Le viol parfait

Marie-Christine Lemieux-Couture

Le Bien est transparent : on voit à travers. Le Mal, lui, transparaît : c’est lui qu’on voit à travers.

— Jean Baudrillard

C’est en filigrane de l’actualité, pourtant chaque fois que j’évoque la notion de « culture du viol » dans une conversation (en particulier dans une conversation numérique), je constate cette tendance générale à la crise d’urticaire et aux convulsions idéologiques. Une société progressiste, civilisée, transformée par plusieurs générations de luttes féministes, une société dont la brillance d’esprit se manifeste explicitement de ses réussites technologiques au déploiement mondial de son système économique, et dont la vertu est religieusement accomplie au panthéon du respect des droits humains, une société qui a atteint les hautes sphères de la distinction entre le Bien et le Mal, cette société-là ne saurait encourager le viol. Pas plus, on le constate par l’épreuve des faits, qu’elle ne maintient la misère, la famine, la pauvreté, les inégalités, l’ignorance, l’analphabétisme et toutes ces horreurs qui caractérisent les collectivités primitives et barbares. Aheum.

Cependant, le silence des victimes d’agression sexuelle résiste à l’épreuve des faits, et dans ce silence, ce qui transparaît, c’est la culture du viol. De l’homme candide croyant sincèrement que les féministes ont profondément métamorphosé le visage du social au misogyne primaire qui tremble devant la menace matriarcale, il y a certes un déni du réel, mais ce déni ne dépend pas strictement du sexe. Il est soutenu par une socialisation des deux genres qui tend à valider les comportements sexistes et à normaliser des pratiques misogynes, de sorte que nombre de femmes approuvent également la domination masculine comme si elle était justifiée. Les hommes sont encore socialisés à soumettre; les femmes, elles, à céder.

Derrière cette socialisation se cache une violence symbolique — bien confortablement assise au coeur des institutions comme la famille, l’État, l’Éducation, les religions, la culture, la langue… — qui affecte, de manière inconsciente, nos perceptions autant que nos actions de façon à perpétuer les structures et les schèmes du patriarcat. La culture du viol est une des multiples facettes de cette violence. Elle est une incorporation de la domination masculine que ce soit par le contrôle du corps de la femme (une tenue vestimentaire irréprochable ne mène pas au viol), le contrôle de ses comportements sociaux (une femme qui ne boit pas n’est pas victime de viol), le contrôle de ses comportements sexuels (une femme qui a dragué un homme ne peut pas se plaindre qu’il l’ait violé); mais aussi par un désaveu de la responsabilité de l’homme par rapport à la maîtrise de son corps (les hommes ne contrôlent pas leurs appétits), de ses comportements sociaux (ce n’est pas parce qu’il est insistant qu’il est harcelant), de ses comportements sexuels (ce n’est pas un prédateur sexuel, il a des besoins).

Il s’agit d’assoir la suspicion dans la construction identitaire de la femme, cette tentatrice, manipulatrice, par opposition à l’infantilisation du bourreau, ce pauvre homme qui succombe aux charmes. Adam et Ève en boucle dans une société éprise de son syndrome de Stockholm.

La culture du viol, c’est le viol parfait : celui qui n’arrive pas et qui est toujours en train d’arriver à la fois; le viol qu’on tait et qui se rejoue entre les lignes de ce qui le réduit au silence ; le viol présumé, celui qu’on excuse, qui s’inscrit à même nos habitudes de vie, la menace permanente qui doit usiner des petites filles sages et des petits garçons rois. Si le petit Chaperon rouge se contentait de rester cloitré chez elle, aussi, les grands méchants loups de ce monde finiraient tous par mourir de faim et l’humanité s’en porterait bien mieux. Mais non! La petite garce, elle va se dandiner dans la forêt avec un panier rempli de provisions aux odeurs indécentes, il est plus que normal qu’un pauvre loup affamé ne soit pas en mesure de se faire un noeud dans les pulsions.

Indice de normalisation culturelle du viol

Le mot « viol », dans « culture du viol », fait peur à ses détracteurs. C’est un mot fort, horrible, lourd de conséquences. C’est un mot qui dérange. Plusieurs interprètent le concept comme une attaque un peu simpliste : ils le prennent littéralement, comme si « culture du viol » désignait une culture où les hommes sont tous des violeurs. Il faudrait choisir un terme moins dérangeant si on voulait être écouté : mais pourquoi exige-t-on de nous de ne pas brusquer en mot une réalité qui nous fait violence?

Tout ce qui, dans une société donnée, contribue à faire en sorte qu’une agression à caractère sexuel puisse ne pas être réellement considérée ou traitée en tant que telle participe d’une culture où l’absence de consentement est, sinon acceptée, du moins tolérée dans une certaine mesure. Il n’existe pas d’indice de normalisation culturelle du viol comme il existe un taux d’inflation ou un indice du développement humain, bien qu’une société où le viol est impuni (en temps de guerre, par exemple, le viol des femmes du camp ennemi est courant et sans conséquence) abandonne peut-être ses femmes à l’horreur d’un peu plus près qu’une société où les femmes sont systématiquement chosifiées. Il est vrai aussi que, dans un sondage éclair où la question serait : « Êtes-vous favorable à la légalisation du viol », je doute que qui que ce soit se garrocherait pour dire oui. Ça ne signifie pas que la culture du viol n’a pas d’existence objective.

Elle s’inscrit dans des schémas psychologiques et sociaux. Elle est dans l’inter-dit, ce qui se dit entre nous derrière nos paroles, dans le silence de nos tabous partagés.

Le simple fait de dire d’une femme qu’elle s’est faite violer, forme causative nominale, plutôt qu’elle a été violée, forme passive, implicite deux attitudes complètement différentes vis-à-vis de la victime à même la syntaxe. La forme causative (plus courante) sous-entend une responsabilité de la victime qui n’est pas présente dans la forme passive.

Croire le plus sincèrement du monde qu’une femme puisse avoir été violée parce qu’elle avait bu, usé de drogue, qu’elle avait un décolleté plongeant ou une jupe suggestive, qu’elle a payé un verre ou dragué un homme, parce que c’est une agace, qu’elle se prostitue, que son attitude appelle à ça, parce qu’elle n’avait qu’à ne pas se promener là la nuit franchement, parce que tout le monde sait que cet endroit ou que ces personnes ne sont pas « safe », parce qu’elle n’a pas pris assez de mesures pour que ça n’arrive pas (du poivre de cayenne en aérosol au vernis à ongles anti-GHB en passant par le condom denté et tous ces gadgets visant à nous protéger) ou parce qu’elle n’a pas pris de cours d’autodéfense, parce qu’elle est une fille facile, parce qu’elle est active sexuellement plutôt que chaste et pure… contribuent à blâmer la victime pour ce qui lui est arrivé.

Les agressions sexuelles causent de nombreux troubles psychologiques (troubles alimentaires, troubles anxieux, stress post-traumatique, etc.) et les réactions d’autrui face à la dénonciation de l’agression sont un élément majeur de la rémission de la victime. Le victime shaming et le slut-shaming (variante du victim shaming où la victime est tenue responsable d’une agression en vertu de ses comportements sexuels considérés comme « déviants » ou « honteux ») caractéristiques de la culture du viol peuvent perpétuer le traumatisme de la victime, allant jusqu’à lui faire revivre le drame. La culture du viol est ce viol symbolique, ce renforcement de la douleur, ce viol perpétuel.

Quand même les médias peuvent soutenir une suspicion envers les victimes, comme s’il était courant de dénoncer un agresseur pour détruire sa vie, ou qu’on minimise ce que la victime a pu vivre par rapport aux dommages encourus pour l’agresseur qui « subit » une dénonciation, on est dans un environnement qui mène au tombeau la parole des victimes. Qu’on se le dise, personne n’irait affirmer que quelqu’un a dénoncé un fraudeur ou un voleur pour détruire sa vie. Personne ne s’émotionnera sur les conséquences subies par un vendeur de drogue ou d’un entrepreneur corrompu pour avoir été dénoncé. Quand le corps policier dissuade une victime de porter plainte parce que c’est sa parole contre celle de l’agresseur, parce qu’il manque de sang, d’ecchymoses et d’égratignures pour faire suite; quand le corps médical te traite avec un doute affiché parce que tes vêtements ne sont pas assez déchirés ou qu’il n’y a pas de sperme dans ton vagin (tout le monde sait que les agresseurs ne mettent pas de condom, voyons); quand le corps juridique vise par tous les moyens à te discréditer lors d’un contre-interrogatoire, il est difficile de ne pas croire que les agressions sexuelles ne sont pas, en partie du moins, socialement acceptables. Quand, en plus, tes proches ont une réaction négative, parce que ça arrive (du déni à la jalousie), l’isolement devient un deuxième traumatisme.

C’est ça, la culture du viol. Ce n’est pas une communauté de violeurs dont on ferait l’éloge sur l’hôtel de Dionysos. C’est une problématique autour du traitement des agressions sexuelles.

Viol typique et présomption d’innocence

Dans de telles dispositions, il n’est pas surprenant que peu de victimes osent porter plainte. Selon les données du YMCA, il y a 460 000 agressions sexuelles par année au Canada. Sur 1000 agressions : 33 sont rapportées à la police, 29 sont enregistrées comme un crime, 12 ont mené à des accusations, 6 ont fait l’objet de poursuites et seulement 3 ont abouti par une condamnation. Ce n’est pas parce qu’il pleut de fausses accusations. Les fausses accusations d’agressions sexuelles tournent autour de 2 à 4 %. Le silence des victimes est entretenu par un constant discrédit.

Tout ce qui sort du cadre du stéréotype du viol « idéal » devient éminemment suspect. Si une personne n’a pas été violée par un étranger armé la nuit à l’extérieur de chez elle, elle s’expose au doute, à la négation de son non-consentement. On exige de la victime qu’elle soit sans faille ni reproche, toute part d’ombre pourra être retenue contre elle. La victime parfaite n’a pas de passé, elle n’envoie pas de sextos, elle est chaste sinon elle privilégie la position du missionnaire une fois par semaine avec son mari seulement et dans le noir, elle n’est pas issue de la communauté LGBT, elle ne fait pas partie des minorités visibles, elle n’est pas immigrante, elle n’a montré aucun désir à aucun moment envers l’agresseur, son statut social n’est pas inférieur à celui de l’agresseur, il est même préférable qu’elle soit un homme blanc hétérosexuel… L’agresseur parfait est un monstre d’inhumanité psychotique et irrécupérable. Ce n’est pas un homme ordinaire. Ce n’est pas ton chum ou ton frère. Tout ce qui déroge à ce mythe laisse planer un doute irraisonnable sur la violence sexuelle pour les tenants de préjugés sexistes déguisés en fausse neutralité qui clame la présomption d’innocence.

Si le traitement de l’agression sexuelle confère à l’accusé l’innocence jusqu’à preuve du contraire en tout respect de ses droits fondamentaux, cette présomption d’innocence est toutefois retirée à la victime, souvent sous des prétextes qui n’ont rien à voir avec le crime lui-même. On ne demande pas à une victime de vol de faire la preuve qu’elle n’a jamais fait de vol à l’étalage, qu’elle n’a jamais succombé à l’avarice ou qu’elle n’a aucun compte en banque dans un paradis fiscal.

Tant qu’on abandonnera les victimes d’agression sexuelle à leur bâillon, alors que leurs agresseurs marchent dans les rues sans reproche ni repenti, il faudra cesser d’avancer que la culture du viol est un concept issu de l’esprit dérangé de féministes hystériques qui conspirent à la destruction du mâle alpha. Si les victimes ne parlent pas, ce n’est pas parce que leur histoire n’est pas crédible : c’est parce qu’on ne leur offre pas un espace sécuritaire sans jugement pour parler, c’est parce qu’on ne les écoute pas, c’est parce qu’on nage dans la culture du viol.

Commentaires

commentaires

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47 thoughts on “Le viol parfait

  1. Homme

    Votre article est très bien rédiger et partage une réalité troublante. Un constat limpide appuyé par des arguments concrets. Félicitation!

  2. Elle a besoin de quelques cours de français, la dame: « Le simple fait de dire d’une femme qu’elle s’est faite violée, forme causative nominale, plutôt qu’elle a été violée, forme passive, implicite deux attitudes complètement différentes vis-à-vis de la victime à même la syntaxe. La forme causative (plus courante) sous-entend une responsabilité de la victime qui n’est pas présente dans la forme passive. » On dit: « elle s’est fait violer » sans accord devant l’infinitif (et non pas le participe passé). Je ne sais pas ce qu’elle veut dire par « nominale ». Son analyse de la forme causative ne tient pas debout non plus, car on dit aussi: « se faire écraser par une voiture ». Et le verbe est: « implique », non pas « implicite ».

    1. Marie-Christine Lemieux-Couture

      Vous trouvez une faute dans un texte de 2000 mots et vous avez la condescendance de réduire mon discours à mon présumé besoin de cours de français. Slow clap.

      Y a moyen de dire les choses sans méchanceté. Je me fais toujours un plaisir de corriger mes fautes quand c’est dit cordialement.

      1. David Langis

        Entièrement d’accord avec vous Marie-Christine; hormis cette coquille, le texte me semble sans faille et d’une justesse exemplaire. Bravo.

      2. Marie

        En fait, je crois qu’il remet en question votre raisonnement entier avec sa phrase. En effet, il n’amène pas son commentaire de façon très aimable. Pour ma part, votre texte est excellent, votre raisonnement se tient. C’est très bien écrit même si je ne suis pas en accord avec 100% de ce qui est dit. (J’ai une grande tendance à nuancer et relativiser). Votre texte me rappelle mon cours de rapport de sexe et vie privée :)!!! Votre plume est gracieuse et l’analyse est vraiment approfondie!!! Je vous lève mon chapeau.

      3. Bravo, Marie-Christine.

      4. amiele

        C’est « ton argument ne tient pas la route parce que tu fais une faute », comme c’est « ton accusation de viol ne tient pas la route parce que tu avais bu »?
        Merci de nous démontrer, monsieur, avec quel aplomb (ridicule, mais bon, hein!), on peut ignorer quelque chose de vrai, de réel, de problématique parce que « le cadre n’est pas respecté ».

        La différence c’est qu’on n’arrête pas d’écrire parce qu’on se fait reprendre pour une faute. Mais on arrête de parler de ces viols parce qu’on se fait discréditer.

        Cela dit, wow. Superbes arguments, merci!

      5. Bulaet

        Scott Reiss a été condamné pour attouchements sur sa petite de 4 ans… Alors ne lui en veuillez pas trop de se focaliser sur votre orthographe, c’est pour lui une manière de participer au débat en étant l’accusateur, et pas l’accusé pour une fois.

      6. vialet

        Bonjour
        merci pour ce texte les gros nazes avec leur cours d’orthographe encore plus baze je keur ai dit d’aller se renseigner sur la parthenogenese sourires et merci encore …..

    2. Danielle

      Merci d’apporter un commentaire si constructif à ce billet

      Une victime ne devrait pas avoir moins de crédibilité à cause de son habillement ou de son attitude, comme un texte ne devrait pas avoir moins de crédibilité à cause d’une faute de français.

    3. Guillaume Fournier

      Bof, quand on doit s’attaquer à la forme plutôt qu’au fond, c’est la preuve de manque d’arguments (voir Shopenhauer)

    4. Olivier B.

      Il aurait besoin de quelques cours de science sociales le monsieur. À l’opposé, le cours de trolling sur le web a l’air d’avoir très bien été réussi.

      Voyez comment c’est inutile de commencer un commentaire de la même manière que vous sauf si vous avez 11 ans et que vous êtes dans une cour d’école.

    5. Stéphanie

      As-tu pris la peine de lire le texte au moins ou t’étais branché sur Antidote tout le long?
      Caliss.

    6. Ju

      Monsieur Reiss. J’ai juste envie de vous dire: « connard. » Ce n’est pas très constructif, mais clair.

    7. vialet

      Apres un tel article quand l’humain est pourri jusqu’ a l’os et en plus un cours de francais completement naze allez plutot.vous renseignez vous sur la parthenogenese …..
      A bon entendendrices….

    8. vialet

      Et ca donne des cours de francais ! allez on va faire un tour du cote de la parthenogenese ….
      A bonnes entendrices….

  3. AlexO

    On peut ajouter que l’agresseur parfait est un homme de couleur, si possible musulman. Le racisme et le sexisme marchent très bien en paire…

    1. lyse_charlebois

      L’agresseur est aussi ds la famille immédiate,
      Un proche de la famille, le parfait inconnu qui se balade avec sa femme ds le parc…
      il est partout
      *ce n’est pas une histoire de racisme!

      1. lyse_charlebois

        Aussi celles planifiées, organisée
        Je parle vente de services. .. $$$
        certains parents le font subir à leur propre enfants
        Traffic d’enfants et ….y a plus…

    2. fleurdelys

      Commentaire complètement gratuit.. Le viol n’a pas de de couleur. 1 femme sur 4 au québec sont victimes d’agression. La plupart sont faites par des membres de la famille et ceux-ci sont  »québécois de souche ».

      1. Fred

        Je crois que vous n’avez pas tout à fait saisi l’ironie d’Alexo ici… sa deuxième phrase vient le prouver d’autant plus.

  4. lyse_charlebois

    Que faire devant cette triste réalité. ..
    C’est inacceptable en 2014 de constater ce fait!
    Victime de violence sous toutes ses Formes
    Moi-même, jeune enfant abusé …jai 54 ans…!!!
    j’ai dénoncé à mes parents y a quelques mois..
    le travail de guérison s’applique sur Soi (((♡)))
    ce qui demande beaucoup d’Amour pour SoI
    Ds un premier temps c’est très lourd…la folie!!!
    Ce qui m’a amené à cette démarche !!!
    Touché le bas fond* à 50 ans. Vouloir en finir!
    Cela demande beaucoup de courage , volonté et détermination pcq. Travailler sur ses émotions..
    rejet, abandon, humiliation, deni, trahison, le mensonge et j’en passe la plus grande celle ds laquelle je me suis vécu toute ma vie * la peur*
    je parle de toute une vie a Re~Construire mon ÊtRe, Apprendre à reprendre mon pouvoir*,
    À m’Aimer…Lâcher prise & la Foi… mes alliés.
    Enfant de la honte* je ne suis plus une victime

  5. Maude

    Quel excellent texte. Merci.

  6. Caroline

    Excellent.

  7. Martin Duval

    M. Reiss, votre commentaire est d’une rigidité et d’une inflexibilité totale relativement à la forme. Que de froideur chez-vous ! C’est le type de commentaire qui peut tétaniser l’expression franche des opinions et des analyses.

    1. Guillaume Fournier

      Ce n’est pas une « discussion », comme on jase (stupidement) si les vaccins sont bons ou pas, comme si la valeur de l’opinion a de l’importance. L’auteure n’a pas inventé « la culture du viol », ce sujet a été étudié, analysé et développé par d’innombrables auteurs en histoire, sociologie, psychologie, étude féministes, etc. Ces recherches scientifiques prouvent ces faits, l’impact sur les femmes, mais aussi les hommes.

      Vous n’êtes pas d’accord? Allez donc lire les études sur la question, voir les exemples et preuves, plutôt que de vous braquer et vous frustrer d’être ce « potentiel violeur ». Ce n’est pas du tout ce qu’est la « culture du viol », mais bien un état d’esprit social tendant à excuser les hommes et rendre coupable les victimes.

      Et l’un des points principaux c’est justement, la société n’en a pas vraiment conscience, comme le racisme est toujours présent, des études (et des expériences pratiques) ont montré qu’un blanc en Amérique aura un emploi avant un Noir ou Latino, même si ses compétences sont inférieures. Cela fait partie de ce qui est ancré et non-dit ouvertement, mais qui se ressent, comme les traumatismes familiaux qui se répètent (enfants-adultes batteurs, scolarité, consommation, etc).

  8. jean

    Ben oui Scott, arrête de la violer!

  9. Issam

    Bon message!

    «Pour les mêmes raisons citées: Si les victimes ne parlent pas, ce n’est pas parce que leur histoire n’est pas crédible : c’est parce qu’on ne leur offre pas un espace sécuritaire sans jugement pour parler, c’est parce qu’on ne les écoute pas, c’est parce qu’on nage dans la culture du viol.»

    C’est ce même type de culture qui est transposée aux problèmes sociaux que vous évoquez en introduction: la misère, la famine, la pauvreté, les inégalités, l’ignorance, l’analphabétisme, la maladie, les handicapes etc. Une réflexion de société s’impose d’urgence SVP!

    Personnellement je trouve certaines de vos structures de phrases osées voire lourdes. Malheureusement j’y perds quelquefois votre propos. Je pense que ce message gagnerait à être plus abordable pour le lecteur.

    Poursuivez votre engagement!

    Merci pour cette lecture.

  10. fem_progress

    Des bébés, des religieuses, des femmes en burqa, en fauteuil roulant, sous anesthésie ou déficientes intellectuelles se font violer.

    Sûrement parce qu’«elles l’ont cherché»?

    L’agression sexuelle est un acte de pouvoir de de prise de possession. pas un acte sexuel avant tout. C’est aussi un acte de vengeance.

    Le trollage à l’orthographe aussi.

    1. Tam

      Y là pâ trouver mieu le pti monsieu, dénonsser une fote dorthograph !! Alor kon parl d1 suget + grav ?! Le viol est un crime que seul des faibles et/ou personnes défaillantes utilisent pour réduire la femme !

  11. Glenn Gourde

    Très très bon papier. Keep going et merci !

  12. Lilium

    Ce texte est brillant et juste. Un des meilleurs et des plus percutants que j’ai lu sur le sujet. Bravo d’avoir réussi à mettre en mots cette réalité obscure!

  13. julia

    Scott, quand un article de dérange tout ce que tu trouve à faire c’est relèvé une faute de français !
    Que crois tu ? Rendre cette article moins vrai, moins dérangeant en dénigrant l’auteur car elle a commis une toute petite erreur dans un article plein de sens, bien écrit, prenant, touchant, exhortant au changement ?

    Et bien c’est pitoyable et c’est une réaction bien enfantine que pointer du doigt ce genre de petit détail quand quelqu’un agit pour faire bouger les choses !

    Cela dit peut être considère tu qu’en effet si la femme est sexuée, dans des des endroits « d’hommes » elle doit spontanément offrir son corps comme un présent d’une mortelle à une troupe de demi dieux ?
    Dans ce cas je conçois que tu essai de descendre cette article d’une façon aussi ridicule, dans la peur que cette femme-objet ne puisse changer !

  14. Audrey B.

    Surtout pour une règle de français d’esthétique qui ne fait que facilité la lecture ou autre..

    Vous n’avez pas besoin de cours de français contrairement à d’autre qui aurait besoin d’une rééducation ou d’un cours d’éthiques pour savoir comment aborder les gens. :]

  15. un autre homme

    On les trouve où les statistiques du YMCA? Je voulais me renseigner un peu plus, mais je les trouve pas

    1. Moi aussi cela m’intéresse. Merci pour ce très beau texte.

  16. Très très fort… Votre texte prend aux tripes… Bravo!

  17. Vous écrivez avec raison « Le silence des victimes est entretenu par un constant discrédit. »
    « Tout ce qui sort du cadre du stéréotype du viol « idéal » devient éminemment suspect. »

    Vous avez raison si les victimes ne parlent pas, c’est parce qu’on nage dans la culture du viol. Merci pour a profondeur de votre article, sa parfaite analyse et pour votre courage à le dire. J’aime cette phrase qui s’applique bien à vous « Quand quelqu’un se lève pour parler, c’est le silence de tous qui recule » Catherine Angelet.
    Jean Louis Lafont http://www.jeanlouislafont.com

  18. Lulu

    Merci pour cet article passionnant et très bien écrit sur un concept que j’avais encore du mal à saisir et que j’appréhende mieux grâce à vous ! Un passage m’a toutefois fait bondir, au sujet de la description de la victime crédible :  » il est même préférable qu’elle soit un homme blanc hétérosexuel. » Demandez à un ami d’aller porter plainte pour une agression sexuelle commise par une femme. La réaction des forces de l’ordre face à une femme victime de viol fera figure de modèle d’humanité et de compréhension à côté de ce qu’il subira…

    1. Oui, cela va dans le même sens que le texte : si l’agresseur (ici une femme au lieu d’un homme) ne correspond pas aux critères, si la victime « aurait dû » (ici, pouvoir se défendre puisque c’est un homme) alors la parole de la victime sera encore plus mal reçue.

  19. J’ai beaucoup aimé cet article, même en connaissant le sujet c’est impressionnant à lire.

  20. Louis Lapierre

    Bel article sur fond de sensationnalisme, les chiffres avancés sont le résultat d’un sondage téléphonique.

    L’entrevue de 30 minutes à été assisté par ordinateur « Appuyer sur le 1 si vous avez été violé ». Belle méthodologie, qui laisse beaucoup de place à l’erreur.

    l’incidence du texte original de statistique canada, sur lequel le YWCA c’est basé parle de 21 fait par 1000 habitant. Donc d’un ratio de 2,1 % sur une population de 31 millions d’habitant.
    Source -> http://www.statcan.gc.ca/pub/85-002-x/85-002-x2005007-eng.pdf

    Le point important ici est que la simple accusation d’inconduite sexuel suffit à détruire la vie d’un homme. Donc dans une culture qui tenterait à trouver toute les excuses du monde au homme accusé, comment une telle chose peut-il se produire.

    Pourquoi l’homme perd-il sont emploi, pourquoi il n’y a pas de commentaires à l’effet qu’il doit être innocent, ça doit être faux… pire encore « je suis sur quelle à aimé ça, il est si bel homme »

    La ou il y a culture du viol et ou les gestes de l’agresseurs sont minimisé au maximum est dans le cas inverse, dans le cas ou une femme ou une jeune fille comment des actes sexuels non sollicité à l’égard d’une homme ou d’un garçon.

    Comme ça été le cas quand j’ai fais l’erreur de ne pas « avoir le gout » quand j’avais 15 ans. Et que je me suis fait traité de FIF par mes amis.

    Il faut être lucide, l’agression de nature sexuel simple selon la définition du code pénal canadien est la suivante, présenté ici de la moins grave à la plus grave.

    – Attouchement au organe sexuel ( Seins, vulve, penis, fesse ) (Sans violence)
    – Sexe orale non-solicité (sans violence)
    – Penetration non-solidité (sans violence)

    La statistique que l’on nous présente ici est constitué de 98% d’acte non-violent, donc d’agression simple. Et pour être franc, j’ai été plusieurs fois victime d’attouchement au organe sexuel au cours de ma vie, et si vous insisté un peu au près de votre frère, père, fils, il ne serait pas surprenant qu’il vous avoue avoir été victime eux aussi d’une agression sexuel simple.

    1. Male tears. Les violences faites aux femmes sont systémiques, c’est à dire entretenues et aggravées par la société. Les hommes subissent parfois des agressions sexuelles ‘bien qu’ils soient des hommes’. Les femmes en subissent (beaucoup plus) ‘parce qu’elles sont des femmes’. Nier ce fait serait comme de dire : les blancs aussi ont parfois du mal à trouver du travail.

  21. Sylvain

    Compliments et admiration pour ce texte, qui décrit une réalité difficile à cerner, à décrire, tout en étant très bien écrit. C’est remarquable !

    (P.S. Vers la fin c’est pas « qu’il soit un homme blanc » ? C’est je crois la seule faute que j’ai relevée)

  22. Marilyn B.L

    Hyper pertinent et super bien écrit!
    Bravo d’avoir su rédiger ce texte bien ficelé sur un sujet aussi complexe.

  23. À propos de l’agresseur-type et du viol-type, je voudrais ajouter quelques exemples qui démontrent que le violeur, ça peut décidément être n’importe qui, n’importe quand.

    J’ai vu, dans mon entourage proche, un violeur en série qui était un petit garçon de quatre ans. Son papa complètement irresponsable avait laissé une cassette porno dans le magnétoscope dont il savait se servir tout seul pour mettre des dessins animés… Bien sûr c’est un cas assez spécial car cet enfant n’est pas responsable des viols qu’il a commis, alors que la plupart des violeurs sont adultes, valides et sains d’esprit.

    Deuxième exemple : même si je n’ai jamais vu d’homme violé par une femme, j’ai parlé avec plusieurs femmes qui avaient été violées par des femmes. Oui oui, c’est possible de violer sans cet organe « dédié », réputé avoir des pouvoirs magiques et une volonté propre.

    Troisième exemple : Un jour je me suis imposé des rapports sexuels non désirés. J’étais enceinte de mon amant et je ne pouvait pas parler de ça à mon petit copain. On ne couchait plus ensemble ! Alors je me suis forcée pour pouvoir lui dire ensuite que j’étais enceinte, et avorter sans aller en cachette à tous les rendez-vous. Il n’a pas été violent ni insistant pour obtenir de moi ce rapport sexuel. Mais notre relation ne me laissait pas d’autre choix. J’étais terrifiée par la situation et je savais que je ne pourrais pas obtenir de compréhension de sa part. Je ne pouvais que me taire et faire semblant, violence qui a entrainé encore plus de violence.

    Le violeur ça peut être vraiment n’importe qui, et donc ça peut être VOUS, même si l’idée ne vous plaît pas. En fait, le risque est d’autant plus grand que vous refusez de vous poser la question.

    Un viol c’est ce qui risque d’arriver à chaque fois que l’on a du sexe sans se poser sérieusement la question du ressenti de sa/son partenaire. Même avec sa copine. Même si le mot « oui » a été prononcé. Un viol, ça peut se produire très facilement. Il suffit d’être un tout petit peu égoïste pendant un bref instant, au moment où l’on pourrait s’apercevoir que l’autre n’a pas vraiment envie de sexe, ou de faire ce truc-là, ou bien perd son désir en cours de route. Juste quand on n’a pas envie de s’arrêter et de se poser des questions.

    Un viol, ça peut arriver très facilement, et ce qui est fait ne peut plus jamais être défait. Pour lutter contre le viol, il faut se poser plein de questions, au début d’une relation sexuelle mais aussi pendant, en étant attentif à sa/son partenaire. Et il faut se poser encore plus de questions en amont, en travaillant avec ses partenaires pour avoir une communication honnête et libre d’enjeux, condition indispensable pour qu’il soit toujours possible de dire « non ».

  24. Je voudrais aussi partager avec vous ce texte.

    La déserteuse

    Monsieur le Président,
    Je suis au tribunal
    Pour une affaire banale
    Un crime, un incident.

    Je viens de recevoir
    Moultes avis sévères
    Qu’ai-je bu dans mon verre ?
    J’aurais dû le savoir.

    Monsieur le Président,
    Je ne veux pas me taire
    Je ne laiss’rai pas faire
    Et j’ai du répondant

    Pourtant sans hésiter
    Il faut que je vous dise
    Ma décision est prise
    J’ refuse de me méfier.

    *

    Depuis que je suis née
    Pour moi ça sent l’ roussi
    Pour les copines aussi
    Et à nous d’ nous garer.

    Ma mère a tant souffert
    Elle est muette comme une tombe
    Juste avant qu’elle me ponde
    Les bleus, c’était mon père.

    Quand j’ai eu l’âge pour ça
    On m’a volé mon âme
    On m’a dit t’es une femme
    Maintenant, tu t’ méfieras.

    Demain comme d’habitude
    Je n’ ferm’rai pas ma porte
    Je ne f’rai pas la morte
    J’irai sur les chemins

    *

    Nuit et jour, à toute heure
    Libre et trop court vêtue
    En stop ou dans la rue
    Je dirai à mes sœurs :

    Refusez d’obéir
    Refusez la prudence
    Choisissez l’insouciance
    Refusez de frémir.

    S’il faut à chaque instant
    Surveiller ses arrières
    Verrouiller les portières
    Alors non je préfère

    Quitte à finir en sang
    Quitte à finir en larmes
    Me promener sans armes
    Aller le nez au vent.

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