Pour en finir avec l’hiver de force et les élections

Mauvaise herbe croît toujours, même en hiver

Proverbe français

 

Je n’entends que ça. Du monde qui chiale contre l’hiver. Du monde qui veulent déménager en Floride où les oranges poussent dans les arbres et où les palmiers ne sont pas en plastique comme chez le Géant Motorisé de Saint-Ambroise. Le monde en a assez de l’hiver qui – faut le dire – s’est affiché tôt cette année. Pis après ?

C’est son droit de commencer où il veut et de finir quand bon lui semble. On ne peut pas grand-chose contre cela. C’est comme si on voulait tout d’un coup considérer les promesses électorales comme des vraies promesses. Les politiciens comme des individus détachés de toute considération partisane.

Il y a des choses qui sont difficiles à modifier. Comme le fait que la politique québécoise en campagne électorale vole de plus en plus bas. Des combats de coqs et de poules qui se gonflent l’égo. À vous donner envie de voter pour le parti Nul ou pour le candidat libéral dans Dubuc ou pour Marc Pettersen dans Chicoutimi-Nord pour encore une fois amuser la galerie de l’Assemblée nationale. L’hiver a des droits sur le reste de nos humeurs. Il a des droits acquis comme on dirait en langage syndical, ceux que le chef caquiste refuse d’admettre avec ses admirateurs de la droite pénible sévissant dans les médias qu’on n’a plus besoin de nommer.

Moi j’ai conclu depuis longtemps un deal avec l’hiver. Pourtant je ne roule pas en ski-doo polluant et bruyant comme mon voisin d’en face. J’espère qu’il se reconnaît…

Je m’en sers de l’hiver, je le fréquente assidument. Je vais me geler le cul dehors quand il fait moins cent. Et, quand je rentre, je ne suis plus pareil. J’ai l’impression d’avoir fait mon bout de chemin avec lui. Et quand je ressors à moins cent, habillé pour évidemment, équipé pour avec mon torpédo à tout faire, et bien je déplore l’absence des autres qui se cachent pour ne pas profiter de cette saison. L’absence des flos surtout qui n’en finissent plus de s’abrutir le cerveau et le corps sur leurs jeux vidéo avec la bénédiction de leurs parents branchés…

On est comme ça ici. On se contente de rien ou du dernier gadget. Et quand « les grosses chaleurs » arrivent, on chiale encore. On investit des fortunes dans des piscines chauffées, des systèmes d’air climatisé, des chars équipés de même au lieu de juste baisser les vitres quand il fait trop chaud. Comme dirait mon ami politicologue, c’est pas avec du monde de même qu’on va faire l’indépendance du pays à PKP. On part de plus en plus loin.

Hubert Aquin avait raison. C’est fatigant d’endurer tous ceux-là autour de nous, ceux qui chialent contre l’hiver comme s’il ne nous appartenait pas, comme s’il ne faisait pas partie de nos gènes après quelques siècles de tempêtes. C’est fatigant de suivre une campagne électorale provinciale qui tourne à vide. Vraiment à vide. Entendre des électeurs et des candidats répéter sans fin que leurs priorités c’est «l’économie», «la santé» et «la création de la richesse».

Allez jouer dehors l’hiver si vous voulez régler tous ces problèmes. Et si vous croyez que le but de la vie c’est de s’enrichir et bien on ne vit pas sur la même planète. Même PKP en a plein le dos de s’enrichir…

Je n’ai pas hâte au 7 avril. Le monde vont encore voter tout croche en pensant aux derniers commentaires de Mario Dumont ou de Jean Lapierre, ou encore de Richard Martineau sur l’urgence de voter pour «du renouveau». Ou ils n’iront pas voter pour la même raison.

J’espère une chose : que l’hiver dure encore. C’est la saison qui me semble symboliser le mieux la politique québécoise. Vivement une grosse tempête de neige le 7 avril. À défaut d’une tempête d’idées neuves.

N.B. J’ai bien ri quand la CAQ a tenu une conférence de presse pour dénoncer les autres partis qui lui volaient ses idées. Jusque là, j’avais jamais pensé que ce parti réfléchissait. Les idées neuves ne sont pas légion durant cette campagne.

C’est fatiguant les reprises en politique comme dirait Hubert Aquin et surtout la peur de tout décider.

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge

 

 

 

 

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One thought on “Pour en finir avec l’hiver de force et les élections

  1. Gilles Tremblay

    Comme la neige, les votes de tous vont nous tomber sur la tête et comme l’hiver, on va pelleter les problèmes vers l’avant et comme le printemps, on va attendre que ça fonde aux prochaines élections.

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