Pour saluer les ex employé-e-s de Walmart

Un capitaliste d’ailleurs ou d’ici ne connaît qu’une vérité : le profit.

Le bien être de ses compatriotes passe après.

Michel Chartrand

 

J’ai pensé rendre hommage et saluer bien bas les ex employé-e-s de Walmart à Jonquière qui viennent de remporter une victoire historique devant la Cour Suprême en leur offrant ce poème écrit en 2006 lors d’une soirée de poésie des Poèmes Animés. Il a été publié par la suite dans le recueil Tranchées aux Éditions Trois-Pistoles en 2007. Par la même occasion, je voudrais faire écho à la charge anti syndicaliste provoquée par la décision du plus haut tribunal du pays. On n’est pas sorti du bois avec cette droite admiratrice des compagnies riches et célèbres qui n’ont qu’une vérité comme disait Chartrand, faire du cash sur le dos des travailleurs. Vivent les syndicalistes de Walmart.

 

Wal mord

 

Il appelle son chien Wal comme le magasin

Là où il travaille pour presque rien

Là où il devient dingue un cran de plus chaque matin

S’il s’écoutait, il vendrait son gérant qui le fait chier

Mais c’est son beau-frère

À cause de lui il fuit sa soeur

À cause de lui, il ne distingue plus la vraie vie

Des spéciaux de la semaine

À cause de lui, il a dénoncé ses camarades de travail

C’est moins cher chez Walmart

On vend tout, même son prochain

La solidarité capitaliste n’a pas de limites

Il le sait plus que quiconque

Il les a dépassées depuis longtemps

Quand il a la garde de ses deux filles

Valérie 4 ans et Nancy 6 ans, le dimanche

Il les guide dans le magasin

Ensemble, ils visitent le rayon des jouets inutiles

Elles hurlent pour tout avoir

Il les calme en leur faisant manger n’importe quoi

L’après-midi passe ainsi

L’autre jour, il a été malade

Assez malade pour ne pas rentrer

Son beau-frère lui a dit de rentrer

Il filait vraiment mal

Il brûlait de fièvre sur l’heure du midi

Il s’est dissimulé dans l’entrepôt pour vomir

Depuis quelques jours, il dresse son chien Wal

Il le prépare

Il canalise sa rage avec la sienne

Ils vont bientôt bondir ensemble

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

Ex responsable de l’information au SPECJ (Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Jonquière, 2001-2010)

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :