Nous sommes tous des Fabien Hovington, Ça va super bien…

La société politique contemporaine : une machine à désespérer les hommes

Albert Camus

 

Je prends des notes, j’observe, je me calme sans trop savoir comment j’arrive à le faire quand je regarde ce qui arrive autour de moi, autour de nous. Par exemple, à ce monsieur non élu de l’arrondissement de Shipshaw, ce monsieur Fabien Hovington, dans une autre vie vendeur de motoneiges et de pontons pour faire circuler les cyclistes d’une rive à l’autre de la rivière Saguenay. Ce monsieur donc, qui fraternisait aussi avec moult forestiers, bûcherons et autres hommes forts du globe pour nous faire passer pour tels. Ce monsieur dans le temps élu qui, pendant des années, a défendu allègrement le dossier des motoneigistes au conseil municipal de Saguenay (son champ de compétence…) comme si notre avenir et le sien en dépendaient. Ce monsieur qui s’est fait photographier je ne sais combien de fois avec le maire de sa Ville dans toutes les positions y comprise celle assise sur une motoneige en pleine été devant un kiosque champêtre pour nous convaincre de subventionner l’entretien des sentiers de motoneiges à compter de juillet.

Je le regarde aller depuis sa défaite aux dernières élections municipales du 3 novembre devant une adversaire qui pourtant ne faisait pas le poids (d’influences politiques) mais qui considérait comme beaucoup de citoyens de cet arrondissement que ce monsieur dépassait les bornes. Qu’il se prenait depuis trop de temps pour le conseiller perpétuel de Shipshaw. Heureux pour toujours d’être ainsi promu par le maire de Saguenay qui considérait le monsieur Hovington comme son fidèle serviteur à la vie à la mort. Genre de mitaine à la solde d’un premier magistrat qui aime bien cet entourage de conseillers populistes, fidèles à l’excès. Mais il peut survenir des accidents dans la vie politique de tous les jours. C’est ce qui lui est arrivé le 3 novembre dernier. Il a perdu ses élections le monsieur.

Or, pour service rendu, le lendemain des élections municipales défavorables pour le monsieur Hovington en question, les amis du maire (lire «le maire par complices interposés») lui ont refilé une job à la Ville pour qu’il se console de sa défaite imprévue. Trois jours après sa défaite, il déniche une job de directeur, comme ça, à la Zone portuaire de Chicoutimi laissée vacante…pour quelqu’un.

Je me suis dis : il aurait pu attendre au moins une semaine…ou respecter le code d’éthique et de déontologie des élus de Saguenay qui leur conseille de prendre un temps d’arrêt avant de replonger sur la liste de paye de la Ville. Mais non. Le modèle Jacques Fortin ré-ré-élu par 28 voix de majorité (conseiller et directeur du Musée (sans les compétences) en même temps) semble en inspirer certains. À qui la prochaine job municipale  dans l’entourage fragilisé du maire?

Comme l’a souligné une citoyenne d’abord pas trop avertie sur le site de la SRC, le pauvre monsieur, il avait besoin de retrouver un emploi à la Ville tout de même. Il ne pouvait rester sans emploi… J’ai perdu mon sang froid une bonne minute en lisant ça. Mais madame, un poste d’élu politique ce n’est pas une job comme une autre, quoiqu’en pensent certains politiciens. C’est un privilège de représenter la population et quand la population décide que c’est le temps de passer à autre chose, et bien on s’efface avec la discrétion qui s’impose. Le monsieur perdant, il est vendeur de motoneige et de ponton, vous savez. Il peut y retourner. On n’a pas à capitaliser sur un poste d’élu pour l’étirer le reste de ses jours. C’est temporaire comme on dit cette job-là. Qui vous a fait croire que les politiciens étaient là pour durer indéfiniment ? Il y a erreur sur la profession, madame. On croirait entendre le maire de Saguenay affirmer qu’il espère mariner sur son siège municipal aussi longtemps que …la mairesse de Mississauga, Hazel McCallion (92 ans) en poste depuis 1978.

Bref, ce monsieur Hovington en plus, dépasse les bornes démocratiques sans que personne ne le rabroue. Même pas son maire qui devrait tout de même faire sa job puisqu’il a été élu, lui. Au moins lui dire que vider sauvagement le bureau d’arrondissement de tous les dossiers des citoyens, ce n’est pas la façon de faire d’un élu dépité qui n’a rien à cacher. Et là, juste pour le fun, j’imagine un instant ce que va faire le maire actuel de Saguenay quand une future élection va lui montrer la porte…

J’espère qu’il ne partira pas avec son studio de télé, ses avocats, le crucifix, la statue du Sacré-Cœur et la liste des citoyens d’abord qui l’ont appuyé dans sa campagne pour la prière à l’Hôtel de Ville. Il pourra emmener avec lui son conseiller perpétuel Ghislain Harvey.

Le monsieur Hovington refuse de parler aux journalistes depuis qu’il a reçu en cadeau de fin de règne son poste de directeur de la Zone portuaire de la Ville. Il n’a plus de comptes à rendre à personne. Lui qui volait des tours pour parler aux journalistes quand le maire s’absentait ou quand ce dernier lui disait de répéter la même chose que lui. Une journaliste de la SRC l’attrape à sa sortie du bureau du maire à l’Hôtel de Ville et tout ce qu’il trouve à lui dire pour justifier son silence abyssal depuis sa défaite électorale, sa nomination rapide à la Ville et son grand nettoyage du bureau d’arrondissement de Shisphaw, c’est cette phrase chargée de mépris et d’arrogance incroyable : « ça va super bien… ». Faut le faire. Faut le dire.

Ça va peut-être super bien pour son plan de carrière à lui le monsieur Hovington mais ça ne va pas super bien pour la suite des choses à l’Hôtel de Ville de Saguenay. La démocratie vient de prendre un autre coup de ce côté-ci du Parc des Laurentides. Le monsieur Hovington et le maire encore réélu mais, avec une opposition contre lui pour la première fois de son règne, se moquent du verdict populaire. Au moins dans Shipshaw, où il semble avoir gardé ses territoires. Ce monsieur Hovington n’est pas digne de continuer à profiter des fonds publics. Je trouve les conseillers nouvellement élus particulièrement discrets sur ce cadeau de départ offert à monsieur Hovington. Une seule conseillère (de l’ERD) s’est prononcée ouvertement sur le sujet. Les autres restent discrets sans doute pour profiter des postes que le maire va bientôt leur offrir sur les divers comités de la Ville. Le maire a l’habitude de négocier ainsi le silence de son entourage municipal. Il agit de cette façon depuis qu’il est au pouvoir. Rien n’a encore changé dans notre petit monde de la politique municipale. Ça va super bien…comme dirait notre cher Fabien Hovington, victime collatérale des dernière élections, sauvée in extrémis. Le mépris et l’arrogance ne durent qu’un temps.

n.b. texte écrit deux jours avant que monsieur Hovington sorte dans les médias pour tout contrôler ses dommages sans doute conseillé par Ghislain Harvey et son bon maire

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Commentaires

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3 thoughts on “Nous sommes tous des Fabien Hovington, Ça va super bien…

  1. Sa sainteté nous avait pourtant prévenu durant sa campagne électorale sans débat: «le meilleur est à venir» avait-il répété.

  2. Carl Tremblay

    tu devrais poser une bombe Demers…..

  3. Guy Dufour

    Ça ne prendrait qu’un seul adversaire de votre trempe,M.Demers,pour faire basculer ce conseil municipal pourri qui nous gouverne présentement.

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