Festival Jazz et Blues – Kandle embrase le Sous-Bois

La montréalaise d’adoption Kandle était de passage au Sous-Bois ce jeudi, pour faire entendre son blues-pop à la surprenante maturité.

On peut s’étonner que la venue de la jeune chanteuse, officiellement intégrée à la programmation du Festival Jazz et Blues, ait fait l’objet d’aussi peu de promotion. Car fraîchement débarquée d’un passage en Europe où elle n’a pas manqué de faire parler d’elle, et après le lancement récent de son premier album In flames, Kandle Osbourne représentait certainement l’un des atouts majeurs de cette programmation. Néanmoins, cet ange blond en noir et blanc a attiré un public jeune et fervent dans la petite salle de Chicoutimi.

Après la diffusion remarquée d’un mini-album éponyme en 2011, Kandle a pu affiner ses armes en vue d’un premier album et de la tournée qui l’amène enfin chez nous. In flames laisse entendre une voix plus profonde et mieux assumée, toujours soutenue par les sonorités amples d’un mur de guitares. Si Kandle fascine par la maturité de sa voix et de ses propos, elle doit aussi une large partie de ce charme à son complice Sam Goldberg Jr, guitariste du collectif Broken social scene. Outillé d’une des plus belles telecaster qu’il me fut donné de voir et d’entendre, Goldberg habille les complaintes de la jeune femme de subtiles lignes mélodiques reverbées et torturées. Lorsque cette combinaison gagnante est soutenue par un solide trio rythmique, on ne peut que succomber.

Ils ont mis un peu de temps à se sentir à l’aise dans la petite salle de Chicoutimi. Sur de petits bouts de papier, Kandle avait gribouillé la liste des chansons, en haut de laquelle se retrouvait le blues obsédant In flames. Une façon un brin théâtrale et certes courageuse de commencer un spectacle qui, après deux ou trois chansons, a pu s’installer vraiment. Le temps pour les musiciens d’asseoir leur son si particulier, et pour Kandle d’ajuster sa présence, on était parti pour une courte mais belle soirée. C’est en spectacle que la jeune femme laisse voir, sous le vernis d’une image soignée, son véritable plaisir de jouer et de conduire ses rythmes folks.

Encore une fois il faut souligner la volonté du Sous-Bois de faire entendre dans la région les plus intéressants artistes d’un peu partout. Parce que c’est grâce à cette volonté que Kandle s’est retrouvée ce soir-là intégrée dans un festival nettement plus mainstream. Avec sa grâce et ses histoires d’hommes déprimés qui épuisent leur femme, Kandle a ajouté encore un peu plus de pertinence à la programmation de cette petite salle essentielle.

Quant au festival, il se poursuit jusqu’à dimanche…

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