Pour un sommet sur le développement

Les dernières élections ont maintenu au pouvoir le régime du maire Jean Tremblay, mais il est évident que le nombre important de candidats, les luttes relativement serrées dans plusieurs districts et les résultats globaux – dont l’élection de huit nouveaux élus – ont changé la configuration politique municipale à Saguenay. Avec trois nouveaux venus qui ont battu des conseillers sortant de charge, deux élues de l’ERD qui incarnent une opposition organisée et 42 pour cent de nouveaux conseillers, on peut donc parler d’un renouvellement significatif du conseil municipal de Saguenay.

Le maire et les conseillers réélus doivent prendre acte de la volonté de changement d’une partie importante de la population autant que les nouveaux élus doivent reconnaître la légitimité du mandat des conseillers et du maire réélus. Il faudra probablement une période d’ajustement, voire d’apprivoisement, pour donner son air d’aller au conseil municipal. C’est même souhaitable. Au delà des enjeux purement politiques et des tactiques des uns et des autres pour installer son rapport de force et établir ses positions, il faut souhaiter que le parlement municipal fonctionne dans le meilleur intérêt de l’administration municipale et de ses citoyens.

Sur ce plan, le maire Jean Tremblay a une responsabilité particulière. À l’aube de son cinquième mandat, quatre comme maire de Saguenay, il a réalisé l’essentiel des engagements qu’il a mis en œuvre. Quoiqu’il ait pu affirmer pendant la campagne électorale en laissant entendre que « le meilleur est à venir », Saguenay a certainement besoin à court terme de faire le point avant de se lancer dans d’autres projets d’importance.

D’abord parce que la situation financière de la ville s’est aggravée au cours du dernier mandat, comme en témoigne la dette à long terme. Aussi, surtout en ce qui me concerne, parce qu’on arrive mal à cerner des priorités qui répondraient à de véritables besoins, hormis peut-être les investissements dans les infrastructures dont il faudra de toute façon dresser un inventaire et un échéancier. Nous avons là l’indication claire qu’il faut marquer une pause et nous pencher sur la question suivante : sur quelles pistes devrait s’engager Saguenay pour assurer son développement et la qualité de vie de ses citoyens ?

Douze ans après la fusion, il n’existe aucun bilan documenté et critique des changements manifestement significatifs qu’a connu la nouvelle ville, notamment sur les plans de la performance administrative et financière, du développement économique, urbain et des transports, de la livraison des services aux citoyens, de l’évolution des différents milieux de vie que sont les arrondissements, les secteurs et les quartiers. Il y a donc là un premier chantier incontournable si on veut cerner les besoins et les défis, les contraintes à surmonter, les services que nous voulons nous donner et les forces que nous devons exploiter.

Cette tâche ne peut être accomplie que collectivement, car elle implique le rassemblement, la collaboration et la participation de ce qu’on appelle habituellement les forces vives d’une communauté. Seul un sommet, bien préparé et savamment organisé, peut atteindre ces objectifs et jeter les bases d’un avenir qui profitera durablement à toute la communauté.

Le sommet inviterait les représentants d’organismes et les intervenants des différents secteurs d’activités à un véritable chantier qui ouvrirait toutes grandes les portes d’une véritable participation citoyenne au développement de la ville.

En politique, il faut savoir quand partir et surtout comment partir. S’il voulait couronner sa longue carrière politique municipale en évitant l’inexorable usure du pouvoir, Jean Tremblay pourrait consacrer ses talents de politicien à ce projet rassembleur en suscitant l’engagement de tous les conseillers et de la population.

 

 

 

 

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