Dix (10) choses à faire avec le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc

Un bon député c’est celui qu’on possède tellement qu’il est impossible, honnêtement parlant, d’en dire autre chose que du mal.

Jacques Ferron, m.d., Le ciel du Québec, 1969, Éditions du Jour

 

C’est plus fort que moi, il faut que je rende service quand la bêtise humaine déborde. Et entre nous, dans ce royaume dit du Saguenay, les occasions de rendre service ne manquent pas. On dirait que cette bêtise pousse d’elle-même sur le dos de nos politiciens de service. Toutes allégeances confondues. Notre bon maire plus catholique que le pape n’a même plus le monopole dans ce domaine malgré ses efforts continuels de conserver son rang de politicien municipal maladroit pour ne pas dire gaffeur.

 

L’actuel ministre libéral de l’Éducation, le docteur Yves Bolduc, est sur le point de lui ravir le titre de gaffeur de l’année. Le Premier ministre n’en finit plus d’avertir son confrère en médecine et en politique de s’excuser pour sa dernière sortie publique. Que faire avec un ministre de cette trempe qui se dit lui-même pas si pire que ça malgré tout? Je veux rendre service, à lui et à son entourage politique. Sa bêtise atteint des sommets depuis quelques mois. Il faut faire quelque chose pour l’aider. Voici ma modeste contribution.

 

1 – Lui demander de retourner à la pratique de la médecine à plein temps. Il y a pénurie de médecins de famille au Québec depuis… le début de la colonisation. Il s’y sent à l’aise, accepte spontanément de guérir ses patients le soir et les fins de semaine. Je suis prêt à m’inscrire le premier sur sa future liste. J’attends depuis douze ans un médecin de famille au CLSC de Jonquière. Ils m’ont dit que je n’étais pas assez malade pour en mériter un. Si ça continue je me baigne dans la rivière aux sables en décembre. À l’aide docteur Bolduc.

2 – Le surnom du docteur Bolduc à Alma c’est 7 minutes. Le temps qu’il a fixé pour examiner chacun de ses patients quand il pratiquait dans cette ville. Il est efficace et bien organisé. Il faut le convaincre qu’il perd son temps et le nôtre en politique. On sait comme le temps est précieux pour les comptes en banque.

3 – Lui demander de retourner sur les bancs d’école. Je le verrais bien s’inscrire à une Faculté des Lettres et préparer un doctorat sur la pertinence d’ouvrir des bibliothèques scolaires sans livres.

4 – Lui proposer de quitter la politique et d’écrire ses mémoires en plusieurs tomes tout en lui indiquant que les écrivains sont rémunérés non pas à l’acte mais au mot.

5 – Quitter la politique et répandre le modèle du restaurant Goofy à travers la planète, siège de la meilleure poutine au monde selon les noctambules almatois.

6 – Démissionner de son poste de député libéral et siéger comme indépendant pour mieux se faire pardonner ses gaffes répétées.

7 – S’ouvrir un hôpital privé à lui tout seul et soigner tous les patients en un temps record afin d’établir un record Guinness.

8 – S’allier au maire de Saguenay, qui lui aussi se méfie des intellectuels et des gens instruits qui en savent trop et fréquentent assidument les bibliothèques. Ils pourraient tous les deux former un nouveau parti politique fondé sur l’ignorance à tout prix. Le parti pourrait adopter le slogan suivant : « L’ignorance n’a pas de prix ».

9 -Quitter la politique et décrocher un poste de chroniqueur dans une radio populiste à Québec où on le vénère pour son sens pratique et ses intérêts financiers.

10 -Changer sa médication.

 

Pierre Demers, cinéaste et poète rouge d’Arvida

 

 

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