur et pour le pire. Il se croit éclairé d’en haut ou d’en bas ou tout simplement d’ailleurs. Il a fait une croix sur les réponses des autres, leur jugement, leur intelligence et leurs raisons de s’interroger. Bref, il a les idées aussi fixes que ses préjugés sur tout et sur rien. C’est un individu politiquement dangereux. Il le sait dans son for intérieur. Les autres aussi. Un boqué comme on disait dans le temps de certaines personnes ne voulant rien savoir.

  7. Il part en démarchage tout le mois d’octobre dans un pays indéterminé pour décrocher le gros lot, soit une compagnie imaginaire qui viendrait s’installer dans sa ville parce que c’est lui qui en rêve. Il a promis le scoop à ses amis du Journal de Québec et des radios populistes.

  8. Ghislain Harvey lui a fait promettre de ne pas débattre sans sa présence.

  9. Il se pratique avec un jeu vidéo Wii à plein temps pour ne pas avoir l’air trop néophyte à l’inauguration de la nouvelle bibliothèque de Jonquière, qui sera plus équipée en gadgets électroniques, en écrans de toutes sortes qu’en livres rares, d’après la rumeur bibliophile.

  10. S’il débat avec un candidat qui remet en cause sa façon de faire de la politique municipale, héritée de la Grande Noirceur, il pète les plombs. Ses avocats lui ont déconseillé de prendre cette chance. Ils en ont déjà plein les bras de ses incartades judiciaires qui ont coûté des millions à la Ville depuis le 25 novembre 2001, premier jour funeste de son intronisation qu’il voudrait perpétuelle comme le pape, son modèle.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Commentaires

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6 thoughts on “Pourquoi le maire de Saguenay refuse-t-il de débattre ? 10 raisons parmi tant d’autres

  1. Rémi Villeneuve

    Très juste en core une fois!

  2. Daniel lavertu

    Et oui, ce n’est que trop vrai.

  3. Yvan gagnon

    Refuser de debattre est un tres mauvais signe… en democratie en tout cas!

  4. John Smith

    Retenez votre souffle ou pincez-vous le nez, Pierre Demers, notre « attenteur à la bombe » du Saguenay vient de péter !

  5. Paul Desmarais

    Du n’importe quoi

  6. Jacques Tremblay

    Merci pour votre expose lucide. Merci egalement a l’ancien conseiller de porter plainte contre les tours de passe-passe du tandem Harvey-Tremblay, notamment sur le decoupage des contrats pour eviter d’aller en appel d’offre. Il me semble que les soumissionnaires potentiels se sont fait « voles » leurs droits d’offrir leurs services aux citoyens a des couts moindres, peut-etre, ce qu’on ne saura jamais. Jean Tremblay s’offusque de la plainte. S’il a la conscience tranquille, de quoi devrait-il s’inquieter? Il a la gachette prompte pour utiliser les tribunaux, comme toujours depuis qu’il est au pouvoir. Encore l’appel a l’intimidation personnalisee pour baillonner l’initiative d’Un citoyen qui pose avec courage ce geste legitime a portee collective. Ce qui serai vraiment honorable pour Jean Tremblay, ce serait de repondre aux questions des citoyens, plutot que de jouer a la vierge offensee et de sortir son baton judiciaire. La verite, selon moi, sur le refus du debat chez Jean Tremblay, c’est qu’ il est incapable de discuter sans perdre son sang-froid.
    Ce serait la bete et la betise qui sortiraient d’une telle situation. Ses faiseurs d’Images lui deconseillent de s’exposer a un tel risque. Ca lui serait fatal. Les masques tomberaient enfin. Merci encore.
    jacques Tremblay

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