Des courts régionaux et des livres vus

Le Festival REGARD sur le court métrage s’est encore une fois ouvert avec une soirée toute régionale, hier au Théâtre Banque Nationale. La nouveauté cette année : un partenariat avec les éditions La Peuplade qui a permis de présenter six courts métrages réalisés par Nicolas Lévesque.

Ces six tableaux, présentés avec la toute nouvelle vitrine culturelle proposée par Télé-Québec, La Fabrique culturelle, étaient inspirés de six publications de la maison d’édition régionale, La Peuplade. Le réalisateur a emprunté au documentaire pour présenter l’univers des livres. Ces courts ont permis au public d’apprécier les images criantes de vérité du réalisateur, qui est aussi derrière le photo-documentaire In Guns We Trust. Comme les « vu par » des dernières années, les « livres vus » présentés hier étaient efficaces dans les transitions entre les courts régionaux. En d’autres mots, c’est une première réussie pour l’équipe de REGARD et de La Peuplade alors que Nicolas Lévesque a pu montrer tout son talent.

Mis à part ces courts tableaux de quelques minutes tout au plus, six autres courts métrages régionaux étaient présentés. On dirait que les hivers saguenéens ont marqué l’imaginaire des réalisateurs : deux des six films au programme portaient sur la pêche sur glace à La Baie, en plus d’un des « livres vus ». La reine du sébaste et son royaume de Philippe Belley, un projet qui a débuté il y a quelques années disait-il, a d’ailleurs retenu mon attention avec sa Charlotte Perron des plus attachantes qui souhaite à tout prix retourner pêcher. On apprend à la connaître à travers la lentille du réalisateur, le tout entrecoupé d’histoires de pêche délirantes. L’autre court mettant en vedette la pêche sur la glace, Le chant des cabanes, avait un tout autre ton. L’opus de Philippe David Gagné montre un homme, Pepiche incarné par Denis Trudel, qui a peu de choses et qui passe une grande partie de son temps à sa cabane à pêche.

Le réalisateur Alexandre Rufin présentait quant à lui son deuxième court documentaire dans une série de trois. Après Ô Divin Bovin, présenté l’an dernier à la même soirée, il faisait connaître Miguel. On y découvre le plus vieux libraire de Montréal, Michel Lefebvre, qui s’adresse à la caméra candidement, pour le plaisir des spectateurs.

Sur un ton plus humoristique, Joggin de Yohan Gasse était plutôt réussi, et la salle semblait assez d’accord avec moi vu ses réactions. Le personnage principal est un dépendant au jogging qui rencontre une panoplie de problèmes à cause de sa dépendance. Il explique ses péripéties à un groupe d’entraide pour « jogoholic » et on découvre ses histoires à travers ses confidences.

Les deux autres courts métrages, Dageki et Juste au cas étaient dans un registre plus expérimental. Dans Dageki de Gabriel Maltais et Jean-Charles Zanon, on suit une jeune femme dans ses hauts et ses bas, et ce, à travers une caméra qui donne l’impression que le spectateur est l’autre personnage du film. Soulignons au passage que la trame sonore du court était excellente. Juste au cas, de David Gilbert, montrait aussi quelqu’un qui s’adressait directement à la caméra, mais en livrant un message comme s’il l’enregistrait à l’aide d’une webcam.

Autre nouveauté qui clôturait la soirée régionale: une œuvre d’art médiatique de Nelly-Ève Rajotte, présentée en partenariat avec le centre Bang devant l’Hôtel Chicoutimi. Elle y sera présentée tous les soirs du Festival.

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