Vice & V.I.Street – Et mangez-en tous

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Vice & V.I.Street – Et mangez-en tous

P572 / sortie le 22 juillet 2014

 

Issus du collectif mythique de Québec Black Taboo, Vice & V.I.Street nous servent un premier album fougueux qui frappe « drette dins dents ». Les 44 pistes de cet opus pourraient nous faire croire que le temps sera long, qu’il y a trop de plages pour en savourer la substance, mais non, étonnamment, ce quadruplé de 11 chansons est aussi efficace qu’un triplé de six au jeu de dés des truands d’Orsainville. D’ailleurs, pour les néophytes dudit jeu de dés, le livret (très complet) qui accompagne le CD nous explique parfaitement comment nous y prendre pour goûter pleinement le ludisme de ce divertimento insolite.

Pour revenir à l’opus proprement dit, on note que la plume acerbe de Vice ne s’est pas perdue au fil des années. On prend donc un malin plaisir à suivre le flow du MC en mémorisant facilement des lignes telles que « Non mais c’est pas pour rire / Où c’est qu’on est rendu / Les gens veulent plus mourir / Ont l’avenir suspendu« , « J’vas te sauter comme une botte / De légumes dans un Wok » et d’y aller dans la langue des Beastie Boys avec « It’s simple math / The perfect wife / The joy of Fat / The Meaning of Life ». On s’entend, si tu n’aimes pas le propos de Black Taboo, tu n’aimeras pas, ce qui n’est pas mon cas car j’apprécie pleinement cette stylistique franche et singulière. Sur le plan musical, V.I.Street nous sert de magnifiques samples de soul, de funk et de jazz sur une rythmique qui ravira certainement les amateurs de hip hop américain de la fin des années 80 et du début de la décennie 90. De plus, il est impératif, malgré les quelques nombreux bijoux qui mériteraient une place sur les ondes radios, d’écouter l’album dans sa structure initiale, sans lecture aléatoire, car le pacing des pièces est magnifiquement bien ficelé pour une écoute en continu. Sans nous laisser le temps de souffler, on se laisse aller et surprendre par des boucles qui s’enchaînent une à l’autre comme lorsque ton couple, au lit, vit l’apogée du cul qui lui sourit.

Et mangez-en tous est un album qui peut paraître, pour certaines vierges du blasphème, un brin puéril, mais il trace si vaillamment la ligne entre le premier et le deuxième degré que seules les nonnes de la rectitude et du politically correct ne pourront l’apprécier. Vice & V.I.Street savent comment faire du « Pop Rop » bien huilé, efficace et dynamiquement impeccable, et ce sans trop se la jouer, ce qui est tout à leur honneur. Enfin, cet album est visiblement un hommage au city slang, aux truands de bonne volonté qui aiment souvent l’échapper et à ceux et celles qui n’ont pas « le cordon du coeur qui traîne dans marde » pour l’éternité.

Note satanique : 6,66/7,57 (convertie en note critique : 8,8/10)

Écoutez l’album en ligne.

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