En allant au bureau de vote…

Avec les résultats des derniers sondages (pour ce que ça vaut), il n’y a pas que Pauline Marois qui doit regretter amèrement le déclenchement des élections. Au fait, qu’est-il arrivé pour que le PLQ soit subitement porté au premier rang des intentions de vote avec autant d’avance ? Je ne suis pas politologue. Mais si Philippe Couillard représente les Québécois(es), moi je suis le futur Pape. Des leaders comme lui, ou comme PKP, ou comme Legault, c’est juste malsain pour la démocratie. Comment d’aussi riches petits bourgeois peuvent-ils prétendre représenter leur peuple ? Et comment le peuple peut-il se laisser convaincre par des discours aussi vides et populistes, par des cassettes néolibérales aussi usées qui nient et ignorent des éléments aussi fondamentaux que l’environnement et la justice sociale ? Comme si ce n’était pas aussi ça la richesse. Comme si c’était l’apanage de QS et que personne n’osait s’en réclamer sous peine d’être « relégué à gauche ». Le PQ a mis trop d’eau dans son vin en voulant inclure des candidats de droite. Or, tout indique que les Québécois aiment leur vin corsé et sec. C’est le PLQ qui en profite.

À nouveau, l’économie et le déficit zéro monopolisent les discours et dictent la marche à suivre et les candidats s’entre-déchirent sur la place publique. Mais pour reprendre les propos du philosophe Michel Serre, « nous nous écharpons dans de vains combats tandis qu’à chaque coup de gourdin, l’un et l’autre, nous enfonçons dans les sables mouvants. Ces sables mouvants, c’est notre Monde que nous n’intégrons pas dans nos réflexions ni nos décisions » (Le Contrat naturel, 1992). Voilà : on veut « créer plus de jobs » sans prendre en compte les changements climatiques et on applique l’austérité, sans tenir compte des expériences désastreuses d’autres pays comme la Grèce et l’Espagne. Il serait temps de prendre conscience que ces deux « Titans » (les changements climatiques et les mesures d’austérités) menacent le système économique – et les créneaux traditionnels de l’industrie primaire – et la qualité de vie des ménages québécois.

Paradoxalement ou stupidement, on se laisse convaincre par des promesses faciles, parce qu’on a peur. Peur de ne pas avoir de pain sur la table ou peur du changement. Mais moi ce qui me fait peur, c’est d’entendre parler de paradis fiscal (PKP), de prête-noms (Marois et son mari), de fraude (Couillard et Porter), d’indemnité de départ ridiculement élevée (Barette) et de « grosse patate chaude qu’on doit se donner » (Legault). C’est d’entendre parler du PLQ au pouvoir, d’une campagne bâclée, de slogans populistes, de sensationnalisme, de bouffonneries politiques, d’escroqueries, de magouilles électoralistes, de débats monotones et de si peu d’idées novatrices pour le Québec de demain.

***

Lundi, en allant au bureau de vote, repensez à cette campagne. Et qui sait si à la fin de la parade électorale, un coup d’éclat ne surprendra pas tout le monde dans le détour, comme un virage à 180° des intentions de vote ? Qui sait si, comme ça s’est vu au fédéral il n’y a pas si longtemps, une vague orange ne sera pas élue à majorité parce que le peuple aura voté pour l’intégrité et les vraies vraies affaires…

Quand rien ne va plus, tout est possible.

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3 thoughts on “En allant au bureau de vote…

  1. Je suis entièrement d’accord avec toi et partage ton espoir d’un virage à 180 degré, nécessiare pour que s’ouvre l’avenir enfin! La manif de l’ASSE à Montréal, hier, me redonne vie!

  2. Très bon texte Mathieu, en espérant que beaucoup de gens aient cette réflexion

  3. Marilyn

    C’est un très bon texte en effet. Tes propos sont très cohérents et tes critiques sont infiniment justes, à mon humble avis… Ca fait du bien à lire!

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