Projections, musique et jeu au service de David Giguère

David Giguère questionne l’authenticité dans le spectacle qu’il présente depuis jeudi 2 octobre au Théâtre de Quat’sous de Montréal. Tout au long de la performance, qui allie musique, théâtre et art numérique, le public est amené à se demander si ce qu’il voit est réel et en direct, ou si tout cela est préparé.

David Giguère entre donc sur scène, dos à la foule et il regarde la projection qui est utilisée comme un miroir derrière la scène. Les deux artistes, le vrai et le faux, font les mêmes actions jusqu’à ce que la pièce « Tuons nos enfants » s’amorce et que la projection se détache du réel.

En plus d’être utilisé comme miroir, l’écran sert aussi à ajouter des éléments visuels au spectacle. Des métaphores en lien avec les chansons sont présentées, ainsi que du visuel pour du visuel, de courts segments vidéos ou la rediffusion de la scène en mosaïque ou encore en « mise en abyme » de la même façon que lorsque deux miroirs sont face à face. Ces projections misaient par ailleurs sur une esthétique « du numérique » qui rappelle les années 1990 : couleurs saturées, utilisation du négatif des couleurs, symboles coréens, etc.

Le visuel de l’écran derrière la scène, combiné aux éclairages de Mathieu Roy, faisaient partie intégrante du spectacle, ils n’étaient pas que des compléments. Chaque pièce était introduite par quelques mots à l’écran. Au début, c’était des « Étapes » accompagné d’une strophe en lien avec le thème de la chanson. Ces étapes ont mené aux « Moments » où David Giguère a commencé a fait ressortir sa formation de comédien.

Il a amorcé ce segment par un monologue où il laissait planer le doute sur l’improvisation de cette intervention en disant que c’était préparé, mais en le jouant comme si ce ne l’était pas. Il s’est d’ailleurs permis de faire monter Fanny Bloom, qui était dans le public, sur scène le temps d’une chanson. Est-ce que c’était préparé ou pas? Sa choriste et fidèle complice, Camille Poliquin, a aussi interprété « Read my mind » de The Killers. La voix de cette chanteuse est exceptionnelle et elle se prêtait vraiment bien à cette pièce. Vous pouvez d’ailleurs la découvrir en solo avec son projet KROY.

Le spectacle s’est terminé avec les « Permissions » où David Giguère est revenu sur scène, vêtu d’un veston et de pantalon métallique, comme on l’avait vu dans une des vidéos projetées. La douceur des « Moments » était terminée, il laissait place à son côté déjanté sur la scène.

Alors que le spectacle aurait pu être complètement désorganisé en raison du nombre d’éléments qui le composait, il était au contraire cohérent et on suivait le voyage musical du début à la fin sans incompréhension.

Pourquoi pas un lancement avec ce genre de spectacle pour le prochain compact de David Giguère? Je lance l’idée.

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