Quand l’amour fout le camp

C’est dans l’air du temps. Même si le sujet semble élimé, usé : les relations amoureuses s’effritent au même rythme que la mode définit la tendance d’une saison.

Autour de moi, très peu de gens survivent à la vie de couple. À l’achat d’une maison. À la venue d’un enfant. À la grisaille de novembre aussi qui parfois, tel un typhon, s’abat sur nos existences tellement confortables, laissant quelques cœurs en miettes au passage. Des êtres qui se retrouvent de nouveau seuls, aigris, désabusés, choqués de ne pas avoir pu, de ne pas avoir su.

Et les autres, ceux qui y arrivent contre vents et marées, comment font-ils? Quel est leur secret, quelles sont leurs motivations? Outre le désir de procréation, quelles sont les raisons qui les poussent à la cohabitation? Un covoiturage Québec-Montréal m’a amenée dernièrement à participer à un Cercle de discussion organisé autour de ce thème. Intitulé Pourquoi vivre en couple?, la soirée réunissait quelques femmes dans la trentaine.

J’ai donc été témoin des angoisses, des inquiétudes et des appréhensions de cette génération qui s’interroge sur la nécessité de coexister et qui remet en question le modèle qui nous a été légué. Témoin aussi de cette difficulté à s’adapter à l’autre, à l’accepter tel qu’il est et à lui accorder du temps, ce temps si essentiel à l’épanouissement amoureux.

Est-ce l’époque? Est-ce notre vie d’adulte complètement surchargée et survoltée qui nous pousse à consommer les relations de la même façon? Comment peut-on en arriver à foutre le camp à la moindre contrariété, à éviter les obstacles sans même tenter, un peu, de les surmonter? Est-ce par paresse, ou par ivresse de vivre sans cesse quelque chose de nouveau?

Malheureusement, Ricardo n’a pas encore inventé la recette de la vie de couple parfaite. Et moi, après multiples essais et erreurs, observations, interminables discussions et lectures de toutes sortes, je n’ai toujours pas de réponse. Inutile d’étirer la sauce : je vais plutôt vous partager le fruit de mes réflexions spontanées. Ce qui suit est un texte que j’ai concocté pour une soirée slam/poésie à laquelle j’ai participé lundi dernier, à Québec.

Être « en amour » n’est assurément pas la seule voie pour évoluer et trouver le bonheur, mais ça aide, selon certains. Alors, si par le plus heureux des hasards vous déteniez l’ingrédient miracle à la réussite d’une vie à deux, je vous invite à propager la bonne nouvelle. Parce que c’est quand même rassurant, d’avoir quelqu’un qui nous attend.

 

Les menteries

 

Les pétales de rose sur le couvre-lit

Les crêpes le sirop le café le dimanche matin

La robe de bal, le jonc dans son écrin

La jolie et blanche et immense maison

L’escalier en colimaçon

Les marmots tellement fins, tellement beaux

Qui courent après le chien dans le jardin

Oublie ça ma grande, je t’ai menti

C’est pas d’même que ça se passe dans vie

 

Je voulais juste calfeutrer la misère

La famine les génocides les guerres

Qui résulte du manque de compassion et d’empathie

D’âmes creuses et vides de toute poésie

Je voulais que tu trouves le monde beau

Que tu sois comme les autres petites filles

Qui regardent le ciel avec des lunettes en forme de cœurs

Qui pense que la vie c’est comme dans les films de princesses

Avec des lutins, des chevaliers pis des animaux qui parlent

Des histoires de bien et de mal

Mais qui finissent toujours bien, avec une belle morale

Oublie ça ma grande, c’est du roman

Les crapauds se transforment pas en Princes charmants

 

Au fond, j’aimerais ça moi aussi y croire

Aux grandes histoires d’amour

L’âme sœur rencontrée dans un café

Les retrouvailles sur les quais de gares

Les frenchs mouillés dans les ruelles de Limoilou

Sous une pluie fine du mois d’août

Les promesses d’amour en haut de la tour Eiffel la veille de Noël

Les patinoires et les lacs gelés où on se tient la main, gênés,

Des flocons de neige dans les yeux en guise d’étincelle

Mais c’est juste du cinéma

Ça arrive des fois, mais ça dure pas

 

La petite flamme qui t’habite

Qui porte le même nom que l’organe dans ta poitrine qui palpite

Elle va vaciller souvent

Elle va même s’éteindre par moment

Parce que le cœur, c’est un océan de bonheur

Mais c’est aussi un volcan de douleurs

Tu vas souffrir ma grande

Tu vas vouloir mourir tellement l’amour va t’écorcher te briser te dépecer

Mais aussi te foudroyer t’emporter t’exalter

C’est pour ça qu’on y revient toujours

Même si ça fait mal

 

Parce que les premiers instants éclipsent les tourments

Et l’emprise des passions est plus forte que la raison

C’est comme une drogue, c’est malsain

Mais c’est tellement enivrant en même temps

Tu vas vouloir recommencer

Une dernière dose, promis juré

Et le cycle amoureux va se perpétuer

Encore et encore et encore…

 

J’aimerais ça ma grande te dire

Que le sentiment amoureux est un mensonge

Que c’est une attirance chimique

Une impulsion physiologique

Qui sert à la procréation

Que l’amour, le vrai

C’est celui qui se développe lentement

C’est celui qui accepte l’autre pour ce qu’il est en dedans

C’est celui qui célèbre la différence qui glorifie l’indépendance

C’est celui qui, malgré les crises et les angoisses existentielles

Dure et perdure dans le temps

L’amour, le vrai

C’est ce qui nous rattache à la vie

C’est ce qui lui donne un sens

C’est ce qui nous donne envie de sauver le monde de sa déchéance

 

Sinon, un matin tu vas te réveiller

D’un sommeil agité englué de rêves troublants

Juste à l’aube de tes 40 ans

Toute seule, pas d’amant, pas d’enfant

Prisonnière d’un monde d’illusion de fausse magie

De contes de fées engraissés à la nostalgie

Prise dans le vertige de cette époque de grande vitesse

Qui encourage l’éternelle jeunesse

Où les relations sont interchangeables

Comme toute chose consommable

 

 

 

 

Commentaires

commentaires

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43 thoughts on “Quand l’amour fout le camp

  1. peterbuckwheatPierre

    Super,
    Le truc que tout le monde attend,
    1-le détachement du résultat ou de ce que l’on attend de l’autre..voir http://youtu.be/uH7AxVnYFfM
    2-La relation mutuelle de non dépendance…
    Lire la section sur les relations de couples dans __Les chemins de la liberté___Arneau Desjardin.
    3-S’aimer et entretenir un amour qui débord vers les autres…On peut pas donner ce que l’on a pas.
    D’autre truc sur demande….
    Bellegente

    Pierre

  2. Que de profondeur ici. Merci Julie. J’ai bien envie de faire lire ça à ma fille un jour. 🙂 Je crois en l’amour, pour moi ça se cultive à deux et ça se cultive surtout de l’intérieur… Un jour je suis allée en Corée et on m’y a appris un mot qui n’a pas son équivalent en français. C’est « JUNG » (정). J’ai compris que c’est plus fort que l’amour. Ça se durcit avec le temps. Ça prend racine parce que ça résiste à tous les vents. C’est une forme de résilience qui enrichit la vie à deux, et la vie avec le réseau humain. Ça implique de prendre soins de soi et de l’autre. L’amour et la haine y font la paire. C’est un engagement qui s’épanouit au fil du temps et des événements. Je trouve ça inspirant comme idée.

    1. judyjude

      Ça m’a l’air très intéressant ce concept de Jung…J’aimerais en savoir plus 🙂

  3. Julie

    isshhh. Je comprends que certains ont du mal avec l’amour, je comprends les « maux de notre époque ». Je les comprends rationnellement, mais je ne les vis pas. Je sais pas si c’est moi qui vis dans une bulle. Pourtant je me considère branchée sur mon quartier, sur ma ville, sur mon époque. J’ai de nombreux amis qui ne vivent pas tous en banlieue… et des modèles de couples heureux (pas parfaits) mais heureux, épanouis, j’en vois. J’en côtoie. J’en suis. Des fois je pense qu’on aime ça souffrir. Qu’on valorise la souffrance. Qu’on choisit volontairement le chaos.

    Je respecte grandement ton texte.
    Je sais que par moment l’amour peut faire mal. Ça m’est déjà arrivé.
    Mais jamais, jamais ça m’a amené à arrêter de le chercher.

    Jamais je ne ferai lire ça à ma fille, jamais.
    Parce que ça amène le monde à niveler vers le bas.
    Quand tu ne crois pas à quelque chose, c’est impossible de l’obtenir.
    Si l’amour qui dure est si rare, c’est peut-être parce qu’on est de moins en moins à y croire.

    1. Julie Bouchard

      Bonjour Julie, tu as probablement raison. Il suffit d’y croire. C’est peut-être ce qui manque à ceux qui n’arrivent pas à vivre à deux.

      Pour moi, l’amour, c’est un sentiment qui s’exprime non pas seulement en couple, mais aussi envers le monde, envers la vie, envers ce qui nous entoure. Je suis autant «en amour» avec mes amiEs, avec leurs enfants, avec ma mère qu’avec mon amoureux. C’est le même amour; la différence se situe au niveau de l’intimité. L’amour est un sentiment qui m’habite et que je partage tous les jours. Je suis bien entourée, j’ai la chance d’avoir de très bons amiEs. Je ne suis pas aigrie par le fait que je ne partage pas ma vie intimement avec quelqu’un en ce moment. Je constate.

      Peut-être que je vis moi aussi dans une bulle, et dans la mienne, il y a réellement autour de moi des gens qui y arrivent difficilement. J’avais envie de parler de ceux-là. C’est pas tout le monde qui a la chance de vivre l’amour, et même si certains y croient, ça ne se fait pas en claquant des doigts.

      Bonne continuité à vous.

      1. Mélanie

        Il suffit d’y croire? Justement, vous l’avez mentionné dans votre texte, c’est aussi une question de persévérance, de travail ensemble, de work in progress, de teamwork. Le couple, c’est la première solidarité, la première union à la base de la famille, de la société. Et qui dit solidarité dit aussi adversité. Si l’un des partenaires décide de vivre ses problèmes seuls dans sa bulle et qu’il n’implique pas l’autre dans le processus, il s’isole et l’équipe cesse d’exister. Le couple, ce n’est pas juste l’éros, ce n’est pas juste  »l’intimité ». Si c’est votre conception des choses, vous allez effectivement aller de déception en déception. Parce que le désir est instable et que rien ne permet de prédire sa course dans le temps.

        Mais je comprends le désarroi de ceux qui n’ont pas encore trouvé le coéquipier pour partager leurs aventures. J’ai de la chance. Je vous en souhaite tout autant!! Bises xx

    2. Vicky

      Probablement le négativisme, parce que les gens on tendances à ne pas mettre d’effort, à ne pas faire de concession. Voilà la vraie raison pour laquelle ils se retrouvent seuls. Je ne crois pas être meilleure que personne, par contre lorsqu’on fait le choix de vivre une relation à long terme avec quelqu’un, le temps, l’acceptation de l’autre, les concessions, l’amour, surtout l’amour, devrait être de pair. Il faut savoir faire la différence entre l’envie et l’amour, avant de choisir une vraie relation. L’important c’est de se respecter et de respecter l’autre car si on le choisi ou la choisie, on choisi d’être là pour cette personne et de tout faire pour que l’amour et le bonheur perdure. Quand les deux s’entendent sur ce point, je ne vois pas pourquoi ils se quitteraient. Avoir du temps à deux c’est primordial et savoir reconnaître ce que l’autre fait pour nous aussi. La vraie richesse d’une vie de couple c’est d’être soi-même en tout temps et que l’autre l’accepte.

  4. Le lézard fou anonyme

    Wow,

    C’est la première fois que je laisse un commentaire sur un blog car cela m’interpelle vraiment.

    j’ai 34 ans, depuis 15 ans en couple et marié depuis 12 ans, 2 enfants (3 et 6 ans), la recette est compliquée et non écrite, juste des petites notes.

    Je suis un passionné de tout avec le package presque bi-polaire, et des fois j’ai des doutes que elle aussi (amour/haine).

    On cri, on pleure, on rit, on est heureux, on s’aime, on se déteste, on est intense, chacun venant d’une famille dysfonctionnelle, moi pauvre, elle très modeste, et tout de même chanceux (avec beaucoup d’efforts) de bien réussir dans la vie sur beaucoup de plans.

    Les 3 points soulevés par Pierre sont en plein ce que nous tentons toujours d’atteindre (non sans difficulté) moi et ma femme.

    Mais voici sans prétention, en gros ce qui nous aide, qui nous accroche à l’autre, je suis peut-être dans le champ solide, mais bon, pour ceux que ça pourraient intéresser :

    On discute beaucoup ensemble (même après 1h à parler après le dodo des enfants on peut continuer au lit jusqu’à 2h de plus…);
    beaucoup de projets communs;
    depuis les enfants, de beaux et forts moments (occasionnels) en famille;
    une admiration pour l’autre dans l’ensemble (avec les changements sur 15 ans);
    une fierté d’être avec l’autre socialement (en lien avec le point précédent).

    Et ah oui, un dernier truc qui pèse dans la balance, une attirance physique qui dure, avec, la plupart du temps, du très bon sexe. (des fois on fait l’amour, des fois on baise….)

    J’avoue que autour de nous il y a très peu de couple de longue date, mais il y en a quand même (je dirais 15%)

    Où ça va nous mener? Pour l’instant, j’espère loin, mais je ne me fais pas trop d’illusions, j’en ai juste très envie.

    Bon billet

    1. Julie Bouchard

      Trés inspirant, Monsieur Lézard. J’en prends bonne note 😉

      Merci pour le partage!

  5. marylin

    Audacieux de parler d’amour aujourd’hui, même si on dirait que tout le monde en parle depuis toujours. Ton texte a une belle profondeur et j’entends bien ce que tu veux exprimer. Pour ma part, j’adore ce que monsieur Lézard exprime et j’approuve, même si je n’arrive pas à appliquer 100% ce qu’il dit. Je crois qu’un point très important est d’arriver à exprimer ses besoins clairement à l’autre et ne pas attendre qu’il les devine. Car il ne les devinera pas, notre conjoint n’est pas notre mère ou notre père. Dans un mode de pensée du style « il ou elle devrait comprendre ou le savoir… » ca laisse énormément de place à l’attente, la frustration, le mépris, pour souvent mener à la rupture. Quand nous comprenons que l’autre n’est pas responsable de nos manques, mais que c’est nous même qui n’arrivons pas à exprimer nos propres besoins et de faire des demandes claire, l’ouverture laisse la place a une véritable relation.

  6. Anonyme

    J’ai failli pleurer en lisant ton texte

  7. Dany

    moi dans un dernier effort de garde mon « couple »… parce qu’après plusieurs tentatives de discutions qui n’ont rien données…. nous tentons la vie chacun de notre côté… l’amour un envers l’autre n’étant pas le problème… mais les finances, les chicanes enfants, le ménage, les sorties entre amis.. etc… de cette facon nous pouvons nous ennuyer un de l’autre… et lorsque nous nous voyons… nous avont le goût de combler les désirs de l’autre…. seul le temps nous dira si c’est LA solution… mais après avoir stagné trop longtemps à tenter de garder une famille uni…. ca presque démolie notre couple… alors pk pas?

  8. Marie

    Très touchant votre texte Julie! J’ai des enfants de la même génération que vous et c’est clair que la situation des couples a beaucoup changé par rapport à « notre temps ». Non pas que notre vie de couple ait été linéaire, que non!, mais la famille a toujours été notre priorité et je crois que cette forte motivation nous a aidés à traverser les inévitables tempêtes et à « renégocier » de temps en temps en quelque sorte…J’ajouterais l’acceptation du fait que si l’amour peut durer, sa forme d’évolution dans le temps change elle, inévitablement. Donc, beaucoup, beaucoup de bonne volonté, plus de « lâcher prise » et…vive la vie à deux dans les montagnes russes 🙂 (40 ans dans notre cas)

  9. Christian

    Sortir de sa zone de confort et être ouvert aux compromis (aussi nombreux soient-ils), je crois que là est la clé. Et « by the way », bien que je suis en couple depuis près de cinq ans, j’avoue franchement que je comprends mal la peine des gens qui sont célibataires. Vivre seul amène à se recentrer soi-même et à reconnaître réellement nos besoins, ensuite, si l’amour arrive, on y est mieux préparé. Apprendre à vivre seul, sans attendre quoique ce soit ni qui que ce soit, c’est aussi une autre clé. On a qu’une vie à vivre et on choisit également comment on la vit.

  10. Céline

    Bon, ben, 35 ans de vie commune, ça ne se fait presque plus…Couple phare, couple difficile, couple qui se cherche, se trouve, se perd. On s’aime, on se hait, parfois (parce qu’on s’en donne la permission). On ne recommencerait pas, c’est sûr, c’est trop difficile, de s’habituer à quelqu’un, de tailler le manteau de l’émotion tellement serré, tellement ajusté, tellement sur mesure, qu’on ne pourrait plus le refaire sur la peau de qui que ce soit. Parlant de peau, c’est aussi le secret, le goût de l’autre, de son odeur, de sa chaleur, de sa texture, le goût profond de son cou, de sa bouche, même le matin, même 35 ans plus tard, quand on trouve que les jeans tombent si bien sur les hanches. Mais l’amour est dans les yeux de celui (ou de celle) qui regarde…et qui ne se lasse jamais. La passion des premières années a laissé place à autre chose de plus profond. Mais il fallait attendre…attendre que le fruit mûrisse et penser que ça pouvait être encore beau et intéressant, après la passion. Pas plate, ni routinier. Qu’on peut être flyé, même si on a des enfants, que ça fait un bail qu’on vit ensemble…et qu’on a toujours le choix. Dans le fond, il faut apprendre à se choisir, tous les jours. Se sentir libre. Sans liberté, il n’y a pas d’amour. Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas la passion qui fait durer l’amour, mais la liberté.

  11. Nathalie

    En amour, il faut que les deux veuillent autant l’un que l’autre être ensemble et y mettre les efforts pour que ça fonctionne. Le respect, l’amour, la confiance, oui, mais il faut aussi faire des compromis parce qu’une relation durable oui, c’est de la passion au départ, mais vite remplacée par l’acceptation de l’autre tel qu’il est.Ce ne sera pas toujours facile, mais c’est une décision de rester même quand un des deux ne va pas bien temporairement, même quand le sexe est moins bon pour quelque temps. Je crois que l’être humain étant un animal, n’est pas fait pour rester en couple toute la vie, mais c’est un choix de le faire pour tous les avantages que ça apporte. Je suis dans la trentaine, en couple depuis 16 ans, deux enfants et j’ai bien l’intention de continuer, beaucoup trop d’acquis derrière même si parfois, je me dis que ce serait bien plus facile de tout recommencer, c’est la solution facile que j’aurais tôt fait de regretter.

  12. Une passionée

    Pour moi, mais depuis peu, les 5 langages de l’amour de Gary chaman sera la solution….. Je le conseil à tout le monde!

  13. Eve

    Après 35 ans de mariage supposément heureux, ma mère vient de découvrir les infidélités de mon père. Et découvrir que la seule personne à qui tu as accordé ta confiance aveuglément toute ta vie t’a trahie, ça te détruit quelqu’un comme vous ne pouvez pas imaginer. L’erreur de mes parents (des baby-boomers) a été de ne pas nouer de liens avec d’autres personnes et de vivre en couple totalement « fusionnel ». Et maintenant que rien ne va plus entre eux, ils sont seuls au monde avec leurs rancoeurs et leurs déceptions. Ne faites pas cette erreur. Ne sacrifiez jamais l’amour que vous portez à vos amis et aux gens qui vous sont chers au nom d’une relation amoureuse. Et malgré cette triste fin d’histoire dans le cas de mes parents, je continue de croire en l’amour, mais pas en l’amour à tout prix. Je crois en l’amour léger, qui se vit dans le respect mutuel, dans le dialogue posé, dans le partage des intérêts, dans la douceur et l’attention à l’autre, dans la volonté de vivre quelque chose de beau, à deux, de se construire sa propre histoire qui finira peut-être bien, peut-être mal, mais qui aura au moins le mérite d’avoir été vécue pleinement et honnêtement. On ne peut pas contrôler comment les autres agissent, mais on peut au moins, soi-même et pour soi, vivre en accord avec ses valeurs profondes et rétorquer aux coups durs et aux gens désagréables « à grands coups d’amour » comme disait Jerry Boulet 😉

  14. Alex

    Bonjour Julie,
    Pourrais-tu m’indiquer une adresse où je pourrais te partager mon point sur ce sujet des plus inspirant? Je ne voudrais pas polluer ton blogue avec mes commentaires.

    1. Julie Bouchard

      Bonjour Alex, ça va me faire grand plaisir d’avoir tes commentaires ici: [email protected]

    2. Stéfanie

      C’est dommage! C’est un peu le but d’un blogue de partager, non? J’aurais aimé te lire. Je suis convaincue que ce ne serait pas de la pollution!! 😉

  15. Marie

    L’amour existe encore….et quand on le trouve, ça ne veut pas dire que ce sera facile! Au contraire, quand c’est trop facile, c’est pas nécessairement mieux.

    Je pense qu’il faut revenir à la base, au choix qu’on fait quand on décide d’entrer en relation avec un homme.

    La dernière fois que je me suis retrouvé célibataire, j’étais attirée vers le même genre de gars sans jamais de résultats. J’ai fini par accepter une « date »… le gars n’avait pas d’allure (à mon sens et à première vue) La soirée fut correct mais pas de connexion avec ledit mec. Le lendemain je me suis demandé: qu’est-ce que je pouvais faire de différent cette fois-ci?? Et j’ai décidé d’aller le revoir pour me donner une chance de peut-être rencontrer l’HOMME! J’y croyais pas trop mais je suis quand même allé le voir, 2,3 et 4 fois… avant notre premier baiser 🙂

    Tout ça pour dire qu’il faut peut-être revoir notre façon de voir les choses, le couple, ce qu’on a envie de faire ou non, qu’est-ce qu’on est prêt à faire pour atteindre nos buts? Moi j’ai choisie d’aller au-delà de ce que je recherchais à priori. Il est tout le contraire de ce que je pensais vouloir comme partenaire. Et ça fait plus de 2 ans que nous sommes ensemble.

    C’est loin d’être toujours évident. Je souffre parfois même si je suis amoureuse. Mais je sais que mon homme me supporte et me console. J’ai peur de pleins d’affaires, même si je l’aime follement. Mais je sais qu’il écoute mes peurs et me réconforte. Je suis consciente que tout n’est pas parfait et qu’il y aura encore beaucoup de grandes discussions, parfois houleuses, parfois déchirantes, parfois frustrantes. Mais mon amour sera là pour m’accompagner dans ces moments maussades tout en me respectant et en m’aimant comme je suis. Et en retour, je ferai de même pour lui. Je le respecte pour qui il est et je l’aime comme il est.

    Le plus important selon moi pour que l’amour soit fructueux (après avoir longuement analysé mes échecs amoureux), c’est d’être capable de rester soi-même (mais VRAIMENT soi-même) avec l’autre. Je ne suis pas devin, mais je sais dans le plus profond de mon être que c’est l’homme avec lequel je veux passer ma vie, me chicaner, me réconcilier. Celui que je veux trouver con, drôle, « hot », poche…et plein d’autres choses! Mais pour être certaine que nous étions sur la même longueur d’onde, nous avons eu à passer au travers des moments pas faciles. Mais maintenant on sait et on fait ce qu’il faut (car nous voulons)! Nous aurions pu nous séparer, on a passé proche, même très proche. Mais le résultat est que notre relation et notre compréhension commune de ce que l’autre veut est CLAIRE! Pas d’ambiguité. Savoir, vouloir et agir!

    Je viens de réaliser que mon commentaire est très long…Je ne détiens pas de recette magique, mais je pense, des pistes de réflexion pour faire et penser autrement.

    D’une femme de 32 ans qui a eu des doutes sur l’amour…

  16. Stéfanie

    Une amie a partagé ce texte et il m’a invité à la réflexion. Je ne prétends rien, surtout pas de connaître la vérité. J’avais simplement le goût de partager avec vous.

    Beaucoup de filles dans la trentaine ou début quarantaine autour de moi (connaissances, amies, collègues) sont tristes de ne pas trouver l’amour…avec un grand A ou pas! Parfois elle sont tristes à en être désespérées et cela me crève le coeur.

    Il est peut-être vrai que les relations dans notre belle société de surconsommation (!) se terminent rapidement. Sans vouloir être réductrice, j’aime l’image des nouvelles technologies et le parallèle que l’on puisse en tirer:

    Le nouveau iPhone 6.2, la nouvelle tablette 8.0, HD pas HD, plasma, LCD, voiture modèle SX, plus rapide, plus performant, plus de pitons, plus vite…toujours plus vite. L’image est forte et saisissante pour moi. Alors que mon cellulaire 4S machin fonctionne toujours bien (mais pas assez vite pis ça me fâche!) voilà que 6 mois plus tard, une nouvelle version sort. On fait la file pour se le procurer pis on est fâché quand il est « back order »! Nous avons la fausse impression que ce qui nous rend heureux, c’est justement ce que nous possédons et qu’il doit être le nec plus ultra tout le temps, sinon, de quoi on a l’air!!! En vivant nos vies à cent mille à l’heure, on ne se pose plus la question: « Mais en ai-je vraiment besoin? »

    La vie va vite, elle tourbillonne, elle nous ramasse en coup de vent mais il est si essentiel de se reconnecter sur nos essences propres, nous grounder! Nous prenons si peu de temps pour nous poser, se sentir, respirer et apprécier quand le temps arrête, quand on est dans u vrai moment présent. Prendre le temps de prendre le temps!!! Pensez-y, ce n’est pas facile!!! Et si on se nourrissait du vrai bonheur c’est à dire celui où l’on contemple ce qui nous fait le plus vibrer (aussi petite vibration que cela puisse nous procurer)?

    J’ai le sentiment qu’on s’illusionne beaucoup en début de relation, on devient co-dépendant, on s’oublie pour plaire à tout prix à l’autre, on veut que ça aille vite (« Mon Dieu, ça fait deux semaines qu’on s’est rencontré et on n’a pas encore « fait le sexe », c’est pas normal »). Moi au contraire, j’applaudie!!! Apprendre à se connaître, comprendre l’autre, faire monter le désir, apprécier chaque instant, laisser l’amour se développer…prendre le temps de prendre le temps.

    Et si on se plaisait à nous-même d’abord? Et si on n’attendait pas quelqu’un pour nous valoriser nous-même? Peut-être que nous n’essayerions pas de combler un vide? Parce que pour être amoureux, il faut commencer par être amoureux de soi (pas dans le sens narcissique du terme!!!!). Un classique vous me direz mais c’est tellement vrai. Ensuite, le reste suit! Aller à la rencontre de l’autre devient alors un beau complément à notre vie, et non une dépendance qui comblera un vide (et qui inévitablement, se terminera au premier obstacle sur le chemin).

    Oui le HD nous fait voir la vie plus belle, plus nette mais si on revenait parfois un p’tit pas en arrière et qu’on mettait nos grosses lunettes de télé à tubes, peut-être verrions-nous plus clair et accepterions-nous plus nos imperfections?

    Je vous souhaite tout le bonheur et l’amour qui soit! Et prenez le temps de savourer chaque instant!

    Stéfanie, la fille qui a pris le temps de prendre son temps pour vous écrire! 😉

    1. Bravo Stéfanie pour votre réponse. 🙂

    2. Julie Bouchard

      Bonjour Stéphanie, j’aime beaucoup cette partie de votre réponse:

      «Et si on se plaisait à nous-même d’abord? Et si on n’attendait pas quelqu’un pour nous valoriser nous-même? Peut-être que nous n’essayerions pas de combler un vide? Parce que pour être amoureux, il faut commencer par être amoureux de soi»

      Je crois que c’est primordial. Nous avons tendance à rechercher l’amour à l’extérieur de soi, à attendre qu’il se pointe, mais oui, c’est d’abord en nous que ça se passe. On peut difficilement aimer lorsqu’on ne s’aime pas soi-même. 🙂

      Merci du partage!

  17. Meggie

    Les pétales de rose sur le couvre-lit

    Les crêpes le sirop le café le dimanche matin

    La robe de bal, le jonc dans son écrin

    La jolie et blanche et immense maison

    L’escalier en colimaçon

    Les marmots tellement fins, tellement beaux

    Qui courent après le chien dans le jardin

    Oublie ça ma grande, je t’ai menti

    C’est pas d’même que ça se passe dans vie : SCUZEZ PARDON.

    C’est fou a quel point ma vie se passe EXACTEMENT comme ça… sauf le chien c’est un chat.

  18. erik lemay

    ta dernière phrase explique tout. un couple aujourd’hui n’est pas la rencontre de deux coeur mais la rencontre de deux égos. les gens ont le réflexe de la peur et de la méfiance. comment l’amour peut-il durer quand on ne sait pas aimer ??

    1. Julie Bouchard

      Excellent point, Erik. C’est fou à quel point nos égos peuvent nous gâcher la vie quand on leur laisse toute la place…

  19. Pour trouver l’amour, il ne faut surtout pas chercher. Les gens doivent apprendre à vivre avec eux-mêmes avant de vivre à deux. Ce n’est pas normal de désespérer de trouver l’âme soeur.

    Le grand problème du 21e siècle selon moi est que beaucoup trop de gens croient qu’ils ne peuvent pas être heureux par eux-mêmes. Pour être heureux ça leur prend une maison, un char neuf de l’année, un chum ou une blonde PAR-FAIT(E), des enfants PAR-FAITS, le travail de leur rêve qui les stimulera à tous les jours et une vie sexuelle trépidante qui n’arrête pas. Les attentes sont beaucoup trop élevées.

    Et c’est faux de prétendre que c’est une autre personne qui nous rendra heureuse. C’est trop de responsabilités à donner à l’autre ça. Apprendre d’abord à se rendre heureux par soi-même en ayant des projets et des objectifs réalisables, c’est comme ça après qu’on peut partager son bonheur avec quelqu’un d’autre.

  20. Marie

    Demander à nos grands-parents ! Ils faut aimer les défauts de l’autre et aimer nos défauts. Personne n,est parfait surtout par une relation peu importe la relation. Nos grands-parents ont mis de l’eau dans leurs vins, sont beaucoup plus tolérants que nous et surtout, ils n’ont pas besoin de tout avoir pour être heureux. Être heureux à deux, il faut d’abord être heureux avec nous même !

  21. I ran this poem though the Google translator and even in the algorithm applied non-human translation it is tart, stringent, poignant, wise, dark and wonderful. Thank you

  22. Josee

    completement d accord

  23. Quel beau poème, mêlé de joie et de souffrance… en vérité, le bonheur c’est d’être heureux avec soi-même d’abord et avant tout. Le secret, c’est de ne pas avoir d’attentes. Et c’est quand on arrête de chercher qu’on trouve l’Amour, le vrai, l’authentique !

  24. Nathalie T

    Julie, tu me connais personnellement et je suis triste de voir autant de douleur. Je suis de celles qui vivent en couple, heureuse oui, depuis près de 20 ans. heureuse non-stop? non pas du tout. Ce n’est pas toujours facile…c’est toujours un défi. Les gens lâchent trop vite! Fréquentes sont les occasions ou les « excuses » de lâcher l’autre ou de se lâcher soi-même. L’amour de couple, c’est comme cultiver un jardin, il faut planter des graines, les arroser, les nourrir, c’est long et il faut enlever les mauvais herbes. Il faut aussi être là pour récolter les fruits!!! Les gens lâchent trop vite…

    1. Julie Bouchard

      Bonjour Nathalie T, tu dis me connaître personnellement, mais moi, j’aimerais bien te reconnaître 🙂

      Lucidité, constat: voilà ce qui définirait plus mon texte. Ce n’est pas de la douleur. Bien entendu, certaines personnes souffrent d’être seules. D’autres non. Comme certains sont heureux en couple. Et comme d’autres, aussi, résistent et restent en couple par peur du vide, d’eux-mêmes, et ainsi se détruisent à petit feu.

      Je me questionnais à savoir si c’était l’époque. Pas nécessairement. Des gens plus âgés ont réagi et ont dit que c’était pareil dans leur temps. Sauf que dans leur temps, ils n’avaient pas le choix de s’endurer. Nous, en 2013, nous avons le choix de partir, de nous définir autrement en tant qu’humains. Peut-être que les gens lâchent trop vite, comme tu dis. Peut-être que non. Du temps de nos grand-parents, mais aussi à notre époque à nous, ceux qui se trouvent et qui vivent ensemble une vraie relation aimante, épanouie (et durable) ne sont pas légion. Tu es chanceuse d’avoir trouvé.

      Je ne pense pas que les gens se trouvent des «excuses» pour «lâcher l’autre». Je crois plutôt que quand ça arrive, c’est le coeur qui parle. Et les nouveaux départs sont toujours positifs. Ils nous apprennent énormément sur nous-mêmes.

      Au plaisir!

  25. Je suis avec mon chum depuis 24 ans, marié depuis 23 ans. Nous travaillons ensemble depuis 14 ans, dons ensemble 24 heures sur 24. 3 enfants 23-21-19. Comment ça fais pour marcher, je ne sais pas mais c’est facile, je l’aime. Il n’est pas démonstratif comme moi mais je sais qu’il m’aime autant. C’est quoi le truc? J’ai pas de jardin secret … pas de souper de filles … mais en vacance je me lève à 5:30 pour aller marcher pendant 2 heures durant qu’il dort. C’est mon moment à moi. À part cela je sais pas, je crois que ça prends beaucoup d’altruisme pour aimer, c’est tout.

  26. C’est triste ce changement, mais je suis de ceux qui croient encore en l’amour… Je vous partage ma propre réflexion sur le sujet, inspirée de quelques recherches et de bien du vécu!

    https://www.facebook.com/notes/sylvain-syro-robert/ma-théorie-de-lâme-soeur-fragmentée-par-sylvain-robert/10150906237465299

    1. Engagement + Intimité + Passion, je vous ai lu, je nous ai vue 😉

  27. Vincent Sivell

    À lire, La Vie en Miettes de Zygmund Bauman. L’amour est un jardin qui se cultive tous les jours et à tour de rôle. Il faut être deux pour applaudir. Abats le me-time.

  28. Julie

    Julie, je suis tellement d’accord avec vous. Je suis de celles qui vivent l’amour en rose, en rouge, en couleur. Je suis en couple depuis plusieurs années, et j’y crois, j’y crois tellement fort. L’amour n’est pas une utopie, c’est un sentiment puissant, certes à double tranchant.
    Mais il n’y a pas plus beau…

  29. A-Marie

    J’aurais aimée l’avoir écris!
    Tu as résumé mon parcourt et mon sentiment…
    Merci 🙂

  30. Guylou

    C’est la première fois que je commente..

    on as tous un parcours amoureux qui diffèrent les uns des autres, certaines blessures sont plus prédominantes dans certaines situations. Pour ma part j’ai 44 ans, mère d’une belle grande fille de 23 ans, la séparation avec son père fut difficile, je crois que lorsque nous sommes l’initiatrice de la rupture, on hérite du sentiment de brisé une famille, du moins moi je me suis longtemps sentie comme ca, c’était pas l’exemple que j’avait reçu, mais j’ai agis pour le bien être de ma fille et moi même. Il s’écoulera des années ( ma fille ayant quitter pour ses études dans une autre ville) avant que j’ouvre la porte a une possible relation. Parfois le temps de se guérir est long, il le fut pour moi. Je venais de traverser le dures traitements d’un cancer lorsque j’ai fait la connaissance du frère d’une amie. Nous nous sommes fréquentés durant 4 ans avant que j’accepte de vivre sous le même toit. C’était en septembre, au début tout allait bien, en décembre j’ai appris la rechute, en février j’ai recommencer les traitements je n’ai rien dis, je crois qu’au fond de moi, je savait… au cours des mois j,ai fini par lui dire et puis peu a peu j’ai découvert des textos des emails, des messages Facebook, ou ils servaient a d’autres des mots si gentils ( amoureux meme ) auquel j’aurais tellement eu besoin d’entendre pour moi…fin juillet j’ai subi l’intervention, deux mois de convalescence.. 2 semaines plus tard je le quittais. J’aurai aimer dire que je me suis battu pour cette relation, puisque cet homme je l’ai aimer du plus profond de mon âme,,,mais lorsque l’amour est a sens unique rien ne sert de se battre pour sauver ce que l’on crois  »notre plus bel amour ». quand je lis des texte comme celui ci, évidement que je me demande si je suis fautive, et puis non, j’ai toujours été une femme entière authentique, je crois que lorsque la maladie frappe nos vies c’est lourd de conséquences…c’était sans doute au delà de ses capacités de compassion.

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