« De père en pute de fille. » (Partie 2)



 

Contrairement à la croyance populaire
qui inculque de cacher ses jupons et tares à tous,
afin de bien paraître…

-le fameux : »Qu’en pensera le voisin!?!-

… ce n’est pas faire du mal que de parler.

De décrier dis-je!

 

Taire ce que l’on sait d’une violence
selon mon expérience et mon vécu
est aussi violent que l’acte de la violence elle-même.
Ne pas prendre position,
nous implique en tant que complice.

Ne pas parler,
Ne pas dire stop,
Ne pas accepter de voir,
Ne pas consentir à être touché,
Ne pas consoler,

Ne pas dire non,
Savoir et ne rien dire,
ne rien faire sinon…

demeurer là,
fermer les yeux,
laisser faire le mouvement,
laisser le temps passer,

espérer…

rendre la faute et ses effets moins visibles par le passage du temps,

accepter…

… excuses ou explications bidons,
… fuites,
… mensonges ou oublis

comme excuses,

oublier de ressentir…
… ne pas consentir à être touché…

Se dire que ça ne nous concerne pas.
Que la douleur de l’autre n’est que bonne pour les soins d’un psy,
ou des autres…
sans pouvoir nommer lesquels.
Mais pas nous.

Nous ne connaissons pas l’autre assez…
Ne sommes que des connaissances…
Ne connaissons pas assez la situation…
Ne sommes pas d’assez bon juges…
N’avons pas assez de temps…
Sommes fatigués…
Occupés…

 

L’amitié,

les liens familiaux,

la connaissance

et la notion d’humanité ne suffisent plus,
pour ouvrir les bras et tendre l’épaule,
à dire non, à une personne que l’on aime.
Le « non » étant considéré comme étant une chose mauvaise,
un rabaissement de l’autre…
de celui à qui on le dit,
une opposition à l’amour qu’on lui porte,
alors qu’il n’en est rien.

Tout au contraire.

Pour ma part,
les voisins qui entendaient les cris dégagés du deuxième étage d’une maison située dans un quartier résidentiel.
la famille « qui se doutait » mais ne parlaient pas,
ne me parlaient pas.
la famille qui était trop loin et dont j’étais coupée.
la famille qui me disait de me taire,
me disait que j’étais gâtée, capricieuse…
ma mère qui me disait de laisser l’eau couler sous les ponts,
m’ont manqués.

Plus tard,
par d’autres personnes,
dans d’autres circonstances,
les amis qui ont vus mes larmes,
la famille de l’autre que j’interpellais en leurs disant :

« Il y a un problème! »

Ouvrez les yeux, acceptez de voir, aidez-le et aimez-le en voyant qu’il y a quelque chose qui ne va pas…

ne voyez-vous donc pas qu’il souffre? Qu’il se noie? Qu’il se détruit et ne sait faire autrement?

Ne voyez-vous pas qu’il me fait mal?

 

les connaissances qui se sont confiées à moi d’avoir aussi souffert par le biais des mêmes personnes que moi,
de leur mensonge,

de leur arnaque

et de leur violence,
m’ont fait du bien dans le partage de l’aveu dans l’intimité,
mais lorsqu’il était temps de le dire, d’agir, de prendre position, de dire ouvertement ce qu’ils pensaient…
m’ont manqués.

J’aurais aimé que ces gens existent et disent « Non! »à mes côtés.

 

Mon regard posé sur ceux « qui savaient mais n’existaient pas »

a été celui du désespoir,
de mon désespoir.
et de mon incompréhension.
À leurs yeux à eux aussi je n’en valais donc pas la peine?

 

Le coeur en larmes.
Sentir mon être se dérober sur mes pieds,

 

J’ai vécu chaque moments de crise comme une guerre à laquelle je devais survivre.

À laquelle mon esprit devait survivre.
Ne pas céder à la folie qui rôdait tout autours.
La folie, un gouffre dans lequel mon père souhaitait me projeter.

Ainsi, nulle confrontation…

j’étais folle, tout « ça se passait dans ma tête », c’était réglé.

À laquelle ma volonté de vivre devait survivre,
Ne pas céder à l’envie d’en finir,
de disparaître,
moi plus là,
il n’y en avait plus de problème.

Et qu’est-ce qui valait la peine?

Au début, je croyais que ce père et ensuite,
l’autre qui prenait en quelque sorte sa place au cours des années,
était d’une valeur supérieure à ce que j’étais,
mon estime ne cessait de s’éffondrer,
car je croyais à tord que le silence
toujours présent,
servait à ce dernier,
à l’autre,
car je ne sentais personne à mes côtés.

Que ceux qui savaient,
appuyaient,
protégeaient celui (ou ceux)
qui n’étaient pas correct envers moi,
formaient une sorte de confrèrie de laquelle j’étais excluse et raillée.
Je n’avais pas tout-à-fait tord.

J’étais exclue…
mais l’appui n’était pas pour l’autre.
Ce n’est pas d’appuyer une personne que l’on dit aimer que de ne pas la confronter.
Ce n’est pas d’appuyer une personne que de la complaire dans ce qu’elle porte en elle de plus vicieux.
Ce n’est pas d’appuyer une personne que de l’enrober dans le silence.

La « confrèrie » n’était pas là en appui pour la justesse des actes violemment posés, des paroles violemment dites…
la « confrèrie » en était une mais…
de peur…
…. de représailles,
de perdre l’amour de l’autre,
… d’ignorance,
de ne savoir que faire,
de ne savoir que dire,
de ne savoir être juste,
du comment être, vivre, réagir…

Ces situations ne sont jamais simples…
elles sont toutes dynamiques complexes instaurées entre plusieurs individus…
chaque individu est un rouage,
tous sont impliqués également.

Même si l’absence de ces personnes m’a fait tout autant de mal que la violence que j’ai subit,
je conviens que que ce n’était pas de la mauvaise volonté de leur part…
la peur sous toutes ses formes est difficile à contrer.
Et il est si difficile de vivre une vie.

Mais il faut lutter.

Il faut avoir le courage d’accepter de se remettre en question,
pour soi et pour l’autre,
toujours
d’avouer sa propre imperfection,
sa propre détresse et sa propre fièrté d’être malgré nos imperfections pour exiger de même de l’autre.

Ce n’est pas grandeur d’âme que de fermer les yeux sur les actes posés par l’autre,
ce n’est pas grandeur d’âme que d’en oublier par le fait même les nôtres.
Ce n’est pas d’appuyer une personne que de ne pas avoir le courage d’avouer ce que l’on sait autant que son ignorance,
ce n’est pas que d’aimer que de se refuser à ouvrir notre coeur.

La violence niche dans le silence et le sentiment de culpabilité que l’on porte en soit.

 

Et pourtant… qu’en déplaise aux voisins… nous sommes tous et toutes également humains…
alors.. pourquoi porter en nous autant de culpabilité de ne pas être « parfaits »?

Pourquoi se rebuter autant à assumer que nous sommes imparfaits et que tout ce que nous pouvons faire c’est apprendre à être meilleur(e)s…?

Le courage, lorsqu’il n’est pas singé, est rare dans ce qui est humain.

 

Pour lire la suite et la fin, cliquez ici : « De père en pute de fille. » (partie 3 – FIN)

Commentaires

commentaires

Vous aimerez aussi :