Le pont Dubuc fermé – 10 conséquences heureuses

La simplicité véritable allie la bonté à la beauté

Platon, extrait de La République

 

Ce lundi enneigé 16 décembre 2013, le pont Dubuc est toujours fermé à la circulation lourde et moins lourde pour encore au moins une semaine. Les gens de Chicoutimi-Nord et de l’autre rive un peu nagent dans une sorte de simplicité plus ou moins volontaire. Je trouve cet accident de parcours régional particulièrement exemplaire à bien des égards. Je me suis même permis quelques traversées du pont piétonnier de Sainte-Anne pour constater de visu l’humeur des marcheurs et de mes amis logés du mauvais côté du pont. La vue sur le pont Dubuc libéré de son trafic et sur les deux rives est réjouissante du pont de Sainte-Anne.

Je me demande même si le côté sud n’était pas précisément le mauvais côté de ce pont qui entretient la routine contagieuse pendant que les citoyens de l’autre bord qui dérogent de leurs habitudes découvrent la grandeur et la beauté de la simplicité presque volontaire. Cette fermeture du pont Dubuc a quelque chose de révélateur pour le commun des mortels et aussi surtout pour les élus en place qui la gèrent à leur manière. D’aucuns s’en servant pour se faire encore et toujours du capital politique, les autres tout simplement pour régler un problème imprévisible qui leur incombe. Voici dix conséquences heureuses de la fermeture du pont Dubuc, parmi tant d’autres. Je dis bien heureuses pour l’ensemble d’une collectivité dépendante à outrance de l’automobile envers et contre tout.

 

1-Le transport en commun existe au Saguenay et il peut rendre des services illimités si on le considère comme tel. Les gens des deux rives viennent de s’en rendre compte et il faut saluer son efficacité en temps de crise. Espérons que ce recours à ce transport continuera une fois le pont Dubuc ré-ouvert. L’avenir des villes intelligentes et réalistes passe par là.

2-En plus de découvrir le transport urbain au Saguenay, les gens ont aussi fait la connaissance du CADUS (Centre alternatif du déplacement urbain du Saguenay) qui propose des modes d’utilisation des modes de transport alternatif à l’autosolo dans une perspective de développement durable. On n’a pas besoin qu’un pont ferme pour marcher, pédaler, covoiturer, prendre le bus, payer moins de fuel.

3-Marcher c’est pas si difficile que ça. L’hiver on s’habille en conséquence. Une soute de skidoo c’est pas juste pour ceux et celles qui brûlent du fuel le cul sur leur motoneige. Quand on gèle, on se met des couches de linge et on se cache la face. Et puis marcher l’hiver, ça réchauffe.

4-Les commerces de proximité sont tout de même les lieux de survie en ville les plus indispensables. On devrait en tenir compte davantage dans le plan d’aménagement de notre ville développée toute croche.

5-Les centres commerciaux sont moins fréquentés durant la fermeture du pont Dubuc. C’est une bonne chose. Les commerces de proximité en profitent et les gens s’endettent moins pour rien. On peut faire autre chose que magasiner dans la vie malgré la pub qui nous torture dans tous les sens et sur toutes les plateformes.

6-Les services publics, les centres de soins, les écoles, les bureaux municipaux devraient être mieux répartis qu’ils le sont actuellement. L’étalement urbain en prend pour son rhume dans une situation de crise comme celle-là. J’aimerais voir les élus de Saguenay traverser le pont à pied pour tenir leur conseil municipal sur la rive nord.

7-En temps de crise, on peut vérifier la pertinence et l’opportunisme de certains politiciens qui se servent de la situation pour mousser leur réputation avec des pétitions, des colères injustifiées dans les médias régionaux et nationaux.

8- Il faudrait bien qu’on réfléchisse sur les projets de développement qu’on impose à Chicoutimi-Nord au fil des ans… parc à chiens, village-Disney pour enfants, salon funéraire

expérimental, etc. Comme si le reste des services et commerces devaient nécessairement se trouver sur l’autre rive

9-En temps de crise, on peut aussi vérifier la pertinence et l’opportunisme des médias locaux et nationaux. Ceux qui veulent ouvrir des comptoirs commerciaux sur le pont, les médias nationaux (Denis Lévesque, le Journal de Québec au SLSJ, Radio X à Québec) qui se servent du maire pour régler leurs comptes avec les ministres péquistes qui privilégient de tous temps le recours au transport en commun. Les médias devraient couvrir davantage les histoires de débrouillardise des gens de Chicoutimi-Nord pendant la crise que les sauts d’humeur du maire pas de classe et la pétition du conseiller Pettersen qui voudrait qu’on construise un second pont d’ici quinze jours.

10- La fermeture du pont Dubuc a fait la démonstration que les gens mal pris des deux rives, mais surtout du nord, se débrouillent bien seuls ou presque. Si la Ville leur fournit des navettes gratuites c’est avec leurs taxes qu’elle les paye. Les mêmes taxes qui servent à ériger la place du citoyen d’abord au cœur de Chicoutimi, «une horreur même pas au niveau» comme dirait la parodie loufoque HITLER PONT DUBUC sur You Tube. Allez voir ça pour vous en rendre compte.

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Commentaires

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4 thoughts on “Le pont Dubuc fermé – 10 conséquences heureuses

  1. Yohann

    J’aime mieux lui

  2. Peu importe ce que vous en dites, je voudrais bien vous y voir à la place du maire dans une situation pareille, il est facile de critiquer mais essayer donc de prendre sa place seulement une journée après vous pourrez vous pourrez peut-être vous permette de critiquer, oui je suis de celle qui traverse ce pont tous les matin, et je trouve que le service qui nous est offert même s’il est payé à même nos taxes, est très efficaces. Les gens de notre région ou d’ailleurs devrait en premier lieu s’occuper d’abord de leur affaires avant de critiquer tout un chacun. Ce qui est arriver cause bien des problèmes à bien du monde que ce soit pour nous les citoyens, le contracteur qui a à vivre avec cette catastrophe, les travailleurs, les ministres, notre maire… si on veut ce serait facile de critiquer tous ces gens, main qui sommes nous pour critiquer ou pour juger…

  3. Rémi Villeneuve

    Oui madame tous les citoyens de Saguenay ont non seulement le droit mais aussi le devoir de réagir. Pierre Demers, encore une fois, nous propose une réflexion tout à fait pertinente sur l’impact, la réaction des citoyens et la gestion de cet évènement.Vous me permettrez de ne pas être très édifié de la conduite de monseiur Tremblay dans cette situation de crise. Encore une fois il a fait la preuve qu’il n’est pas à la hauteur du rôle qui lui revient comme maire de Saguenay!

  4. ghislain mercier

    Pierre Demers, l’homme qui a failli faire sauter le Théâtre Banque Nationale et feignait la destruction, par simplicité d’esprit et acharnement intellectuel contre le maire. Pourquoi n’allez vous pas livrer vos doléances aux maires au Conseil plutôt que de vomir votre haine sur des gens qui ont provoqués l’entraide. L’erreur des gens de l’extrême-gauche comme vous est de toujours nier les impacts économiques d’un tel événement, de prôner la gratuité et l’universalité en toute chose même si on ne peut se le permettre et de fumer de l’herbe et du shisha en pensant aux bienfaits de la culture subventionnée et débridée des « oldies » pendant que les commerces souffrent des impacts, tant à Chicoutimi-Nord qu’à Jonquiere…Bravo M. Demers pour vos propos explosifs et encore incendiaires!

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