Radio X se refait une virginité

La gauche, c’est ce qui essaie de comprendre.

La droite, c’est ce qui refuse même d’envisager qu’il y ait quelque chose à comprendre.

Quand la gauche se comporte de la façon numéro deux, c’est simplement qu’elle n’est pas la gauche.

Cavanna, Le saviez-vous? Le petit Cavanna illustré, 1990, Folio 2146

 

Or donc, Radio X tente de se refaire une virginité en liquidant ses acquis encombrants, compromettants, et en débauchant des retraités du côté de la SRC. Je parle évidemment de son antenne montréalaise qui n’a jamais pu s’affirmer depuis son entrée en ondes il y a deux ans. Les derniers sondages l’inscrivaient dans le négatif total, alors qu’ailleurs, à Québec et ici au SLSJ, ce poste de radio plus ou moins parlée continue de s’afficher comme étant une «source d’informations» crédible tout en évitant de trop se compromettre pour conserver ses fidèles.

En gros, ici on laisse parler trop souvent le maire pour entretenir le mythe et on fait appel à un conseiller municipal clownesque de Chicoutimi-Nord. Le reste du temps, on parasite les nouvelles des salles de presse de la SRC, du Quotidien et parfois de TVA. Dans le fond ici, Radio X et ses animateurs bavards survivent grâce à ceux et celles qui font le travail journalistique à leur place. Radio X ne faisant que radoter ce qu’on a déjà lu ou entendu ailleurs, entre des plages interminables de pubs pénibles et chauvines.

Que s’est-il passé au juste à la Radio X de Montréal pour qu’on veuille désormais l’identifier comme le 91,9, pour essayer une dernière fois de faire oublier ce X qui lui colle à la peau comme d’ailleurs l’appellation de radio poubelle?

Et bien voilà. Le 24 juin à la Saint-Jean-Batiste, on a limogé l’animateur «vedette» du matin, Carl Monette qui avait fait ses classes ici comme commentateur anti-syndicaliste, anti-BS, gino sexiste, anti-culturel, anti-PQ, anti-écolo et admirateur du maire et de Stephen Harper.

En quittant la région, une meute de poursuites en diffamation le flairait. Les auditeurs montréalais se sont toujours demandés où cet énergumène mal embouché avait fait son apprentissage pour aboutir là, dans le trafic matinal de la radio montréalaise passablement encombré. Il n’arrivait jamais à suivre la parade souffrant de ce que les autres joueurs du matin possèdent: une salle de nouvelles et des chroniqueurs expérimentés.

Espérons que cet animateur «vedette», en lock out forcé, n’aura pas l’idée de revenir sévir une autre fois de ce côté-ci du Parc où on le considérait comme une bête radiophonique malgré ses écarts de langage, sa vulgarité et ses valeurs d’extrême droite.

À sa place, la direction de Radio X Montréal vient d’engager nul autre que Louis Lemieux, monsieur catastrophe et déluge du Saguenay qui vient justement de prendre sa retraite de la SRC après 37 ans de loyaux services. Entre vous et moi, cet animateur de RDI fin de semaine, aurait pu tout de même, se garder une petite gêne avant d’accepter cette «promotion». Il n’y a pas seulement les médecins spécialistes qui veulent entretenir leur gros train de vie et payer leur condo en Floride.

On imagine donc que Radio X Montréal, pardon le nouveau 91,9, entend par là se refaire une image et une virginité en prenant ses distances de ses collaborateurs tonitruants et réactionnaires qui ont fini par tomber sur les nerfs des amateurs de radio poubelle eux-mêmes. On croit qu’en engageant un animateur comme Louis Lemieux, on va nous faire croire que les autres animateurs de Radio X vont devenir plus… crédibles et intelligents.

Le grand ménage montréalais de Radio X a même emporté dans sa vague «l’idéologue» attitré du poste qui sévissait sur le réseau, entre autres à l’émission matinale d’ici, Éric Duhaime, monsieur anti-syndicaliste. Il trouvait que la grille d’automne comportait trop de changements… Si on lit entre les lignes, on voit bien qu’il a quitté avant qu’on lui montre la porte comme un autre grand «idéologue» de la boîte récemment limogé, Stéphane Gendron, le maire anti-minou.

De ce côté-ci, quel est l’avenir de Radio X? Il dépend évidemment de sa tête de pont située à Québec qui rayonne encore bien dans son gros village à l’ombre du Parlement et de l’hôtel de ville du maire Labeaume. Il meuble tout de même le temps d’antenne de l’avant-midi avec Maurais live anti-carré rouge toujours, qui rêve de déménager le Québec aux États-Unis. Il dépend aussi des déboires financiers montréalais qui peuvent hypothéquer grandement l’avenir fragile d’un poste de radio animé par des animateurs et des gestionnaires sans syndicat où règne le motto des self made men et women «au plus fort la poche».

La cerise sur le sundae, c’est le gros Champagne qui reprend du service l’après-midi au poste «communautaire» de Jonquière CKAJ, pour mêler les cartes de la radio parlée et bavarde locale et celles de Radio X, évidemment. Tout en permettant une fois de plus au maire de multiplier ses interventions auprès de son ami personnel de toujours qui lui a déjà servi de conseiller. C’est en grande partie grâce aux sorties radiophoniques déplacées du premier magistrat de la Ville que bon nombre de postes privés de la région survivent encore.

Et on ne parle pas de la volonté de Jeff Fillion d’étendre son émission d’NRJ Québec (98,9) sur la région du SLSJ à l’heure du midi pour rebrasser encore plus les cartes de notre radio poubelle locale. Là encore, Radio X risque de perdre une autre brochette de ses fidèles. Des langues sales font courir la rumeur que monsieur Champagne avait fait des démarches pour animer ClassRadio (103,5) en ATM au Cégep de Jonquière mais Myriam Ségal, qui sévit elle-même dans un poste poubelle à Québec (FM93,3) les fins de semaine, a préféré le garder loin de ses élèves. Geste humanitaire s’il en est un qui l’honore.

Bref, il existe une crainte et peut-être un souhait pour l’avenir de notre radio parlée régionale: que Radio X recrute du côté de la SRC ou vice versa. On peut s’attendre à tout dans ce petit monde de la radio poubelle qui semble tout vouloir récupérer. Elle porte très bien son nom d’ailleurs. Pourquoi vouloir la débaptiser?

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

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11 thoughts on “Radio X se refait une virginité

  1. Richard Gauthier

    S’il vous plaît, garder vos vidanges chez-vous , Nous n’en voulons plus à Québec des Fillion, Gravel, Landry,Bouchard et cie. Nous avons assez des nôtres (Landy, Maurais,etc)! 🙂

  2. jc cote

    modification: Des langues sales font courir la rumeur que monsieur Champagne avait fait des démarches pour animer ClassRadio (103,5) en ATM au Cégep de Jonquière …

    aucun enseignant ne prend les ondes .. seulement les étudiants . merci de modifier le texte .

    signé un diplômé de radio 2014

  3. Jean-Bernard S., Jonquière

    Si les accusations qui traînent contre vous étaient contre moi, je me retiendrais de porter des jugements sur les gens comme vous faites. Et j’imagine que ce commentaire sera censuré, ce qui prouvera sans doute que vous êtes du genre » moi je peux parler des autres personnes mais personne ne peut jaser de moi-même. » Vous êtes ce que vous dénoncez haut et fort. Regardez votre nombril et vos problèmes au lieu de critiquer les autres. Lorsque vous aurez atteint la perfection alors là on pourra s’en reparler….

    1. Marielle Couture

      Évitez de supposer comme vous le faites, ça ne fait pas très solide comme argumentaire 😉 S’il fallait être parfait pour critiquer, j’imagine que vous vous en abstiendriez aussi… non?

      1. Benoit

        Attention mr Demers, Quand Marielle Couture défend quelqu’un ou quelque chose, elle a plus tendance à lui nuire 😉

  4. Simon Tremblay

    Bonjour monsieur Demers, je suis à revoir ma liste de collaborateurs pour l’automne et j’aimerais beaucoup vous offrir une tribune dans l’émission du midi. Merci de me faire part de votre intérêt par courriel [email protected] Merci !

  5. Ghislain

    Si vous n’étiez pas pleutre et aussi imbu de la réalité d’un monde gauchisant et de structures toujours plus grosses qui engendrent des déficits, vous accepteriez de débattre avec les gens de Radio X. Malheureusement, comme plusieurs détracteurs de cette radio, vous préférez vomir vos insanités et refuser de débattre, provoquer des « alertes a la bombe » en prétextant l’élan artistique et idéologique. Un vrai artiste accepte le débat public et refuse la pleutrerie, le jaunisme et échange allègrement dans la sphère publique plutôt que de faire du soliloque dans le désert…

  6. Samuel Rooke

    Bonjour M. Demers,
    Je vous cite

    « De ce côté-ci, quel est l’avenir de Radio X? Il dépend évidemment de sa tête de pont située à Québec qui rayonne encore bien dans son gros village à l’ombre du Parlement et de l’hôtel de ville du maire Labeaume. »

    Dans cette citation, je m’attarde sur votre vision de la ville de Québec. « Gros village » renvoie à une image négative et fausse. Moi-même qui renie Radio X et habite Québec (j’en suis natif), il me fait un peu mal de vous voir dépeindre ma ville, de ce que je considère d’après cette citation, comme étant un monolithe arriéré et sans mouvance culturelle. Je suis d’accord avec la majorité de votre propos concernant Radio X, mais je me donne le droit de vous critiquer sur cette parole qui, pour moi, relève d’une ignorance et qui, je l’espère, est bénigne. Je rappelle que Québec connaît un essor tant économique, social que culturel depuis au moins 2008 (le 400e), si ce n’est pas avant. Bien que nous pouvons critiquer Labeaume, il y est pour beaucoup dans cet essor d’ailleurs bénéfique pour l’ensemble de notre province (alors que Montréal connaît plusieurs problèmes structurels). Les débats sociaux, à l’intérieur de la capitale, sont bien présents à travers sa population diversifiée sur de nombreux plans: social, intellectuel, culturel, artistique… Plusieurs idéologies politiques et économiques s’y confrontent; il ne faut pas l’oublier.

    Alors, une ville de 750 000 habitants qui englobe un bassin de population de plus d’un million d’âmes n’a plus à se faire traiter de « gros village ». Je pense que c’est un respect dont les Montréalais devraient avoir; c’est une généralisation qui ne devrait plus être.

    Merci,
    Samuel Rooke, 22 ans, étudiant à l’université Laval, 3e année BAC en histoire.

  7. Robert Denis-Rheault

    «Radio X Montréal, pardon le nouveau 91,9»
    Un «rebranding» est-il à prévoir cet automne?

  8. G. H. Côté-Trembaly

    Mouhahahaha Ghislain, si tu penses que mettre des  »pleutre » et  »soliloque » te donne de la crédibilité, on repssera… Le radotage des animateurs (et non journalistes) de Radio X ne sert qu’à une chose: chiâler sur les ondes en provoquant l’auditoire pour vendre plus de pub. Personne ne fait de recherche, de réflexion réelle, de remise en question – on donne son opinion personnelle en salissant ceux qui pensent autrement. De toute façon, les chiffres parlent puisque les commanditaires n’étaient pas là. Bon débarras.

  9. Martin Beauchamp

    J’adorais ce Carl Monette. Radio x Montréal était la meilleur radio depuis des lunes. C’était des jeunes comme moi qui pense différemment et qui veulent du changement car nous nous sommes conscient de ce qui s’en vient avec cette province de pauvre. Le seul problème de radio x c’est que les gens ne connaissaient pas cette fréquence. Les bébé boomers qui ne connaissent rien de la nouvelle génération crache sur Harper mais ce gars là est le meilleur premier ministre depuis longtemps. Vivre le Canada et radio x

Pas de commentaires, merci.