Rythmes au mélangeur

Soirée mouillée et plutôt électro au Festival des Rythmes du monde en ce vendredi de fin juillet.

 

Bonifassi à la racine

 

L’événement nous a donné la chance de découvrir le nouveau projet de Betty Bonifassi, qu’elle a présenté au début du mois au FIJM sous l’intitulé Chants d’esclaves, Chants d’espoir. Pour l’album prévu en septembre, la chanteuse a rassemblé une collection de ces complaintes issues de l’esclavage, de la fatigue et de la chaleur, mais surtout d’un rythme qui a précédé et inspiré l’ensemble de la musique Noire.

 

Attaquant cette riche matière par le funk, tantôt tendance planante à la Parliament, tantôt rock-blanc à la Screaming Headless Torsos, Bonifassi et son trio ravivent des chants d’une grande richesse, dont jaillissent parfois de lumineuses lignes mélodiques, toujours soutenues par une fondation rythmique béton.

 

Peut-être était-ce un manque de rodage, ou encore la pluie qui refroidissait un peu tout le monde même après s’être retirée… mais la prestation n’a pas atteint toute sa force potentielle. Bonifassi ne manque pas de présence dans la voix, mais sur scène c’est une fille de groupe, pas encore tout à fait une « front woman ». On a néanmoins hâte à l’album, pour aussi en découvrir les paroles et les arrangements qui promettent d’être variés.

 

Disco-mobile Deluxe

 

De ce funk, Qualité Motel perpétue les costumes de scène extravagants, les flagrances culturelles gonflées et le martèlement séquentiel. Avec pas mal de poil, beaucoup de fils et de belles machines, le quintette effectue une dynamique synthèse synthétique des 25 dernières années. Se croisent, sans discrimination, AC/DC et Philippe Lafontaine, Les Jacksons et Jonathan Painchaud, Shakira et les Ting Tings, entre beaucoup d’autres. C’est dire à quel point tout le monde trouve tôt ou tard son compte devant ce projet parallèle de la formation Mister Valaire. Tout est matière à bon beat pour les inusités musiciens, quitte à mélanger, à superposer les couches et les programmations.

 

Approchant la culture du sample avec grande sophistication, la partageant comme des athlètes colorés, Qualité Motel est très certainement l’un des meilleurs coups du Festival Rythmes du monde, dont la onzième édition se termine bientôt. Pas nécessairement en termes de fréquentation, la pluie présumée en ayant sûrement découragé plusieurs. Mais la statistique n’est pas toujours ce qui compte. Une foule bien distinctive du public habituel du Festival, nettement plus jeune, s’est beaucoup amusée dans ce party rue Racine. Il faudra lui redonner de ce beat québécois. Le Québec fait après tout partie du monde, qui se trouve à être bien plus vaste que le coco de Calliari.

 

J’espère que ces électro-luxes, venus shaker les booties à Chicoutimo, auront apprécié leur Georges comme on a aimé leur gravy.

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