La gauche postmoderne et le débat sur la charte

Il n’est pas dans mon intention d’ajouter une énième contribution sur les mérites ou les défauts de la «charte des valeurs» proposée par le gouvernement Marois. Je m’intéresse plutôt à la division de la gauche concernant la laïcité. Ce qui me frappe au premier coup d’œil est la virulence des propos de la part de représentants de la gauche (intellectuels marxisants, anarchistes, féministes anticapitalistes, etc.) à l’égard des gens qui, comme moi, considèrent que les signes religieux devraient disparaître des institutions de l’État et ne figurer en aucun cas sur les personnes qui représentent le visage de l’État, y compris le milieu enseignant. À titre d’exemple, je citerai ce propos retrouvé sur Facebook et provenant d’une professeure de science politique de l’UQAM, opposée à toute idée d’interdire le voile dans la fonction publique et les écoles: «La charte ne démontre pas seulement (vraiment) le ‘vrai’ problème du capitalisme, mais plutôt le racisme profond des québécois [sic] et québécoises [re-sic] qui instrumentalise [re-re-sic] la lutte féministe pour cacher leur xénophobie.» Cette phrase contient des accusations absolument indignes d’une personne titulaire d’un doctorat. C’est particulièrement insultant pour cette importante fraction de la gauche qui appuie l’essentiel du projet de charte (sauf le crucifix à l’Assemblée nationale et autres aspects semblables). Personne, parmi les véritables laïcistes, n’a envie de se voir accuser de tremper dans les eaux brunâtres du racisme et de la xénophobie. C’est insultant aussi pour le peuple québécois en général, qui se fait injurier depuis trop longtemps, en particulier quand il cherche à s’émanciper de la tutelle d’un autre peuple, à sortir de sa condition de minoritaire. Être profondément colonisé consiste précisément à se voir soi-même à travers le regard du colonisateur, comme l’a si bien décrit Albert Memmi[1]. De toute évidence, cette professeure de l’UQAM est profondément colonisée. Mais elle n’est pas la seule à réagir de façon aussi épidermique. Ce genre de propos traduit un malaise véritable et très répandu, et sur lequel il convient de se pencher.

 

Depuis les révolutions américaine et française de la fin du XVIIIe siècle, la laïcité a figuré au cœur des revendications des libéraux puis, par la suite, des socialistes, qui se revendiquent eux aussi des Lumières. Jusqu’à très récemment, la gauche a été unanime à ce sujet. Que s’est-il donc passé pour qu’elle se retrouve aujourd’hui si divisée, et avec autant d’acrimonie chez les partisans de la «laïcité ouverte»?

 

Les sociétés capitalistes développées ont subi de profondes mutations depuis la Seconde Guerre mondiale. L’une de ces mutations a trait au passage d’une économie dominée par l’industrie à celle où la majorité des salariés travaille dans le secteur tertiaire, celui des services. L’identification à la «classe ouvrière» a ainsi reculé considérablement. Au Québec et ailleurs, une grande partie des activités de transformation a été transférée dans les nouveaux pays industrialisés (Corée du Sud, Taiwan, Malaisie, Brésil, Mexique, Inde, etc.). Il en a résulté des changements dans la structure sociale des pays les plus avancés au point de réduire à la portion congrue la classe ouvrière traditionnelle.

 

Les unités de travail sont aujourd’hui de plus petite taille. Les nouvelles technologies réduisent les contacts directs entre les personnes. Le nombre d’employés qualifiés s’est considérablement accru. Le travail à temps partiel, précaire, ou autonome est devenu la norme chez les jeunes générations, en particulier depuis le virage néolibéral des années 1980. Il n’est guère surprenant, dans un tel contexte, que la «conscience de classe» en soit aujourd’hui profondément affectée.

 

Cette situation s’est répercutée sur la gauche. Ainsi, l’exploitation de la force de travail (l’extorsion de la plus-value) et la condition ouvrière ne figurent plus au premier rang des préoccupations d’une bonne partie de la gauche. Elles ont été remplacées par de multiples discriminations dont souffrent les minorités face à une majorité désignée coupable, privilégiée ou arriérée. Cette gauche postmoderne, loin d’agir en faveur d’une transformation radicale des rapports sociaux en tant que rapports de classes, produit un discours visant à cultiver les distinctions entre les individus sur une base identitaire. Les nouveaux mouvements sociaux comme l’antiracisme, les homosexuels, les féministes n’ont certes pas toujours reçu l’attention qu’ils méritaient à l’intérieur de la gauche ouvrière et syndicale traditionnelle. Cette situation a elle aussi favorisé l’éclatement des luttes au détriment d’une critique en règle du capitalisme et contribué à l’émergence de la rectitude politique qui place au-dessus de tout les différences entre les individus, l’hétérogénéité, la diversité. Le glas sonne ainsi la fin de l’universalisme. Tout devient relatif. La civilisation ne constitue qu’une suite d’oppressions diverses, sans le moindre mérite. On nous rappelle que les idées des Lumières n’ont pas empêché les pires calamités du XXe siècle : nazisme, totalitarisme communiste, racisme, etc. On les soupçonne même de les avoir inspirées. En définitive, toutes les idées se valent. Science, religion et idéologie se retrouvent dans le même panier.

La gauche postmoderne, devenue inapte, par son relativisme, à formuler une critique fondamentale des rapports sociaux, ethnicise, culturalise et sexualise (genre et orientation sexuelle) ces derniers. Les ennemis deviennent ainsi toutes les personnes qu’on soupçonne de «nationalisme ethnique», de racisme, de xénophobie, d’islamophobie, d’antiféminisme et d’homophobie. Ces comportements détestables étant plus ou moins répandus chez les classes dominées, il en résulte un détournement et un affaiblissement du combat mené contre les classes dominantes. Comme l’exprime si bien Jordi Vidal :

 

Pour la sociologie postmoderne, la violence du ‘jeune arabe’ est la conséquence d’une discrimination ethnique antérieure à la domination capitaliste, trouvant son origine dans les Lumières. Parvenu à un tel degré d’inversion, le postsociologue refusera d’assimiler le sort des jeunes des cités à celui d’un prolétariat toujours précarisé et de moins en moins agissant. Il parlera de ‘guerre raciale’ et dissimulera le fait que la misère matérielle touche dorénavant une partie de plus en plus importante de la population, empêchant ainsi toute solidarité effective entre les exclus[2].

 

Le mépris manifesté envers le «petit Blanc» des couches populaires, exploité, peu instruit, peut-être amateur de radio-poubelle et qu’on traite de raciste, d’intolérant et de conservateur – sinon de fasciste –, et qui ne se sent défendu ni par les syndicats, ni par les partis politiques traditionnels, risque peu de l’amener dans le camp de la gauche postmoderne. Le multiculturalisme défendu par cette gauche et qui fonde le Canada de Pierre Elliott Trudeau risque d’aboutir, «en fragmentant le corps social, […] à dresser l’un contre l’autre deux segments de la population : l’identité majoritaire et les identités minoritaires[3].» Dans le cas de la France, «par une sorte d’effet boomerang, l’apparition au sein de l’espace public de minorités ethno-culturelles et raciales a provoqué, dans chaque cas, le renforcement de l’identité ‘blanche’ et chrétienne[4]». En sommes-nous rendus là, dans le Québec d’aujourd’hui? Plusieurs indices le laissent croire.

Comme le rappelle la blogueuse française Coralie Delaume[5], l’interprétation identitaire fait apparaître sur la même médaille «le défenseur ‘réactionnaire’ de ‘l’homme blanc’ côté pile, les thuriféraires‘progressistes’ de la ‘France métissée’ côté face.» Les deux camps ne s’opposent, finalement, que dans le choix de la victime «dont ‘l’identité’ leur paraît en danger». D’un côté, la victime appartient à la majorité envahie par les immigrants (on peut penser à la Fédération des Québécois de souche); de l’autre, on soutient «l’individu ‘issu de la diversité’, menacé par le racisme, la xénophobie, et frappé par toutes sortes de ‘discriminations’.» Dans un tel contexte, il n’est guère surprenant que le fossé entre les deux positions apparaisse infranchissable : «droite identitaire et gauche multiculturelle se considèrent mutuellement comme l’ennemi absolu». C’est précisément ce qui explique, à mon avis, la virulence du débat actuel au sujet de la charte, à ceci près qu’une partie de la gauche québécoise se range du côté de la laïcité intégrale, impliquant l’interdiction du voile dans la fonction publique et les écoles. Même si elle se réfère à la France, Delaume résume une situation qui rappelle au plus haut point le débat québécois actuel: «Dans la bouche d’une certaine droite on entendra donc en boucle le procès de ‘la gôche’, de sa ‘bien-pensance’ et de son ‘angélisme’. En écho, dans les rangs d’une certaine gauche, retentira matin, midi et soir l’hallali sonné contre les ‘réacs’ et leurs  idées ‘nauséabondes’[6]

En plaçant la lutte contre les diverses discriminations au cœur de ses préoccupations, la gauche postmoderne néglige la bataille contre l’exploitation et les inégalités économiques et, ce faisant, se rapproche de l’individualisme libéral[7] :

Car sur le plan idéologique, le mouvement postmoderne s’abreuve bien à la même conception du monde qui est au cœur du libéralisme individualiste et dont les principales caractéristiques sont une exaltation de la liberté individuelle, la primauté de l’individu sur la collectivité, une méfiance à l’égard de toute autorité politique ou toute tradition, et une certaine suprématie du droit en tant que garante des droits naturels[8].

On peut ainsi comprendre que le Parti libéral du Québec, les organisations patronales, la Fédération des Femmes du Québec et la majorité des membres de Québec solidaire se retrouvent dans le même camp au sujet du hidjab: le droit individuel de porter le voile dans l’espace civique passe avant le principe de la laïcité intégrale. La Charte des droits imposée par Trudeau dans le cadre d’un coup d’État[9] en 1982 a été sacralisée. La liberté de porter des signes religieux dans l’espace civique apparaît tout aussi valable que l’égalité entre les hommes et les femmes.

L’importance accordée aujourd’hui à la diversité par la «gauche identitaire» dont parle Delaume «cautionne la mise en exergue de ce qui sépare : la race, la couleur de peau, l’origine, la religion voire la préférence sexuelle». La droite fait la même chose, mais dans un but diamétralement opposé. «Ce faisant, poursuit l’auteure, toutes deux laissent de côté tout ce qui rassemble : la qualité de citoyen, la nationalité française, la communauté de destin.» Et elle conclut ceci qui constitue, à mon avis, une leçon magistrale pour les partisans de la «laïcité ouverte» en orbite autour de Québec solidaire et de la Fédération des Femmes du Québec :

Lorsqu’il fut écrit dans la Constitution que la République «assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion», ce n’était pas pour nier qu’il y eût des différences. Au contraire même, c’était l’admettre. Mais c’était refuser qu’on en fasse un critère. Faire des différences une ‘richesse’ et voir dans la diversité un ‘bien’, c’est immédiatementpermettre à d’autres d’en faire un fléau et d’en voir un ‘mal’. Il est décidément grand temps que la gauche, au moins, cesse d’être multiculturaliste pour redevenir républicaine et universaliste[10].

 

Et cela est d’autant plus urgent que si cette analyse se révèle juste, la droite identitaire – celle qui se reconnaît dans le clown de Hérouxville et qui a voté pour l’ADQ en 2007 – puisera ses forces dans l’hostilité que ses ennemis de la gauche postmoderne lui manifesteront. Comme l’explique Laurent Bouvet au sujet de la France, «si les tenants de la politique identitaire gagnent le combat culturel à gauche, comme c’est le cas depuis des années, les tenants de l’identité à droite le gagneront aussi. En ce cas, Marine Le Pen et ses nouveaux amis obtiendront bien plus que 18% des voix en 2017[11].» Chez nous, ce sont les organisations qui «raisonnent» à la manière de la «Fédération des Québécois de souche» qui pourraient en profiter.

 

Dans  un tel contexte, il m’apparaît plus que nécessaire d’éloigner la religion – toutes les religions – de l’espace civique. Les institutions de l’État ne sont pas que des murs, des planchers et des fenêtres : ce sont d’abord et avant tout des organisations composées d’humains en chair et en os. Le visage de l’État est celui de ses employé-e-s, entre autres. Le contact direct de l’État (police, tribunaux, enseignants, fonctionnaires derrière les comptoirs) avec les citoyens et citoyennes doit se faire par l’entremise de personnes n’affichant aucun symbole religieux. Des hommes et des femmes se sentiront sans doute brimés dans leur liberté d’afficher leur foi, mais j’estime que ces contraintes seront susceptibles de nous éviter des tensions sociales autrement plus graves dans un avenir pas très éloigné. Et cela pourrait sans doute contribuer à ramener la solidarité de classe à l’avant-plan. Avec l’approfondissement de la crise multidimensionnelle de la société capitaliste, nous en aurons grandement besoin.

 

 

 

 

 

 


[1] Albert Memmi, Portrait du colonisé. Portrait du colonisateur, Paris, Gallimard, 2012 (Éditions Corréa, 1957).

[2] Jordi Vidal, Servitude et simulacre. Réfutation des thèses réactionnaires et révisionnistes du postmodernisme, Paris, Allia, 2007.

[3]Jean-Loup AmselleL’ethnicisation de la France, Éditions Lignes, 2011.

[4] Ibid.

[5] Coralie Delaume, «Droite identitaire et gauche ‘diversitaire’ : mêmes armes, même combat?», Le Monde.fr | 12.06.2012 à 09h47 • Mis à jour le 12.06.2012 à 09h47. Page consultée le 9 octobre 2013.

[6] Ibid. Les soulignés sont de l’auteure.

[7] Danic Parenteau, «Conservatisme et gauche politique. De la tradition au service des idéaux progressistes»,
ArgumentVol. 14, no. 1, Automne 2011 – Hiver 2012http://www.revueargument.ca/article/2011-10-01/558-conservatisme-et-gauche-politique-de-la-tradition-au-service-des-ideaux-progressistes.html. Page consultée le 11 octobre 2013.

[8] Ibid.

[9] Frédéric Bastien, La bataille de Londres. Dessous, secrets et coulisses du rapatriement constitutionnel, Montréal, Boréal, 2013.

[10] Ibid. Les soulignés sont de l’auteure.

[11] Laurent Bouvet, «Contre le (faux) débat identitaire qui vient», publié le 19 mai 2012, http://laurentbouvet.wordpress.com/2012/05/19/contre-le-faux-debat-identitaire-qui-vient/. Page consultée le 9 octobre 2013.

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5 thoughts on “La gauche postmoderne et le débat sur la charte

  1. fplam

    C’est une critique très intéressante qui mérite pas mal de réflexion. Si je comprends bien et sans aborder la valeur de l’analyse des «gauches» et du « sens du peuple » de Bouvet, vous signifiez que même si le projet de charte des valeurs québécoises est liberticide, cela est justifié si on vise à régénérer la conscience de classe nécessaire pour modifier le mode de production capitalisme de façon à le rendre plus égalitaire et plus juste. Bref, on peut limiter une liberté fondamentale si on le fait au nom de la liberté – ou la fin justifie les moyens, version « gauche critique ».

    1. Michel Roche

      Non, je ne dis pas que le projet de charte est liberticide. Je parle plutôt de «contrainte» pour les personnes qui tiennent absolument à afficher leur appartenance religieuse. Elles se sentiront «brimées». Mais les conquêtes démocratiques ont toujours brimé quelqu’un.La bourgeoisie s’est opposée en son temps au suffrage universel, parce qu’elle craignait que cela affaiblisse son pouvoir politique. Même chose pour la reconnaissance des syndicats et du droit de grève. Et l’Église catholique avec la Révolution française, etc.

      1. fplam

        « liberticide » était mon choix de mot et il était un peu fort, en effet. J’aurais sans doute beaucoup de choses à dire, mais vous me forcez à la réflexion là! Merci pour la contribution, elle me semble potentiellement très féconde.

  2. Éric

    Professeur Roche, on dirait que beaucoup d’intellectuels de votre trempe semblent vouloir embellir ou idéaliser le projet de charte présenté par le PQ, un peu comme ces « Jeannette » qui voudraient que cette charte devienne le coeur du nouveau combat féministe. Je me questionne sur cet excès de jovialisme devant un projet qui ne va au bout de rien (surtout pas au bout de la laïcité), et qui sent l’électoralisme à plein nez.

    J’apprécie votre critique d’une certaine tendance lourde à gauche de laisser de côté les luttes pour l’émancipation contre le capitalisme et l’exploitation des masses pour sombrer dans la défense « à tout prix » des droits des minorités. Cette critique est lucide et mérite à elle seule que j’aie relu votre papier 3 ou 4 fois pour l’apprécier à sa pleine mesure.

    Mais peut-être à tort, ma perception du projet du PQ est celle d’un projet identitaire, qui s’appuie sur la crainte de la différence, en particulier sur la peur entretenue envers l’Islam. Par ce projet, le PQ rompt avec une approche inclusive et ouverte du projet nationaliste pour le cadrer dans un ensemble de « valeurs » québécoises, qui incluent une laïcité édulcorée où le crucifix devient patrimonial et le voile ostentatoire. Ce virage identitaire du projet national du PQ me rebute, et me renforce dans mon agnosticisme sur la question nationale. Sans être plus fédéraliste, je peux dire que ce projet du PQ me rend encore moins partisan de l’option du nationalisme, surtout s’il devient identitaire.

  3. Michel Roche

    Monsieur Dubois, vous avez lu plusieurs fois mon article et j’en suis flatté. Mais vous auriez dû remarquer que je ne me range pas nécessairement du côté du projet de charte. Je n’ai pas voulu intervenir sur ce sujet mais bien sur celui de la laïcité. Car je reproche au projet actuel son nom (Charte des valeurs) et le maintien de certains privilèges aux chrétiens/catholiques. Je trouve que le débat actuel fait l’impasse sur cette question, en particulier cette «gauche postmoderne» qui réduit les arguments des partisans de la laïcité intégrale à un rejet du voile, à de l’islamophobie, etc. Ou encore, on accuse ces partisans (dont je suis) de se servir de la laïcité comme prétexte pour arriver à des fins inavouables. Les intentions réelles du gouvernement péquiste sont une chose. Ma défense de la laïcité intégrale en est une autre. Et en ce qui me concerne, l’intégrisme chrétien/catholique constitue une menace suffisamment sérieuse pour agir. Je cite Robert Laplante: Les choses ne sont guère, non plus, fixées une fois pour toutes, les modèles évoluent en fonction des transformations sociales. Et ces transformations marquent particulièrement les sociétés occidentales dont les repères sont plus ou moins embrouillés par la montée en puissance de l’islam politique en particulier, mais également par des manifestations diverses de montée des fondamentalismes dont le Tea Party américain n’est pas le moindre exemple. Le Québec et le Canada n’y échappent pas. L’on sait la sympathie qu’inspirent au gouvernement Harper les sectes protestantes, fortement implantées dans l’Ouest, on sait la force des muses multiculturalistes à Toronto où il a été sérieusement question de faire une place à la charia dans le système juridique, on sait aussi la force des lobbies pro-vie, leur influence sur les programmes d’aide internationale et l’on ne retient pas suffisamment l’innovation que représente la création du Bureau de la liberté de religion du Canada. Le Canada fait ses choix. Le Québec les subit et en plus, il les finance.» Ajoutons encore que ce n’est pas pour rien que notre Saint-Maire Jean Tremblay s’oppose à la laïcité intégrale. Enfin, n’oublions pas, comme le rappelle souvent Michel Seymour, que nous n’en serions pas là si le peuple québécois jouissait d’une réelle reconnaissance. Toutes les minorités sont reconnues. Sauf lui. Une telle situation ne peut que créer du ressentiment. Mon intervention vise à le rappeler. Parce que les choses pourraient empirer. Et le déni n’est pas une option.

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