Tremblay vs Néron : un combat à finir

Je pensais bien en avoir fini depuis longtemps avec Jean Tremblay. J’ai souri quand il a ouvert son compte Facebook, puis pleuré de rire devant la plupart de ses statuts. J’ai soupiré quand il a ouvert son blogue – et non, je n’ai pas encore assez de temps à perdre pour aller le lire. J’ai tressailli quand il a ouvert son compte Instagram. Ne reste plus que Tumblr, pour se réfugier à l’abri du Maire.

J’avais déjà émis une théorie boiteuse par rapport au besoin de visibilité de Jean Tremblay. Je pense sincèrement que cet homme aurait voulu être un artiste. Quelqu’un d’important dans le showbizz. Avoir son 15 minutes de gloire en entrevue chez Denis Lévesque. Étonnamment, Jean Tremblay rivalise de talent avec les plus grands intimidateurs du Web. Très bien adapté à la plateforme numérique, le maire de Saguenay use des tactiques vues et entendues ailleurs – pour ne pas nommer le royaume de Labeaume – où l’on assume ses débordements de personnalité, usant de vocabulaire pas toujours très reluisant, de formules courtes et assassines qui font réagir, de sautes d’humeur sur la tribune qui montrent les dents, les couilles, la main de fer. C’est trendy, d’être un maire coloré.

Je pensais bien en avoir fini depuis longtemps avec Jean Tremblay, jusqu’à ce qu’il s’en prenne de manière exagérée et ridicule à une conseillère de l’opposition – chose qu’il n’a nullement l’habitude de voir autour de la table de son conseil suprême – nommée Josée Néron. Je ne connais pas Josée Néron. Mais ce qui ressort dans les médias ces derniers jours nous montre une femme fière et forte, qui exige qu’on la respecte, tout en réussissant à conserver son calme devant le petit roi de Saguenay. Je suis convaincue qu’elle se laisse aller à quelque cri primal ou danse tribale, le soir, chez elle, pour faire sortir le trop plein.

L’avantage, quand tu es un maire avec beaucoup de personnalité, c’est de réussir, avec une économie de mots et de moyens assez impressionnante, à discréditer toute opposition avec des tactiques assez simples. Pas besoin de stratégie ou d’unité tactique pour user de mécanismes vieux comme le monde. Par exemple, pointer les opposants comme des chialeux récurrents. Ce sont toujours les mêmes, sont jamais contents. Parler aux gens comme s’ils avaient un léger retard mental, leur faire sentir qu’ils ne comprennent pas le dossier ou qu’il leur manque des informations. Ou encore plus facile, leur faire perdre leur sang froid avec quelques phrases pointues et bien placées, pour ensuite montrer combien ils sont enfantins, incapables de gérer leurs émotions.

Le problème, c’est que Josée Néron ne mord pas à l’hameçon. Pire, elle lui répond avec tact. Et que Jean Tremblay, à force de refuser de s’excuser et d’en rajouter, ne fait que démontrer à quel point l’enfant, au fond, c’est lui. Incapable de remettre en question ses manières de faire, son seul argument est qu’il s’agit d’enfantillages. Aveuglé par son propre rayonnement lumineux, il ne voit pas que ses attaques envers Josée Néron atteignent de plus en plus de gens.

Ce que Jean Tremblay doit réaliser, c’est qu’un tel manque de respect sur la place publique n’a pas sa place en politique. Que des formules diffamatoires telles que celles qu’il emploie – au grand bonheur des médias en manque de sensations – lui valent seulement des roulements d’yeux et des soupirs. Et, j’ose l’espérer, des votes en moins.

Pourtant, la majorité de ceux qui votent, votent pour lui. Je me demande à quel point la population de Saguenay a un grave problème mental. Un type visiblement étouffé par son propre égo, qui se réclame de toutes les tribunes comme un exhibitionniste en manque, incapable du respect le plus élémentaire envers les conseillers élus de la municipalité, illuminé et aveuglé par sa croyance en Dieu mais dépourvu de la capacité à mettre en action la moindre valeur chrétienne, c’est vraiment pour ça que vous votez, gens de Saguenay?

Vous trouvez qu’il gère bien? Pourtant, selon un article paru ce matin dans Le Quotidien, la dette ne fait qu’augmenter et atteint un  nouveau sommet. Le déneigement est merdique et mal organisé, les rues sont trouées de partout, les amis du maire font des voyages à vos frais et reçoivent des pluies de subventions. Quand ils sont défaits, se trouvent des emplois bien payés et bien placés – ombudsman, zone portuaire, ligue de hockey, etc. Les fond publics sont dilapidés à coups de millions par des organismes para-municipaux (Promotion Saguenay, Diffusion Saguenay) dont vous ne savez rien – et ne pouvez rien savoir. Les opposants se font ramasser dans les médias, ou, plus subtilement, retirer leurs deniers. Une entreprise de Saguenay a goûté récemment à la médecine réservée à l’opposition. La boîte de publicité Pigé! s’est fait retirer son numéro de fournisseur à Ville Saguenay. Un cas isolé? J’en doute. Cela m’est également arrivé avec ma petite entreprise. J’ai entendu mille petites histoires de menaces, de chantage, de poursuites baillon, des vraies de vraies histoires de peur.

C’est vraiment pour ça que tu votes, Saguenay?

Ceux qui osent parler savent bien à quoi ils s’exposent. Heureusement, il reste encore des gens à qui ça ne fait pas peur. Josée Néron et Christine Boivin (l’autre conseillère dans le collimateur de JT) font preuve d’un courage plus que nécessaire, qui met en lumière le comportement inacceptable du maire. Mais je me demande… où sont les autres conseillers? Interrogés par les journalistes, ils n’ont jamais rien à dire. Jamais de questions à poser. Jamais de réponses non plus. De quoi – ou de qui – les conseillers de Saguenay ont-ils peur?

Ah oui, je sais, tantôt je vais recevoir des messages privés sur Facebook, parce que j’en ai des amis (et moins amis) conseillers. Ça va se lire comme ça : « je change les choses de l’intérieur, je travaille mes dossiers sans faire de remous, pour ne pas avoir de bâtons dans les roues, je flatte dans le sens du poil pour que ça fonctionne mieux… » Faites-moi rire un peu, ça va me faire du bien. Parce que pour l’instant, Saguenay, je te regarde aller pis je déprime.

Josée Néron, tout le monde te regarde. Plusieurs t’admirent et se tiennent debout à tes côtés. Come on. Finish him.

 

*** Notez bien que je me retiens très fort, ici, de ne pas faire allusion au fait que Jean Tremblay attaque exclusivement des femmes. Je vous laisse à votre féminisme (ou pas) ou à votre mauvaise foi (ou pas) pour croire (ou pas) que Jean Tremblay serait, en plus, misogyne. ***

Commentaires

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41 thoughts on “Tremblay vs Néron : un combat à finir

  1. Camille Gagnon

    Bravo pour le contenu de cet article! Vous frappez dans le mille !

  2. un artiste en politique… une pensée pour l’empereur Néron du coup

    1. Marielle Couture

      Sans tomber dans le point Godwin, je dirais même plus Hitler 😉

      1. Sonia

        Justement Marielle, je pensais à cette comparaison

  3. Et vlan!

    Que ça fait du bien.

  4. Sulou

    Enfin, quelqu’un qui voit le vrai jeu d’un manipulateur. Il dit ce que le peuple veut entendre mais fait ce LUI il veut

  5. JPB

    Excellent texte, Marielle !

  6. Sophie Torris

    « Cet homme aurait voulu être un artiste »! J’adore… Quel magnifique paradoxe! Merci Marielle.

  7. Jean-Jacques Reigneau

    Pensé claire et concise.

  8. 100% en accord. Merci et bravo à ceux et celles qui se tiennent debout. Les autres, gérez votre conscience comme ça vous plait! Mais une chose est sûre, ça va finir par vous rattraper. Croyez-le.

  9. Da fait du bien de voir que des femmes et des hommes se tiennent debout pour dénoncer et décrire la vérité.

  10. Arlette

    Enfin les yeux commencent à s’ouvrir et les langues se délient en espérant que cela ait du résultat au conseil municipal.

  11. Paul Gagnon

    Excellent article, excellente analyse de cette comédie humaine, de ce Tartuffe de maire, de ces père Ovide du pouvoir. Je pense à un particulièrement qui succède à Marina Lessard et qui me semblait articulé mais que je trouve particulièrement troufion, alambiqué et peureux de surcroît. Il peut bien se terrer derrière son argument de travail de l’intérieur. Triste et désolant!

  12. Excellent article Marielle! Fait encourageant au Saguenay, l’opposition se renforci et surtout avec notre génération….

  13. larouche Diane

    je trouve que x’est bien dit et je ne suis plus capablee de l’entendre ni le voir. C’est un homme imbu de lui même. Ce n’est que lui qui a raison. Quand la population va-t-elle se réveiller. Il veut faire parler de lui

  14. Richard Claveau

    Il gère la ville comme un curé dans les années 40 et 50

  15. Gabrielle Le Brun

    Bravo Marielle,je dirais dans les années 20,il devrait allé se battre a Québec contre La baume et laisser le Saguenay a des gens RESPECTABlES plus que lui……

  16. Marielle dit dans des mots, tout ce que je rêvais de dire tout haut . Bravo….mille fois bravo .En ce qui concerne sa mysoginie , depuis qu’il a une vie  »publique » elle lui a toujours collé à la peau

  17. Julie G.

    Entièrement de votre avis! Je suis de plus en plus découragée et amère de ce ‘personnage’. Quand en campagne électorale il ne voulait pas faire de débat, c’était le comble! Le ‘J’ai toujours raison’, ça va faire!

  18. Lucette Poirier

    Bravo,pour moi c’est un clown

  19. Pascal

    Un gros bravo, tu as réussi à écrire ce que tout le monde pense au fond d’eux, continuez à talonner les enfantillage de Jean Tremblay, on mérite 100 fois mieux comme maire !

  20. Samuel T.

    Syndrome d’Hubris

    1 – Inclination narcissique à voir le monde comme une arène où exercer son pouvoir et rechercher la gloire.
    • 2 – Prédisposition à engager des actions susceptibles de présenter l’individu sous un jour favorable, c’est-à-dire pour embellir son image.
    • 3 -Attrait démesuré pour l’image et l’apparence.
    • 4 – Façon messianique d’évoquer les affaires courantes et tendance à l’exaltation.
    • 5 – Identification avec la nation ou l’organisation, au point que l’individu pense que son point de vue et ses intérêts sont identiques à ceux de la nation ou de l’organisation.
    • 6 – Tendance à parler de soi à la troisième personne ou à utiliser le « nous» royal.
    • 7 – Confiance excessive en son propre jugement et mépris pour les critiques et les conseils d’autrui.
    • 8 – Impression d’omnipotence sur ce que l’individu est personnellement capable d’accomplir.
    • 9 – Croyance qu’au lieu d’être responsable devant ses collègues ou l’opinion publique, le seul tribunal auquel il devra répondre sera celui de l’histoire.
    • 10 – Croyance inébranlable que le jugement de ce tribunal lui sera favorable.
    • 11 – Perte de contact avec la réalité, souvent associée à un isolement progressif.
    • 12 – Agitation, imprudence et impulsivité.
    • 13 – Tendance à accorder de l’importance à leur« vision », à leur choix, ce qui leur évite de prendre en considération les aspects pratiques ou d’évaluer les coûts et les conséquences.
    • 14 – Incompétence « hubristique », lorsque les choses tournent mal parce qu’une confiance en soi excessive a conduit le leader à négliger les rouages habituels de la politique et du droit.

    Source : http://www.psy-luxeuil.fr/article-le-syndrome-d-hubris-la-maladie-du-pouvoir-120982919.html

  21. Clément Couture

    A vous lire je crois voir la situation de Québec où notre pigeon voyageur agit exactement pareille envers mme Guérette et d’autres femmes qu’elles soient journalistes, directrice d’un syndicat, directrice de l ‘organisme La Capitale natinale etc. De pauvres individus rétrogrades qui pourtant se font réélire, c’est tout simplement aberrant et nous pouvons nous demander jusqu’à quelle point nous ne nous faisons pas encore avoir par le financement illicite des partis et par les médias à la recherche de Une.

  22. Lavoie Denis

    aLe maire a deux diplômes: une maîtrise en manipulation qui lui donne des conseillers béni-oui-oui, qui prient à tous les jours. Son deuxième diplôme: un doctorat en intimidation: s’il était un élève dans une cour de récréation, il passerait devant la direction ou devant le comité de discipline pour « bullying ».
    J’ai hâte que la loi sur l’intimidation soit votée: il ne passerait pas le test. Un enfant-empereur de ce genre n’a pas sa place à la tête de la ville.

  23. martyne corneau

    le paragraphe 4 décrit tres bien les agissements du maire. Il se plante un clou dans le pied ,cela me surprend qu’ il ne le voit pas .C’est décevant de constater comment il perçoit les citoyens, ses opposants, son attitude n’est pas agréable, vraiment pas…

  24. Martin Duchesne

    Que dire de plus! C’est exactement ce que j’en pense!

  25. Lessard

    En plein dans le mille! Je suis à bout de lui et de toutes ses magouilles qu’il nous passe sans que personne ne s’y oppose ou presque…

  26. DominicBouchard

    Je suis totalement en accord avec vous. Bravo aux deux conseillères. Et je n’ai jamais voté pour Jean Tremblay.

  27. Marielle pour ton texte ,je te félicite ,tu décrits très bien le personnage .Dommage que tous résidents de Saguenay ne le voient pas comme nous .J’encourage Mme Néron a continuer son excellent travail de conseillère municipale .Elle a beaucoup de cran ,tant qu’aux autres ……… ………

  28. Josée

    Pour moi les gens de Saguenay sont comme ceux du Québec, ils ont la mémoire courte!

  29. Alain delisle

    Que dire de plus…BRAVO

  30. Rob

    Comme c, est comique de lire les âneries des mêmes personnages toujours mécontent du maire , vous devriez vous en dessiner un à votre goût.

  31. Esthel Tremblay

    Merci à Marie-Claude pour le partage de cet article que j’ai lu pour la première fois et qui dépeint très bien le syndrome d’Ubu dont le maire est gravement atteint.
    De plus, Sylvain Gaudreault l’a déjà qualifié de machiavélique. Bien d’accord car cet être est foncièrement méchant. Le pire c’est qu’il a des tentacules partout.

  32. Seigneur delivrez nous du maire, amen.

  33. vicky bouchard

    Le maire est un pervers, narcissique, manipulateur qui s’attaque au gens qui réfléchissent pas comme lui!

  34. Eric

    Cette phrase résume si bien notre maire « incapable du respect le plus élémentaire envers les conseillers élus de la municipalité, illuminé et aveuglé par sa croyance en Dieu mais dépourvu de la capacité à mettre en action la moindre valeur chrétienne »

  35. Les imbéciles utiles ont comme seul moyen de protection, le principe de Peter, plus simplement, le don s’entourer de crétins inoffensifs. La population de Saguenay quant à elle ne se distingue guère de celles des autres au Québec; nous vivons une montée fulgurante de l’insignifiance et nous ne pouvons échapper à ses retombées. Toutes et tous ont intérêt à être bénévole et à renoncer au militantisme…un mot qui fait peur aux illettrés. Je vous souhaite toute la reconnaissance que vous méritez Madame, espérant que vos concitoyennes et vos concitoyens en vivent les résultats. Votre communauté est loin d’être la seule à vivre autant de misère mentale et même si l’Histoire en rira bien, reste qu’au jour le jour cette plaie est brûlante et gênante. Bonne année, malgré la folie ambiante. Daniel Gagné, Val d’Or, Abitibi, Québec

  36. Andrée Simard

    J’ai vraiment hâte que la démocratie revienne à Ville Saguenay. Si t’es pas du bord à Jean Tremblay, t’es un(e) moins que rien.
    Excellent article.

  37. Sabin Bois

    Les gens qui votent à Saguenay, comme ceux de Québec ou de Montréal, votent pour des clowns qui les font rire et qui parlent « peuple », dont certains médias se font les haut-parleurs.
    Ils se font « fourrer »par ces crétins en mal de visibilité, et méprisent les élus qui font preuve de dignité et de réflexion.
    C’est d’une tristesse sans fond….

  38. Richar Côté

    Au sujet de la misogynie évidente de Lâlâ, serait-il allé suivre un cours avec Couillard en Arabie Saudite? Ce doit être écrit quelque part dans sa Bible que Dieu créa les femmes exclusivement pour fabriquer des enfants et torcher les mâles. Natif d’Arvida, j’ai honte chaque fois que j’entends ses propos imbéciles.

Pas de commentaires, merci.