Poni – Poni

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Poni – Poni

Costume Records / sortie le 20 mai 2014

 

Superband issu de la scène musicale sous-terraine québécoise, Poni est formé de deux Guenilles (Jonathan Bigras et Simon Gauthier), d’un membre de Deux pouilles en cavale (Nicolas Gosselin) et d’un autre tout droit sorti de Buddy McNeil & The Magic Mirrors (Nicolas Beaudoin). Le quatuor nous avait offert un maxi de trois chansons à pareille date l’an dernier, ces mêmes chansons se retrouvent d’ailleurs sur cet album homonyme.

Une année s’est donc écoulée pour que la cohérence se solidifie (sans rien enlever audit maxi) et que Poni nous ponde une galette de 11 titres d’une qualité égale aux membres qui composent la formation. Côté mix, on note que les hautes fréquences du maxi ont laissé la place à un environnement musical plus enveloppant, voire atmosphérique par moments, soutenu par une présence justifiée des basses qui sied très bien aux compositions du groupe. En ce qui concerne la musique proprement dite, la section rythmique est impeccable, en particulier sur les pièces Frite belge et La marée, cette dernière se donnant même des accents stoner. Les guitares sont parfois soignées, parfois sales mais jamais à côté de la track. Les compositions sont aussi fines que rugueuses, tout dépendant des pièces qu’on choisit d’écouter ou de la trajectoire que le groupe voudra bien donner à une pièce en particulier. Par conséquent, on rocke quand c’est le temps et on navigue dans l’onirisme quand vient le moment de se décrisper la cervelle. En somme, cet album possède un très bel équilibre entre dureté planifiée et vol plané inspiré.

Le seul bémol , et qui en est un d’envergure pour l’auteur de ces lignes, réside dans le fait que la voix disparaît souvent dans le mix, rendant les paroles inaudibles. Y allant d’un point de vue personnel, je blâmerai ici nos contemporains de l’ingénierie du « son rock québécois » qui tendent tous ou presque à mixer la voix à la manière des albums de Malajube et autres consorts des voix vaporeuses, c’est-à-dire avec une réverbération exagérée et/ou un écho agaçant et surdimensionné, comme si la voix avait été enregistrée dans un gymnase installé dans une église au fond d’une caverne… Toutefois, devant l’éclectisme intrigant qui cimente le corps et l’âme de ce quatuor talentueux et devant la solidité des chansons qui parsèment cet album, seuls les sourds, les gens souffrant d’amusie et les mélomanes paresseux passeront à côté de l’écoute d’un tel projet. Dommage pour eux.

Note: 7,5/10

Écoutez l’album en ligne ICI.

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