Un premier album pour Dead Obies

Le collectif de rappeurs Dead Obies fait paraitre son premier album officiel chez Bonsound demain, le 12 novembre. Le nouvel opus, intitulé Montréal $ud, est un album aussi pertinent que musicalement accrocheur, intéressant tant du point de vue de la démarche que du son.

La démarche : une écriture de textes que certains qualifieront de massacre à la langue française alors que d’autres parleront de représentation de la réalité actuelle de l’environnement des membres du groupe. C’est que les textes allient français, joual, anglais, slang et patois créole. L’un des rappeurs de Dead Obies, Yes Mccan, se défend de nuire au fait français au Québec.

« Les gens qui sont choqués par ça, on commence à voir que c’est des gens d’une certaine tranche d’âge. C’est des gens qui n’ont pas expérimenté la nouvelle réalité de la jeunesse québécoise, du moins à Montréal », explique-t-il. Le rappeur ajoute qu’il trouve choquant que lorsqu’un artiste bilingue choisit de chanter en anglais, ce soit bien parce qu’il représente son identité tandis que lorsqu’on mélange plusieurs langues dans une même phrase, « ça fait badtriper ».

Dead Obies représente même sa réalité dans le titre de son premier album. « Montréal $ud, c’est un clin d’œil à un des premiers quartiers ouvriers qui fait maintenant partie de Longueuil, où il n’y avait aucune régie à laquelle se référer. Un clin d’oeil à ces origines ouvrières qui font partie de mon identité québécoise qui se mixte à plusieurs identités québécoises qui sont présentes dans l’album. »

Montréal $ud s’inscrit clairement dans la tendance actuelle du rap québécois. Dead Obies décrit sa musique comme du post-rap, un rap moderne qui repense le genre. Dans la même famille qu’Alaclair Ensemble, Dead Obies nourrit son propos dans l’ironie. « On n’aime pas le premier degré, indique Yes Mccan. C’est un truc qui est à la base de notre énergie créatrice. Si je veux dire que je ne suis pas satisfait de la condition des travailleurs au Québec, je ne vais pas faire une chanson qui s’appelle Du cœur au ventre », illustre-t-il.

Ces textes se retrouvent dans une ambiance musicale sobre, avec un rythme marqué et fort. « C’est inspiré du rap et du hip-hop des États-Unis, mais avec une identité montréalaise forte », indique Yes Mccan.

Il refuse toutefois de décrire la musique de son groupe. « Quand je me mets à essayer de mettre des mots là-dessus, je trouve que ça limite. Je préfère laisser les auditeurs déterminer eux-mêmes ».

La dernière production de Dead Obies remonte à 2012 avec le mixtape Collation Vol. 1 que feu-Bande à part avait salué sans réserve. La formation sera au Sous-Bois de Chicoutimi le 6 décembre prochain, avec Loud Lary Ajust.
 

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