Au commencement était l’action

Ces paroles, une amie les avait prononcées alors que nous organisions une marche citoyenne, dont la cause m’échappe. La citation vient de Faust, un personnage rocambolesque imaginé par Goethe, le philosophe allemand. En quête de savoir et de vérité, Faust voulait montrer que le savoir livresque – ou celui du web – n’est rien en comparaison de l’expérience. Chacun peut adhérer à cette philosophie, à sa manière…

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En 2012, une poignée d’étudiants danois discutent autour d’un verre à Bogota (Colombie). Ils parlent de la ville, de son aménagement, de citoyenneté et de tout ce qui ne fonctionne pas. Ils se disent qu’il faut faire quelque chose. L’un d’eux propose alors d’organiser six interventions en une journée pour améliorer la ville. Un autre lance pour rire « 100 en 1 jour! ». Tout le monde s’esclaffe, on n’en fait rien de sérieux sur le moment. Puis, l’idée fait son bout de chemin…

Le 26 mai 2012, c’est plus de 250 interventions qui ont été réalisées à Bogota en l’espace de 24 h, donnant le coup d’envoi d’un mouvement international. Inspirés par le « rêve » et le « beau », des centaines de personnes ont pris part au mouvement, propulsées par l’idée selon laquelle être citoyen, ce n’est pas seulement voter, payer ses impôts et travailler pour vivre.

La citoyenneté a du plomb dans l’aile. Le travail, les études ou la famille drainent le quotidien et pendant ce temps, hors de l’espace démocratique, les pouvoirs en profitent, brassent des affaires et se consolident. Les étudiants danois l’avaient compris et ont voulu faire sortir les gens de leur zone de confort sans attendre qu’une crise survienne et – surtout – sans demander de permission. Agir pour le bien commun ne devrait pas passer par des fonctionnaires, des bureaucrates ou des policiers. Réhabiliter la citoyenneté demande de préserver une spontanéité et une autonomie au sein de l’espace public.

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Le 7 juin dernier, les villes de Montréal, Toronto, Halifax et Vancouver ont participé au mouvement 100 en 1 jour. Le jour suivant, c’était au tour de la population de Saguenay de passer à l’action. Plutôt que de contempler ou critiquer le développement de la ville, plutôt que de chialer contre le manque de vision ou les déboires du maire – ce qui n’est cependant pas une mauvaise chose – des citoyens et citoyennes se sont organisés pour faire de l’espace public, en l’occurrence la Place du citoyen, un lieu habité, dynamique, embellis et démocratique. Ce fut l’occasion non seulement de rêver, mais d’agir concrètement, positivement et joyeusement dans plusieurs quartiers de la ville. Et bien que le collectif initiateur Saguenay en transition n’ait pas atteint l’objectif des 100, plus d’une soixantaine d’actions artistiques, politiques, environnementales et sociales ont tout de même été réalisées. Des « créatoires », laboratoires de réflexions et d’actions qui alimentent le mouvement des 100 en 1 jour, seront organisées au cours de l’année qui vient pour planifier une 2e édition. Le leitmotiv : la métamorphose de la pensée par une transition dans l’action.

Si au commencement était l’action, le changement vint juste après…

Groupe Facebook 100 actions en 1 jour à Saguenay / Page Facebook de Saguenay en transition

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